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6 juin 2014 5 06 /06 /juin /2014 09:25

Sans entrer dans le fond de la réforme de la carte régionale que la présidence Hollande et le gouvernement PS-PRG veulent imposer, c’est l’autoritarisme du pouvoir qui retient l’attention. André Vallini, secrétaire d’Etat à la réforme territoriale déclare ainsi tout de go : « le droit d’option des départements n’a pas été retenu, parce que ça aurait ouvert des débats sans fin, chaque département aurait souhaité être rattaché à telle autre région, on n’allait plus en finir ». (1) Cela amène quatre remarques :

   1-    pour le secrétaire d’Etat les régions actuelles ont, de fait, un statut spécial : elles peuvent fusionner entre elles mais on ne touche pas à leurs frontières extérieures (à ma connaissance la France n’est pas un Etat fédéral et le régions ne constituent pas des Etats fédérés) ;

   2-    les départements ont un rôle mineur (de toute façon dans la réforme imposée, ils disparaîtront à termes), puisqu’ils n’ont pas le droit de faire telle ou telle proposition ;

   3-    enfin c’est la reconnaissance explicite que si tous les départements, selon les dires du secrétaire d’Etat, veulent changer de région, c’est bien que ce ne sont pas les départements qui posent problèmes.

   4-    Dernière remarque, ce gouvernement est toujours favorable aux élections à l’extérieur, quand elles doivent apporter une légitimité à des pouvoirs amis (Mali, Côte d’Ivoire, Centrafrique, Ukraine) mais en France il en faut le moins possible. On rappelle : volonté de supprimer les prud’homales (2), report des élections régionales et départementales, véritable sabotage des européennes (3).

Un gouvernement qui impose par la force et qui se méfie des élections, cela devrait nous amener tous à réfléchir sur les urgences. Plutôt que de bâtir –ou tenter de bâtir- de nouvelles constructions politiques, peut-être serait-il temps de développer les résistances les plus larges face au gouvernement et au patronat (que l’on a, celui-là, parfois tendance à oublier).

   (1) Déclaration faite à l’issue de la réunion sur la réforme territoriale à Matignon le 4 juin dernier.

   (2) Les prud’homales sont en plus la seule élection où tous les salariés peuvent voter, quelle que soit leur nationalité. C’est peut-être aussi l’un des mobiles de la volonté de les supprimer. Quant à l’argument sur le coût des élections, il en dit long sur la conception de la démocratie qu’ont les partisans de la suppression de ces élections.

   (3) Campagne très courte, difficultés d’acheminements du matériel électoral (on se souvient de la proposition de Valls, alors ministre de l’Intérieur de supprimer l’envoi à domicile de ce matériel), etc.

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Published by jacques dimet - dans Politique
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