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22 octobre 2014 3 22 /10 /octobre /2014 01:35

Décidemment il leur fait peur. Il, c’est le ministre de l’Economie pas si jeune que ça, -à 33 ans le Christ avait déjà fini en croix. Il leur fait peur. La question est pourquoi ? Bruno Le Roux, qu’on pensait plus fin, s’en prend à Jean-Luc Mélenchon allant jusqu’à dire que c’est du racisme que de qualifier Macron de banquier.

Arrêtons-nous là quelques instants. Bruno Le Roux sait ce qu’il dit. S’il parle de racisme pour cette qualification, c’est tout simplement pour insinuer l’idée que si l’on critique quelqu’un qui a travaillé à la direction de la banque Rothschild, c’est de l’antisémitisme déguisé. Ne tournons pas autour du pot. Et c’est là que Le Roux lui-même sombre dans le racisme le plus plat. A un autre titre aussi d’ailleurs : si dire que Macron est banquier (ce qui est son métier) c’est être raciste, alors cela ramène le racisme des colonialistes, des nazis à bien peu de chose. Le Roux attise le négationnisme (« ah ! le racisme ce n’est que ça, c’est pas si grave ! ») penseront les bonnes âmes .

Mais Le Roux n’est pas le seul à être monté au créneau. Hollande, Valls, Léa Salamé (qui reproche aussi à Jean-Luc Mélenchon de parler de banquier) et, dernier en date, Thierry Mandon le très médiatique (c’est de l’humour, il est raide comme un piquet) « secrétaire d'État à la Réforme de l'État et à la Simplification » (n’en jetez plus). Lors de l’émission Mots Croisés de lundi soir, à laquelle participaient outre lui-même Olivier Besancenot, Eric Woerth, et Florian Philippot, le dit Mandon n’a pu se contenir. Fallait le voir, chevalier blanc du politiquement correct, pourfendre ceux qui osaient dire que Macron était banquier ! Evidemment, pour Mandon c’est difficile. Il est diplômé de Sciences-Po en 1987 (il a trente ans) et est élu député dès 1988. Autant dire que le travail, il connaît pas… Une petite période de deux ans comme « consultant en stratégie d'entreprise et gestion des ressources humaines » (hum…hum) de 1993 à 1995 pour combler la solitude d’un échec électoral. Il commence donc à travailler (laissons-lui le bénéfice du doute) à 36 ans, l’âge auquel Macron devient ministre ! On comprend qu’il soit jaloux. Mais, bref. Pourquoi ont-ils tous peur que l’on dise qu’un banquier d’affaires qui avoue avoir gagné deux millions d’euros en un peu moins de deux ans, est un banquier ?

Quand ils ont présenté Edouard Martin, ancien délégué CFDT d’ArcelorMittal à l'élection européenne, ils ont bien tous (les leaders du PS) insisté sur le fait que Martin était « un ouvrier ». On a donc le droit de savoir qu’un candidat est ouvrier, mais pas qu’un ministre est banquier.

Ils ont peur, parce qu’ils ont honte. Ils savent que « banquier d’affaires » ça fait mauvais genre. En fait, c’est l’hommage que le vice rend à la vertu. En creux, ils sentent bien qu’être ouvrier c’est plus sûr que d’être banquier. Alors ils veulent cacher l’état d’Emmanuel Macron, devenu socialiste en tombant du ciel, jamais élu déjà ministre. « Jugez-le en tant que ministre », s’étrangle Mandon, simple secrétaire d’Etat. Rappelons au politicien qu’être ministre –comme être un élu d’ailleurs- n’est pas un métier et qu’il est quelque peu pitoyable que les ministres ne soient quasiment que des personnes n’ayant jamais travaillé ou que ceux qui l’ont fait (un peu) soient… banquiers.

Le monde est ce qu’il est et le PS en est la transcendance, comme dirait François (lequel, au fait ?)

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Published by jacques dimet - dans Politique
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