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29 janvier 2017 7 29 /01 /janvier /2017 23:01

Benoît Hamon a donc remporté largement la primaire des socialistes. Selon les chiffres officiels de la « Haute autorité » (ne rigolez pas) de la primaire les socialistes auraient rassemblé deux millions d’électeurs. Deux fois moins que la droite. Ils n’ont pas de quoi pavoiser.

La victoire de Benoît Hamon est du même registre que celle de François Fillon à droite : virer Sarkozy d’un côté, virer Valls de l’autre puisque l’actuel président de la République a préféré se défiler plutôt que d’affronter la colère de l’électorat. Quelle piètre image d’un petit monde recroquevillé sur lui-même et ses privilèges. La victoire de Hamon est cependant bonne à prendre, car elle montre l’ampleur du rejet de la politique menée ces cinq dernières années et qui s’inscrivait d’ailleurs dans la suite du quinquennat Sarkozy.

Je dois dire que je pensais que le contrôle de l’appareil du PS serait plus fort et ferait gagner Valls. Mais c’était sans compter les règlements de compte intérieurs au PS. Si Macron a pu démissionner et se présenter, c’est qu’il savait certainement que François Hollande renoncerait (ou mieux même qu’il se mettait en place avec la bénédiction du président de la République au cas où Hollande ne se présenterait pas ). Le renoncement de Hollande, avec un Macron bénéficiant de toute l’attention des médias, permettait de savonner la planche de Valls (qui a bien mérité cette nouvelle claque) et d’ouvrir une perspective politique d’alliance au centre. Cependant Macron ferait bien de se méfier… En 1969, le système médiatique de l’époque (c’était L’Express qui avait mené la danse) avait suscité un mystérieux Monsieur X qui devait emporter largement la présidentielle, en unissant la social-démocratie et le centre. Ce Monsieur X, c’était le « ticket » (c’est ainsi qu’il se présentait) Defferre/Mendès-France. De vainqueur putatif de la présidentielle, ce duo s’était retrouvé à 5% loin derrière le candidat communiste, Jacques Duclos, à près de 22%.

On sait bien que l’Histoire ne se répète pas, qu’elle bégaie. Mais un dévissage rapide de Macron n’est pas à exclure, tant il représente la déliquescence et l’autoritarisme de ce quinquennat. (Et être soutenu par Alain Minc, c’est déjà aller vers l’échec…)

La victoire de Hamon donne en tout cas raison à tous ceux qui se battent depuis le début contre ce quinquennat calamiteux. Il y a donc une majorité au sein de l’ensemble de l’électorat de gauche pour rejeter la direction du Parti socialiste. Hamon devra aussi en tirer tous les enseignements.

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Published by jacques dimet - dans Politique
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