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13 octobre 2013 7 13 /10 /octobre /2013 03:16

Il y a en un peu assez des vitupérations de dirigeants du Parti de gauche (PG) à l’égard du PCF. Cela leur rappelle-t-il l’époque où ils étaient dirigeants du parti socialiste ? Le problème avec la position défendue par la direction du PG, c’est qu’elle repose sur des postulats faux. Le PG voudrait que les décisions se prennent d’en haut et soient les mêmes dans toutes les villes. Or, la démocratie c’est d’abord de décider commune par commune de la stratégie à suivre. Le PG, dont les élus l’ont été sous l’étiquette socialiste –et qui n’a, en fait, pas de sortants- devrait savoir qu’il y a des communes où des listes d’union de la gauche existent depuis des décennies. Listes qui ont pu être gagnantes ou perdantes. Démobiliser les électeurs, c’est précisément  leur dire : voilà cela fait vingt ou trente ans que nous faisons l’union et, d’un coup, nous n’en voulons plus. En rappelant, par exemple, que, sur Paris, si Alexis Corbière est un adjoint au maire PS du 12e arrondissement, c’est parce qu’il était candidat socialiste sur la liste Delanoë… Et que jusqu’à preuve du contraire, il n’a pas démissionné. Comment expliquer aujourd’hui qu’il renie la politique qu’il mène depuis 2001 ? Facile dans ce cas de donner des leçons…

Sur le site de débat de Frédéric Taddeï Newring, reproduit sur le blog d’Alexis Corbière, ce dernier déclare : « Pierre Laurent porte un mauvais coup au Front de gauche en proposant que le Parti communiste quitte notre mouvement pendant ces élections à Paris, qui est pourtant l’une des principales vitrines de la vie politique française. » Où a-t-il lu et vu que le PCF quitte le Front de gauche ou le mette entre parenthèses ? A moins de penser que c’est le PG qui détermine, seul, qui a le droit de se revendiquer du Front de gauche...

On peut dire, par contre, que c’est le PG qui porte la responsabilité d’une éventuelle rupture en exigeant que tout le monde se rallie à sa position. C’est déjà ce qui avait été fait avec la candidature Mélenchon à la présidentielle annoncée par le PG (qui n’a fait voter que sur un seul candidat, rappelons-le) qui n’a jamais déclaré qu’il retirerait cette candidature si les autres formations politiques membres du FG avaient choisi quelqu’un d’autre… 

Alexis Corbière et ses camarades continuent à faire comme s’ils n’avaient jamais été membres du PS et, à ce titre, co-responsables de la politique de ce parti au moins jusqu’au référendum sur le TCE en 2005,  et des dégâts qu’elle a fait à gauche. Mélenchon – sénateur socialiste pendant 18 ans- avait bien, par exemple, appeler à voter oui à Maastricht. Preuve que l’on peut commettre des erreurs et … recommencer à en faire.

Corbière et les dirigeants du PG parlent de « listes autonomes », ce qui ne veut rien dire. Une autonomie signifie une dépendance. Les communistes sont indépendants. Quand on présente une liste opposée à d’autres, on est forcément indépendant et pas autonome, ce qui suppute une sujétion.

Bien sur, faire l’union depuis des années peut être remis en question quand il n’y a pas la volonté politique chez nos alliés éventuels à se prononcer sur les politiques d’austérité et d’autres. C’est donc d’abord un combat politique, qui n’est pas le même d’une commune à l’autre. Et ce combat politique est positif, il vise à unir, pas à diviser. Penser le contraire, c’est avoir une vision purement administrative de la politique.

Le repli sur soi proposé par le PG donne une image volontairement étriquée du FG. A cet égard l’adhésion d’un groupuscule comme la Gauche anticapitaliste n’a certainement pas aidé à l’idée d’un élargissement du Front de gauche. Elle le rabougrit (1).

L’objectif à ces municipales n’est pas de se compter, il est d’élargir les points d’appui pour les milieux populaires. C’est ce que fait semblant de ne pas comprendre le PG. Qui plus est, avec des arguments tels que l’on peut se demander si le PCF n’a pas à faire face à deux partis socialistes : le PS et le PG…

Quant à Martine Billard, pas avare non plus de critiques acerbes contre le PCF, rappelons qu’elle a été élue députée pendant deux mandats grâce au bon vouloir du PS (là sans essayer d’être autonome…) et que son résultat sous les couleurs du FG lors des dernières législatives n’a pas été fulgurant, preuve de l’incapacité de gagner en influence sur son ancien électorat. (Cela est aussi vrai des sortants socialistes passés au PG lors des cantonales et qui se présentaient sous l’étiquette FG. Ils ont été incapables d’avoir la moindre influence sur leur ancien électorat- à la différence du député Marc Dolez, réélu haut la main en 2012 et qui a quitté le PG ensuite en désaccord avec son sectarisme politique).

Le PG joue un jeu dangereux. Il sait qu’il est incapable de faire un score seul aux municipales, ce qui l’amène à faire un chantage à l’avenir du FG. Au lieu de forcer les socialistes à l’union, -d’essayer de changer le rapport de forces politique- sur une base claire, il renforce, de fait, l’argument désastreux du vote utile. En clair, il appelle à conforter le PS…

 

(1)  Sans parler de la campagne menée alors qu’ils étaient au NPA par les tenants de cette tendance contre Philippe Poutou. Or, aujourd’hui le NPA a une existence tandis que la Gauche anticapitaliste n’existe pas en terme d’influence politique ,d’où sa volonté de se rattacher à quelque chose d’existant.

 

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Published by jacques dimet - dans Politique
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