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27 novembre 2016 7 27 /11 /novembre /2016 17:11

Encore un peu de politique-fiction parce que certains s’en donnent à cœur joie sur les réseaux dits sociaux.

Imaginons Fillon candidat de la droite et du centre, hypothèse que les sondeurs n’ont jamais testée jusqu’au soir du premier tour de la primaire Les Républicains. On peut être quasiment sûr que Bayrou se présentera. Il prendra à la fois une partie des voix de la droite qui se seraient portées sur Juppé et qui ne veulent pas que la droite versaillaise alliée à des courants de l’extrême-droite ne se retrouve au pouvoir. Ces voix de droite seront rejointes par une partie des électeurs « centre gauche » (j’en conviens ce qualificatif ne veut rien dire) qui votent PS mais qui ne veulent plus de Hollande ou de Valls et qui ne veulent pas encore rejoindre la « gauche de la gauche » (j’en conviens ce qualificatif ne veut rien dire non plus). Une autre fraction électorale de la droite rejoindra Macron -si celui-ci va jusqu’au bout, ce qui n’est pas sûr non plus-, notamment chez les trentenaires et les quadras ainsi qu’une petite partie de l’électorat putatif du parti socialiste. Si c’est Valls le candidat gouvernemental, il nous jouera la sirène de l’État fort, de la peur de Fillon et de Le Pen à l’intérieur et de Trump et Poutine à l’extérieur, du Brexit, d’un monde dangereux, d’une France en crise (il finira presque par nous faire oublier que c’est sa politique qui est actuellement mise en œuvre). Bref, le vote utile, le vote barrage puissance cent. L’état d’urgence par là-dessus, la peur (réelle celle-là du terrorisme) et le tour peut être joué pour les socialistes qui ont pourtant amené le pays là où il en est.

L’élection présidentielle se présente comme un grand lessivage pour le PS, qui à la fois vante son action gouvernementale et fait comme s’il n’était pas au pouvoir. Le risque d’un retour de la droite au pouvoir n’est de toute façon pas pire que le PS au pouvoir. Résumons : hausse du chômage, précarisation du salariat, désintégration du système scolaire, lois antisociales, déconstruction du code du travail, répression antisyndicale, violences lors des manifestations de salariés contre les manifestants, prolongations à répétition de l’état d’urgence, ce qui revient à vivre sous un état d’exception permanent, participation à des opérations militaires et à des guerres. De la part du Premier ministre : autoritarisme affirmé, xénophobie à l’égard des Rroms, haro sur l’islam et on en passe. En quoi un nouveau mandat de Hollande ou de Valls apporterait-il un changement dans le sens du progrès ?

Pour battre Fillon, s’il est en lice, ou Le Pen, il faut d’abord également écarter –définitivement- du pouvoir les socialistes. Quand le « frondeur » Christian Paul annonce par exemple la formation d’un nouveau parti de la gauche après les élections et que dans le même temps il appelle à la participation à la primaire socialiste (c’est-à-dire selon ses vœux avec Hollande ou Valls) c’est entretenir encore plus la confusion. Si Christian Paul et ses amis veulent la rupture, c’est maintenant qu’il faut la faire. Le fait que la quasi totalité des députés frondeurs n’aient voté ni la censure (et donc laissé passer la loi travail) ni rejeté le budget fait aussi partie de l’équation politique d’aujourd’hui.

Dans l’histoire politique et sociale de la France, on a bien vu que les mouvements de masse, que ce soit dans la rue ou dans les entreprises (encore mieux si c’est les deux à la fois) ont réussi à imposer des changements et des acquis importants que la majorité parlementaire soit de gauche ou de droite. La campagne présidentielle qui n’en finit pas annihile les revendications sociales.

À nous tous de remettre le social et la politique au premier plan, quelles que soient nos stratégies et nos votes pour l’élection d’avril 2017.

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Published by jacques dimet - dans Politique
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