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22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 18:35

Il y a en ce moment quelque chose de particulièrement dérangeant. Toute la presse s'y met, d'un seul coup, comme d'habitude. Tout le monde recherche les moyens d'unir la gauche, c'est-à-dire dans les faits, parce qu'il ne faut pas jouer sur les mots, à se rassembler derrière le PS. La situation serait devenue terrible. Pour certains, on prend même le signe 1maispas3, comme si d'un seul coup Jadot, Hamon et Mélenchon c'était la même chose. Déjà, mettre Jadot sur le même plan que les deux autres c'est assez risible quand on voit l'état dans lequel la participation gouvernementale a laissé EELV.

A force de dire et de répéter que le seul danger c'est la droite et l'extrême-droite, et qu'il faut donc a contrario unir la gauche, on en vient à oublier que c'est le parti socialiste (et les radicaux de gauche) qui gouvernent et que EELV comme Hamon d'ailleurs ont aussi participé à ce quinquennat. Ce dernier n'a pas été mauvais qu'après le départ de Hamon et de Montebourg, il l'était déjà avant.

Remettre en selle le PS sans un accord politique de fond c'est cela qui favorisera le FN et la droite, même si celle-ci cherche une porte de sortie vers Macron puisque Bayrou, prenant sans doute exemple sur Hollande fuit encore le combat politique en laissant, de fait, le champ libre à Fillon (1).

Certains de mes amis disent qu'à une situation exceptionnelle il faut des mesures exceptionnelles. Sauf que le ralliement au candidat PS, n'est pas une mesure exceptionnelle. C'est en jouant sur la peur que le PS prétend incarner la gauche et obtenir le ralliement des uns et des autres et oublier ses dix-neuf années de gestion du gouvernement depuis 1981.

Benoît Hamon a un moyen simple et clair pour dégager la situation et que l'on voit s'il est en capacité d'incarner un changement et d'être un présidentiable crédible : il peut appeler à l'abrogation de la loi travail maintenant. Son parti, le PS, est majoritaire à l'Assemblée. Une convocation extraordinaire du Parlement et le tour est joué. Les pontes du PS ne le voudront certainement pas, mais si Hamon osait faire cette proposition il montrerait que, comme Corbyn (2) au Royaume-Uni il est capable de s'opposer à la masse des députés de son propre parti et qui sont contre lui. Pour cela, il faut s'appuyer sur le mouvement populaire. Gageons que Benoît Hamon n'osera pas. Et si je me trompe, tant mieux.

 

  1. A propos de ceux qui dénaturent le sens même de la politique et de l'engagement, la palme revient à De Rugy qui avait pourtant signé une déclaration d'intention pour sa participation à la primaire socialiste l'engageant à faire voter pour le gagnant. L'élection passée, le perdant se torche avec ses engagements. Cela promet si on le retrouve un jour ministre. C'est ce type de comportement qui renforce le dégoût de la politique, l'abstention ou le vote pour les néo-fascistes. Puisse ses électeurs dans sa circonscription le renvoyer dans les oubliettes de l'histoire.
  2. La grande différence entre le Labour Party et le PS français, c'est que le premier compte une base syndicale et ouvrière importante et que nombre de responsables (et même de députés) travaillistes sont issus du syndicalisme et du monde  du travail. Ce qui n'est plus le cas du PS depuis des décennies.

 

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Published by jacques dimet - dans Politique
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