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8 avril 2016 5 08 /04 /avril /2016 00:08

En ces temps perturbés, où le monde sent la guerre et où les possédants se croient encore les maîtres, il ne faut jamais cesser de crier au scandale.

Il y a une affaire Macron.

Et elle est politique.

La France croit qu’elle a un ministre de l’Économie, mais ce poste est inoccupé. A qui fera-t-on croire qu’on est ministre à temps plein quand l’obsession est de créer un mouvement politique à ses propres initiales ? Dans le confusionnisme, nous avions déjà la France bleue Marine. Emmanuel Macron (« ni de droite ni de gauche », dit-il en parlant de son mouvement, reprenant les termes mêmes du Front national) ne se donne même pas la peine de cacher son ego. Son mouvement, c’est lui ; et il est son mouvement.

Mais cela est péché véniel.

Nous avons donc un ministre en titre qui a passé son temps, ces dernières semaines, voire ces derniers mois, à s’occuper de la fondation de son mouvement. A qui fera-t-on croire que les quelques centaines de personnes réunies pour applaudir Macron, le nouveau Messie, à Amiens, sont venues là toutes seules, sorties de rien ? Comme si tout cela n’avait pas été préparé depuis longtemps, au détriment d’un travail de ministre. Il n’est qu’à aller sur le site de En marche pour voir que l’argent de la communication n’a pas été perdu pour tout le monde.

Mais il y a à mes yeux plus grave que ce détournement de la fonction ministérielle. Certains médias s’extasient de cette nouvelle manière de faire de la politique, comme un one man show. Mais, là encore, c’est Le Pen père qui donna le la en arpentant les estrades avec son micro baladeur, il y a déjà plusieurs décennies. Ce n’est pas « ni gauche, ni droite », c’est « nigaud, ni droit ».

Dans la salle où Emmanuel Macron, -paraît-il représentant d’une nouvelle génération, mais à 39 ans, on n’est quand même pas né de la dernière pluie, - les journalistes, nous dit-on, n’ont pas eu le droit de rentrer. Ils ont tout suivi en direct sur Internet. Les seules images dont nous disposons sont donc celles fournies par Macron lui-même. En matière de démocratie et de pluralisme de l’information, on fait mieux.

Et cela résume tout : derrière le masque du jeune prodige, aux dents carnassières, pointe l’autoritarisme et le culte de la personnalité : "mon mouvement, c’est moi" ; "l’information sur moi-même, c’est moi". C’est du Valls en plus souriant. Le locataire de Matignon ne peut s’empêcher de bougonner, de crier, de suer. Il n’apparaît jamais à l’aise, même dans ses costards taillés sur mesure et qui valent bonbons. Mais il y a une différence, quand même : Valls se rêve en Clémenceau, Macron se rêve en Macron.

Le vide politique sidéral du pouvoir –et son incompétence- et de son opposition officielle, secrète les Le Pen, les Macron et les Valls.

Il serait bien temps d’en finir.

P.S- On serait Premier ministre, on virerait Macron pour ne pas avoir fait son boulot de ministre, ce pour quoi il est payé par la République. Mais Valls n’en fera rien. Macron, à l’égal de Sarkozy, est son ennemi préféré. Au petit jeu du plus à droite que moi tu meurs, Valls peut même se trouver à la gauche de Macron, c’est dire.

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Published by jacques dimet - dans Politique
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