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5 juillet 2015 7 05 /07 /juillet /2015 17:32

Xavier Bertrand, l’inoubliable ancien ministre du travail –cinq ans de régression sociale pendant les trois gouvernements Fillon sous la présidence de Sarkozy- et ancien ministre de la santé sous le gouvernement Villepin (présidence Chirac), peut difficilement s’exonérer du bilan désastreux de sa participation au pouvoir. Politique désastreuse qu’ont continué et en partie amplifié les gouvernements Ayrault et Valls.

Cela ne l’empêche pas de montrer les crocs et de dévoiler –par delà le tissu de mièvreries mielleuses qu’il nous débite à chaque passage sur les ondes- sa vraie nature. Le député-maire (Les Républicains, du nom du parti néo nazi allemand) de Saint Quentin s’en prend à Alexis Tsipras, rivalisant dans la haine de classe avec Michel Sapin et Nicolas Sarkozy.

Pour lui les Grecs sont « victimes de décennies de mensonges (…) d’une classe politique qui a été en dessous de tout ». Rappelons à notre amnésique candidat à la primaire de la droite pour la présidentielle de 2017, que les gouvernements grecs qu’il fustige aujourd’hui –et dans lesquels Alexis Tsipras ne portait aucune responsabilité puisqu’il combattait à la fois la droite et le Pasok, le parti membre de l’Internationale socialiste- étaient du même bord politique que lui même.

Depuis la chute de la dictature des colonels en 1974 et jusqu’à l’élection de Tsipras en janvier dernier, Nouvelle démocratie (ND) et Pasok ont alterné au pouvoir, parfois les uns et les autres avec l’appui de l’extrême-droite. La Nouvelle Démocratie (dont le leader Antonis Samaras a été au pouvoir de juin 2012 à janvier 2015), le « parti frère » des partis de la droite européenne, est adhérente au parti populaire européen auquel adhérait également l’UMP et aujourd’hui son succédané. Xavier Bertrand jette donc avec l’eau du bain ses propres frères en libéralisme. Il y en a qui ont la trahison marquée au front.

Mais par delà les gesticulations de l’ancien secrétaire général de l’UMP, ce qu’il dit montre bien qu’une large partie de la droite française (et une partie des sociaux démocrates européens) sont prêt à tout pour empêcher toute idée progressiste en Europe. Il s’en est ainsi pris au ministre grec des finances qui estimait que les créanciers de la Grèce, jouant sur la peur, pouvaient être qualifiés de terroristes. « Notre pays a été blessé dans sa chair, un peu de décence ne lui ferait pas de mal à ce monsieur », tonne comme il peut monsieur Bertrand. Faut-il lui rappeler que question terrorisme et dictatures les Grecs savent de quoi ils parlent ? Ce sont les Chicago's boys et les tenants d’un libéralisme débridé qui ont imposé la dictature des colonels à la Grèce, avant de partir épauler celle de Pinochet au Chili. Quand les détenus politiques peuplaient les prisons et étaient déportés dans les îles, les amis politiques de M. Bertrand la bouclaient. Notre grand démocrate agite la menace : « si la Grèce dit non elle sort de l’euro », et vilipende Tsipras qu’il qualifie de « menteur (…) démagogue (…) populiste » et l’accuse d’avoir commis un « vol à main armée » envers le créanciers de la Grèce. Si l’on suit le raisonnement de Xavier Bertrand un auteur de vol à main armée mérite la prison. Le député picard lance, de fait, un appel au coup d’Etat.

Depuis 1871 et l’écrasement de la Commune de Paris, les Versaillais n’ont jamais désarmé. Ils sont prêts à tout pour conserver leur pouvoir.

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Published by jacques dimet - dans Politique
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