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18 février 2017 6 18 /02 /février /2017 22:21

Le Monde dans son éditorial du samedi 18 février affirme que, même fragile, l’inversion de la courbe du chômage est là. Ce qui vaut cette entrée en matière : « Il est des jours où François Hollande doit regretter amèrement de ne pas s’être représenté. » Non, François Hollande ne regrette sans doute rien (à moins qu’il nous fasse encore le coup du sauveur suprême, mais cela serait acheter la corde pour se faire pendre). François Hollande a tout simplement fui le débat et le combat politiques. La situation inédite que nous vivons n’est pas due au fait que c’est la première fois qu’un président élu ne se représente pas (*), mais au fait qu’il y a un effacement total du quinquennat que nous vivons. Aucun des candidats en lice ne veut en porter le bilan. Déjà Valls, heureusement renvoyé sur ses terres, annonçait qu’il n’était responsable de rien et qu’on lui avait imposé, à lui, pauvre diable, le 49/3 et que sais-je encore. Donc voilà une élection présidentielle où l’on fait comme si rien ne s’était passé.

Les dirigeants socialistes, même les plus « hollandais », qui ont soutenu jusqu’au bout le gouvernement même dans ses dérives les plus détestables, affirment qu’il faut regarder devant et pas derrière et que c’était le président qui fixait le cap et que finalement, eux-mêmes, n’étaient responsables de rien…

Le recul de François Hollande devant l'obstacle

Hollande en reculant devant l’obstacle d’une "primaire", pourtant montée de toutes pièces pour lui, a tout simplement permis cet escamotage extraordinaire de la politique. Nous voici avec une élection où aucun des candidats n’ose dire qu’il représente le gouvernement sortant. Voilà pourquoi il aurait été beau pour la salubrité publique que François Hollande soit battu, et à plate couture, par le peuple.

Une situation extravagante

Nous voici donc dans une situation extravagante. Le candidat, dont on nous rebattait les oreilles à droite pour nous dire qu’il sera le prochain président de la République, Alain Juppé, a mordu la poussière après avoir réussi à éliminer tout de même Nicolas Sarkozy. Tout cela pour nous sortir un candidat-hobereau, maître dans l’art du mensonge et de la dissimulation. Un politicien si courageux, lui aussi, qu’en 2012 François Fillon ne se présenta pas à sa réélection à Sablé, car il savait qu’il serait battu, et alla quémander une circonscription sûre dans le VIIe arrondissement de Paris. Aussi courageux que François Hollande ! Fillon est bien le candidat de la supercherie et de la droite versaillaise (au sens de ceux qui sont dans la filiation des massacreurs de la Commune de Paris).

La baudruche Macron

Emmanuel Macron, le candidat propulsé par Hollande pour savonner la planche de Manuel Valls (ces gens-là ne vivent que par règlements de comptes interposés), qui se croit nimbé d’une auréole de grâce, commence sérieusement à agacer et à se planter lui-même. Un jour il ne trouve que des mérites à la colonisation, puis il la dénonce pour se repentir aussitôt d’avoir péché devant les nostalgiques de l’Algérie française. Un Emmanuel Macron dont les proches se sont mis à démentir des informations russes le concernant, alors que les dit médias russes ou russophiles n’avaient encore rien écrit ni publié, sauf d’annoncer que Wikileaks allait "sortir" des révélations sur Macron tirées des mails d’Hillary Clinton. Bobards ou pas, on s’en moque un peu. Mais la réaction des Enmarchistes est étrange. De quoi donc Emmanuel Macron a-t-il peur ? De son travail chez Rothschild ? De ce qu’il fit ou ne fit pas comme secrétaire général de l’Élysée ? Aurait-il menti sur quelque chose ? Peu nous chaut. Ce qui nous importe c’est la ligne politique d’Emmanuel Macron et elle n’est pas fondamentalement différente de celle suivie dans l’actuel quinquennat, à ceci près que le pape d’En Marche, tout en affirmant défendre les LGBT, trouve que l’on a humilié les partisans de la Manif pour tous. N’oublions pas tout de même que c’est cette droite-là, homophobe et franchouillarde, qui se retrouve comme un seul homme et une seule femme derrière Fillon. Macron essaie de caresser tous les électorats. Or, nous avons besoin de clarté, pas de flou. Par la fuite de François Hollande, Emmanuel Macron se trouve être le seul candidat (s’il va jusqu’au bout) comptable, par le rôle qu’il y a joué, du quinquennat qui s’achève, comme aussi tous les candidats socialistes aux législatives qui soutinrent les lois antisociales de Manuel Valls. Toutes ces raisons font que la baudruche Macron va sans doute se dégonfler dans les semaines qui viennent.

Étrange fin de quinquennat donc, où les socialistes font désormais comme s’ils étaient l’opposition, parlant sempiternellement du danger de la droite et de l’extrême-droite comme s’ils n’étaient pas au pouvoir en ce moment. L’oubli, en quelque sorte. Le quinquennat gommé.

L'extrême-droite xénophobe et antisociale

Nous voilà donc, pauvre France, avec la candidate de l’extrême-droite, coqueluche des médias, qui pèserait, selon les sondages, plus de 25% des voix. Le fait qu’un électeur sur quatre (et près de la moitié des ouvriers qui votent) choisissent la candidate xénophobe, antisociale et de la haine en dit long de la crise politique que nous vivons et de l’incapacité pour le moment des forces progressistes, qui ont longtemps représenté le mouvement ouvrier (le courant révolutionnaire et le courant réformiste) à être une alternative crédible pour s’opposer à l’extrême-droite, à la droite et au "social-libéralisme".

Dépasser le cadre de la France Insoumise

Pour le moment, la candidature de Jean-Luc Mélenchon ne rassemble pas plus qu’en 2012. Tout n’est pas encore perdu. Les militants et responsables de la France insoumise auraient intérêt, car le temps presse, à prôner un rassemblement politique de toutes les forces qui appellent à voter pour leur candidat. Il est temps pour eux, et pour nous tous, de dépasser le cadre de France insoumise pour recréer les conditions politiques d’une dynamique.

 

 

(*) Rappelons toutefois que Charles De Gaulle avait quitté ses fonctions au cours de son mandat (le premier où il fut élu au suffrage universel).

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Published by jacques dimet - dans Politique
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