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26 mai 2014 1 26 /05 /mai /2014 22:22

Il y a des jours comme ça où on se dit qu’il vaudrait mieux les passer par pertes et profits. Au lendemain même du score du Front national, deux événements sont venus renforcer ce dernier. Le président de la République, qui ne craint plus de rabaisser la fonction, est venu nous parler à 20 heures pétantes. Ça ou rien, c’est pareil. Il entend le message des urnes, dit-il, mais réaffirme que les « Européens » sont les plus nombreux. Donc nous, -je ne parle pas là du Front national- qui refusons et l’UMP, et l’UDI-Modem et le PS tel qu’il est aujourd’hui, nous ne serions donc pas Européens ? Juste une incise, je suis Européen parce que j’habite en Europe, j’y vis. C’est aussi simple que cela, même si j’ai toujours la conviction qu’avant d’être une idéologie ou une Union, l’Europe est d’abord un continent.

Revenons au président qui la veille fut pris dans les bouchons. Européen donc. Il "entend", il va aller dire à ses alter ego demain qu’il faut d’abord la croissance, la croissance, la croissance. Mais qu’a-t-il fait ces deux dernières années, incapable de juguler le chômage contrairement à ce qui était promis ? Et surtout, le président qui a de la suite dans les idées, nous dit qu’il va accélérer « ses » réformes, en particulier la remise à plat des collectivités territoriales : en un mot, regrouper des régions, détruire les départements, éloigner encore plus les habitants des lieux de décision, revenir aux féodalités d’antan.

C’est le premier événement. Le second est l’aveu devant Ruth Elkrief de Jérôme Lavrilleux,  chef de cabinet de Jean-François Copé et ancien directeur adjoint de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, que, oui, une partie des dépenses de la campagne électorale de celui-ci a été transférée sur l’UMP qui a payé, sous des dénominations bidons, les frais extravagants de l’ancien président. (Dans le même temps, l’ancien secrétaire général de l’Elysée et ancien ministre de l’Intérieur Claude Guéant est en garde à vue dans l’affaire Tapie).

Ces deux événements arrivés coup sur coup en cette fin de journée –l’insipidité de François Hollande et les aveux télévisés de Lavrilleux- ne peuvent que renforcer le parti de Marine Le Pen. En tout cas faire son lit.

Triste journée où l’on nous assène que tout est pourri dans la politique et où un président de la République est incapable de voir que les partis auto baptisés européens (PS, UMP, UDI-Modem) sont ultra minoritaires, parce qu’il y a eu, quand même, près de 60% d’abstention.

Rappelons au président que les principaux responsables de la montée du FN sont ceux qui à l’UMP de Sarkozy et au PS de Hollande ont refusé de tenir compte du vote de 2005, qui sont passés en force pour les réformes des retraites, qui approuvent le traité transatlantique et tutti quanti.

Certes, certes, la gauche de transformation sociale, ou la gauche radicale, ou la gauche alternative, appelons là comme on veut ne fait pas recette, même si elle ne s’écroule pas. Le risque est qu’elle se transforme en gros PSU bien sympathique, plein de bonnes idées et de construction programmatique, mais bien loin du mouvement social et, pour tout dire, du monde ouvrier. C’est là qu’il faut agir, en dépassant la construction actuelle du Front de gauche pour inventer de nouvelles formes alternatives, sur des revendications immédiates, qui changent les choses tout de suite, et non pas qui renvoient le changement aux calendes grecques. Grecques ? Finalement, pourquoi pas.

 

 

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Published by jacques dimet - dans Politique
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