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30 avril 2017 7 30 /04 /avril /2017 23:55

Si par malheur Marine Le Pen était élue au second tour de la présidentielle, le 7 mai prochain, le premier –mais pas le seul- responsable en sera Emmanuel Macron. Pas seulement parce qu’il est le continuateur du quinquennat de François Hollande et qu’à titre collectif et personnel il a participé au détricotage du code du travail, par les lois dites Macron et par la loi travail de El Khomry-Valls (El Khomry, est toujours semble-t-il, candidate du parti socialiste aux législatives), et qu’il est co-responsable de la montée du chômage et des guerres menées à l’étranger. Pas seulement parce qu’il fait partie de cette caste de privilégiés et qu’il trouve normal d’avoir gagné trois millions d’euros en moins de deux ans comme banquier d’affaires chez Rothschild. Mais aussi parce que toute sa campagne de l’entre deux tours est marquée par la suffisance et l’insuffisance et qu’il a l’air de tout faire pour empêcher que l’on vote pour lui. Avec arrogance, il affirme qu’il ne change rien à son programme et que voter pour lui signifie donc la mise en place d’ordonnances dès cet été pour achever la casse du code du travail, libéraliser encore plus l’économie, toucher aux retraites etc.

Si Emmanuel Macron avait un tant soit peu de compétence ou de sens politique, au lieu de nous avoir infligé un show à l’américaine (à la limite de l’écoeurement) le soir du premier tour comme s’il était déjà élu, et donc par la même de minimiser la signification de la présence au deuxième tour de la candidate de l’extrême-droite, il aurait appelé au rassemblement en disant qu’il mettait pour le moment son programme sous le boisseau et que, pour les questions qui divisent et fracturent la France, il s’en remettrait à l’Assemblée nationale élue. Et à la nouvelle majorité qui sortira des urnes. Il ne l’a pas fait montrant par là qu’il n’était pas un homme d’État, mais simplement un jouet consentant entre les mains de ses conseillers.

N’est-il pas paradoxal pour ce candidat se présentant comme voulant bousculer les partis établis que, pratiquement tous ceux qui se sont étalés en son nom dans les médias au lendemain du premier tour soient des élus de longue date, socialistes, LR ou Modem ? Et pas des plus jeunes. Des sexagénaires, voire des septuagénaires. Ce sont eux, à l’instar de Gérard Collomb, qui tiennent les manettes de la machine En Marche.

Le principal danger, le danger immédiat, est pourtant le Front national.  Et le 7 mai c’est Marine Le Pen qu’il faut battre,  malgré la mauvaise volonté d’Emmanuel Macron à le faire. Et être dans la rue dès le 8 pour signifier à Macron, s’il est élu, qu’il faudra qu’il fasse avec le mouvement social.

 

Passons sur l’épisode affligeant de sa visite chez les Whirlpool. On pourrait chaque jour relever les inepties de sa campagne. Le 30 avril-aujourd’hui donc- est la journée du souvenir des victimes de la déportation (qui a lieu chaque dernier dimanche d’avril). Emmanuel Macron s’est rendu au Mémorial de la Shoah et au Mémorial des martyrs de la déportation. Au Mémorial de la Shoah il a notamment déclaré rendre hommage : « à toutes ces vies fauchées par les extrêmes ». Qui sont les « extrêmes » dont parle Macron ? Est-il si difficile pour lui de nommer les choses et de dire que le génocide a été conçu et conduit par les fascistes allemands, les nazis ? Pourquoi camoufler les auteurs du crime sous le vocable « les extrêmes » ? Qui veut-il ainsi mettre en cause ?

A ma connaissance Emmanuel Macron n’a pas eu un mot ce jour sur le génocide des Rroms. Un de ses conseillers septuagénaires pourrait-il lui apprendre l’Histoire ?

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Published by jacques dimet - dans Politique
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