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24 novembre 2016 4 24 /11 /novembre /2016 00:02

Nous voilà bien barré. D’un côté Fillon, la vieille France réactionnaire, conservatrice –versaillaise en un mot- qui s’accoquine sans complexe avec la droite extrême. Libéral en économie, mais centralisateur et étatiste pour les fonctions régaliennes de l’État. Notre élu parisien (qui a abandonné la Sarthe en courant quand il a vu que son siège de député était menacé là-bas) n’est pas seulement un adepte de Margaret Thatcher. Il prône le même type de réformes que celles professées autrefois par les Chicago’s boys de Milton Friedman qui régnèrent en maître dans le Chili de Pinochet (un libéralisme à tous crins d’un point de vue économique, une centralisation du pouvoir d’État et la répression portée à son paroxysme).

De l’autre un Hollande, un peu mou du genou mais en même temps adepte de l’austérité, des bonnes manières au patronat (la loi Travail ce n’est quand même pas rien), qui aime bien faire donner de la matraque contre le mouvement social, et en particulier lors des manifestations ouvrières, mais qui est aussi celui qui fait entrer la France dans la guerre. Si mou du genou n’est pas candidat à la présidentielle, il laissera la place à ceux qu’il a élevés en son sein, Macron, qu’on ne présente plus, et Valls (celui qui fit 5% à la primaire socialiste : rejeté par les siens, adoubé par Hollande, on voit ce que cela donne).

La première réaction de Valls face à l’élection de Trump fut exactement sur le même registre que celle de Nicolas Sarkozy : il faut fermer les frontières, serrer la vis et montrer l’Islam du doigt. Mieux : notre vaillant Premier ministre veut prolonger l’état d’urgence jusqu’aux élections. Une élection présidentielle sous état d’exception ? Plus qu’un déni de démocratie, une faute lourde.

Les jeux, évidemment, ne sont pas fait. D’abord parce que depuis des décennies maintenant les électeurs sortent en général les sortants. Et que le choix ne se porte pas pour un candidat mais contre un candidat (quel est le meilleur moyen pour qu’il n’arrive pas au pouvoir). C’est pourquoi je ne comprends pas ceux qui, parmi les communistes faisant le choix de Mélenchon, avancent comme argument « c’est la moins mauvaise des solutions ». Si les solutions sont mauvaises, il faut peut-être réfléchir à autre chose, ou aller jusqu’au bout de la réflexion. Un parti politique se grandirait s’il affirmait que la situation politique étant bloquée et que rien ne pouvant sortir de ce type d’élection, on n’y participe pas et on ne donne pas de consigne de vote. C’est ce choix-là que devraient faire ceux qui parlent de la moins mauvaise des solutions.

D’autres communistes ont choisi de soutenir la candidature Mélenchon pour des raisons politiques ou stratégiques. Je ne partage pas leur analyse, mais eux, au moins, n’y vont pas à reculons et ont le courage de leurs idées. (http://jacquesdimet.over-blog.com/2016/11/une-candidature-communiste-pour-faire-evoluer-le-rapport-de-forces.html)

La primaire des Républicains donne à réfléchir. Une partie du peuple s’est servie de ce nouvel outil politique pour dégager celui qui semblait le plus dangereux. Le même processus peut-il jouer pour la primaire de la rue de Solférino ? Il s’agirait alors de battre Hollande par tous les moyens –si Hollande participe à la primaire ce qui n’est pas sur du tout. Notre président peut très bien faire éclater la construction de Cambadélis en se représentant sans passer par les primaires. Car si Hollande y allait, cela poserait un problème de légitimité du président, hors campagne électorale officielle. Peut-on à la fois présider aux destinées de la France, encore en état d’urgence, et battre les estrades pour être adoubé par ses électeurs ? (http://jacquesdimet.over-blog.com/2016/11/trump-peut-booster-hollande.html)

Pour le moment toutes les constructions politiques sont hypothétiques. On ne sait pas qui sera candidat à droite (et si c’est Fillon, est-ce que Bayrou se lancera aussi dans la bataille ?). On ne sait pas si Poutou, Arthaud, Jadot auront les parrainages nécessaires, on ne sait pas qui sera le candidat socialiste. On ne sait pas s’il y a aura une candidature communiste et même si, dans ce cas, elle ira jusqu’au bout. On ne sait pas non plus s’il y aura un soutien communiste à Mélenchon et si ce soutien ira jusqu’au bout, parce que la situation politique française et mondiale évolue vite. Bref, personne ne sait rien et c’est pour cela que les sondeurs trompent les électeurs : ils décident d’avance qui pourra figurer au premier et au second tours et, forcément, ils se plantent.

La candidature Trump-Fillon doit se fracasser dans le mur, comme celle de son alter ego socialiste, Hollande ou Valls. Et il ne s’agira pas de reconstruire la gauche, mais de la construire.

En s’appuyant d’abord sur ce qui a émergé dans la lutte –non terminée- contre la loi Travail.

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Published by jacques dimet
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