Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
22 janvier 2017 7 22 /01 /janvier /2017 10:56

Cette présidentielle est celle de la confusion. De la confusion et du désordre peut naître le pire. Ce dimanche même les médias nous rabattent les oreilles avec la primaire de la gauche qui n’est que celle du parti socialiste, du Prg et de deux groupuscules issus des écolos et du modem.

Il y a chez certains électeurs de gauche la tentation de participer à cette primaire pour dégommer Valls comme les participants à la primaire de droite ont déglingué Sarkozy (mais pour le remplacer par Fillon, l’archétype de la droite réactionnaire versaillaise ; on n’est pas sûr que la démocratie y ait gagné au change.)

Parlons clair : les socialistes sont aux affaires depuis 2012. Le bilan est catastrophique : accroissement du chômage, atteintes aux droits sociaux et particulièrement au code du travail, répression tous azimuts, guerres à l’extérieur, état d’urgence prolongé à l’infini, incapacité à lutter contre l’insécurité quels que soient les coups de mentons des ministres de l’intérieur successifs.

On peut ajouter le manque de courage politique. Un président François Hollande, élu non pas sur son programme (à part sa sortie contre la finance au meeting du Bourget, ce dit programme ne contentait rien qui puisse ouvrir la perspective d’un changement de société), mais sur le rejet de la politique sarkozyste (et plus encore sur le rejet de la personne Sarkozy), qui, au dernier moment refuse d’assumer sa politique devant les électeurs ce n’est pas un acte de courage ou de lucidité comme cela a été dit, c’est simplement de la lâcheté et de l’incapacité à justifier sa propre politique. C’est courage fuyons, tout en organisant la porte de sortie : Emmanuel Macron. On y reviendra.

Hollande c’est la fuite et la lâcheté politique, Valls c’est le mensonge en politique et aussi l’absence de courage. En gros, l’ancien premier ministre nous serine qu’il était forcé à faire cette politique, qu’on l’a obligé à utiliser le 49-3. Qu’il va lutter aujourd’hui contre les injustices et tout à l’avenant. Mais les Français ne sont pas dupes. Ces gens-là sont coupés du peuple : ils ne vivent pas comme lui, la plupart du temps ils n’ont jamais travaillé. Ils vivent dans un monde aseptisé où la crise n’existe pas.

Certains, de bonne foi, disent que si Montebourg ou Hamon étaient désignés cela changerait les choses. Il peut y avoir des choses intéressantes dans ce que disent l’un et l’autre, mais ils ont contre eux d’avoir participé au gouvernement et de ne pas ouvrir de perspectives nouvelles. Plus le nombre de participants à la primaire sera élevé plus cela légitimera le parti socialiste pour se présenter comme le seule alternative à gauche. Or, le PS n’a pas été au pouvoir que ces quasi cinq dernières années. Depuis 1981, le PS a gouverné pendant dix-huit ans, c’est à dire la moitié du temps. On ne peut décemment plus considérer que ce parti est vierge de toute action politique.

Bien sûr, la droite fait peur, comme l’extrême droite lepenisée, mais les socialistes sont les principaux responsables de cette coupure entre le peuple et les « politiques » et de la montée de la droite extrême. Ce n’est donc pas de ce côté qu’il faut chercher l’once d’une alternative pour éviter le come back d’une droite qui n’est jamais vraiment partie.

A ceux aussi, notamment au PS, et parmi nombres de commentateurs politiques, qui glosent sans arrêt sur la pluralité des candidatures à gauche, rappelons qu’il y a toujours eu plusieurs candidatures à gauche et plusieurs candidatures à droite aux présidentielles, même en 1965 et 1974 où François Mitterrand était le candidat  commun de la gauche. Cette pluralité à gauche n’a pas empêché les socialistes d’être au deuxième tour (y compris en 1981 avec pourtant un candidat PCF, Georges Marchais, à 15%) à toutes les élections, sauf en 1965 (où le duo Defferre/Mendès-France avait à peine dépassé les 5%) et en 2002 pour le résultat que l’on connaît (et qui n’est pas dû aux autres candidatures de gauche mais à un début d’effondrement du PS avec un Lionel Jospin à 16% -on notera qu’aux élections suivantes Ségolène Royal fit dix points de plus avec, toujours, une pluralité de candidatures à gauche).

Cette primaire socialiste, pour reprendre une formule de Jean-Luc Mélenchon, ne sert qu’à désigner le perdant de la présidentielle. Elle ne sert donc à rien sinon à entretenir la pire des confusions. Si Hamon et Montebourg avaient voulu mettre un terme à la politique menée ces cinq dernières années, ils auraient pu participer à un rassemblement hors du PS. Ils ne l’ont pas voulu, préférant préempter la future direction socialiste.

Bien sûr, il faut battre la droite et l’extrême droite : les empêcher de reprendre ou de prendre le pouvoir. Mais il faut aussi battre le parti socialiste gouvernemental qui a mené et qui mène toujours la politique que l’on connaît.

Et pour empêcher la droite de gouverner, il y a aussi les législatives et le développement des luttes sociales. Le monde travail est absent de cette présidentielle. Donnons-nous les moyens d’être actifs et présents lors des législatives et dans les entreprises pour l’action revendicative.

Partager cet article

Repost 0
Published by jacques dimet
commenter cet article

commentaires