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29 septembre 2015 2 29 /09 /septembre /2015 10:58

François Hollande aime rouler des mécaniques, surtout lorsque cela n’a aucune conséquence. A la tribune de l’ONU le 28 septembre –en l’absence dans la salle de Vladimir Poutine, de Barack Obama et de Ban Ki Moon, les trois déjeunant ensemble, ce qui en dit long d’ailleurs sur l’intérêt suscité par les prises de position françaises- le Président le plus impopulaire que la France ait connu a joué au matamore.

A propos de la Syrie François Hollande a eu cette formule définitive : « on ne peut pas faire travailler ensemble les victimes et le bourreau » (on ne peut pas avoir ensemble l’armée syrienne et l’opposition armée). Mais il ne s’agit pas de les faire « travailler ensemble » mais de savoir comment on s’oppose et on vainc l’organisation Etat islamique.

Bien sûr, Assad est un dictateur (en fait, en Syrie c’est plutôt une dictature collective). D’un pays laïc, mais dictateur quand même. Bien sûr, il est le premier responsable des massacres et de la situation qui en découle. Bien sûr qu’à terme son régime ne peut faire partie de la solution politique, mais la question est bien celle-ci : comment faire aujourd’hui pour se débarrasser militairement et politiquement de l’organisation Etat islamique ? Et François Hollande là encore, n’ouvre aucune piste.

Car quand le Président français, chef des armées, organise des frappes aériennes sur le sol syrien, il viole bien, toute honte bue, la souveraineté nationale syrienne. Il fait comme si la Syrie était de nouveau sous mandat et, cette fois, sans autorisation des organisations internationales. Mais, surtout, ce type de frappes est inefficace, selon la plupart des experts militaires et risque bien de créer des dégâts collatéraux, comme on nomme la mort de civils.

François Hollande serait plus crédible si il n’avait, en tant que premier secrétaire du PS pendant dix ans, soutenu jusqu’au bout les dictatures tunisienne et égyptienne (dont les partis au pouvoir étaient membres de l’Internationale socialiste, comme le PS). Il serait plus crédible s’il ne se jetait pas dans les bras de la monarchie saoudienne, pas réputée pour sa démocratie. Publiquement, nous n’avons jamais entendu François Hollande fustiger le royaume saoudien, qui est le pays qui exécute le plus au monde, où des centaines de détenus politiques croupissent dans les prisons, dont l’armée intervient –et bombarde moult civils- au Yémen, comme elle était intervenue, avec le conseil de coopération du Golfe au Bahreïn pour museler par la force toute opposition.

Pour le président de la République il y a donc les bons et les mauvais dictateurs.

Est-il donneur de leçon ou simplement attiré par l’odeur du pétrole ?

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Published by jacques dimet - dans International
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