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5 octobre 2015 1 05 /10 /octobre /2015 15:56

On est toujours effrayé par la bêtise humaine, encore plus quand elle se conjugue avec la haine de classe. Le PDG d’Air France qui ne doit cette sinécure qu’à l’Etat français, et qui devrait être au service du pays et de la compagnie, n’a aucune honte ni pudeur à décider sur un coin de table où il doit tailler dans le vif des effectifs quand les syndicats et les salariés refusent, avec raison, de travailler plus pour gagner moins (d’autant plus que cet alignement sur les compagnies à bas coûts pose un problème de sécurité pour les usagers). Les PDG, les actionnaires, eux, partent toujours les mains pleines.
Donc, la direction d’Air France, avec l’aval du gouvernement, décide de fermer des escales et de licencier. C’est-à-dire de rendre la vie impossible à des milliers de salariés (et renforcer en même temps, tiens tiens, les transports par autocar si chers au ministre d’Attali, Emmanuel Macron).
Il ne faut donc pas s’étonner que des salariés d’Air France soient venus en nombre au CCE exprimer leur colère. La violence froide des patrons est toujours excusée par Valls et consorts. Mais dès qu’un salarié n’opine pas du bonnet, l’ancien maire d’Evry ne jure que par la trique.

Il est vrai que dans la tradition de Clémenceau, mâtinée de beaux restes de la SFIO, la social-démocratie française a une vieille passion pour la répression et le sang des travailleurs : les chars dans les corons en 1948, les guerres coloniales en veux-tu en voilà, les tortures pendant la guerre d’Algérie. La répression, toujours, contre les salariés qui relèvent la tête. On attend toujours la loi d’amnistie pour tous les salariés condamnés pour avoirs défendus les droits syndicaux, comme on attend toujours un quelconque soutien du gouvernement et du parti socialiste aux salariés licenciés parce que syndicalistes. Il est vrai que parader devant le Medef permet à certains de préparer leur avenir en cas de défaite électorale.

La gauche de cette social-démocratie à la française va-t’elle enfin réagir autrement que par des discours ? Si elle reste le cul coincé entre deux chaises, elle portera aussi la responsabilité de ce qui risque d’advenir de la France des salariés.

La bêtise élevée au rang des beaux-arts, c’est encore et toujours Emmanuel Macron, le rival de Valls, affirmant que les pilotes d’Air France sont irresponsables et qu’ils doivent accepter des sacrifices. Venant d’un homme, on ne cessera de le rappeler, qui gagna deux millions d’euros en un an et demi de travail chez Rothschild, cela pue l’insolence et surtout l’inconscience.

Dans le domaine de la tartufferie toujours, on peut encore citer notre président de la République qui, doctement, demande aux Russes de ne s’en prendre qu’à Etat islamique (le président prononce dash, pour grande lessive certainement). Il ne faut donc pas, selon lui, que les Russes s’en prennent, par exemple, au front Al Nostra, qui est pourtant la branche syrienne officielle d’Al Qaida.

De qui se moque le président ? Ou est-il encore sous le charme de sa dernière visite en Arabie saoudite -le pays qui décapite au sabre, qui bombarde les sites classés de Saada (Yémen) et qui met le feu dans toute la péninsule arabique ?

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Published by jacques dimet - dans Politique
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