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14 juin 2016 2 14 /06 /juin /2016 00:24

Tout le monde a vu les images du Vieux Port dévasté à Marseille après des confrontations entre hooligans venus de différents pays. Mêmes affrontements et mêmes scènes violentes à Nice. Dans un des stades de compétition, une bombe fumigène a même été lancée. Des affrontements ont eu lieu dans les gradins. On peut plus que sérieusement s'interroger sur l'efficacité des mesures prises pour contrer la violence.

Notre ministre de l'Intérieur, toujours propre sur lui, avec sa petite pochette blanche qui dépasse de la poche supérieure gauche de son costume (1), le dit et le répète: on ne peut pas accuser les forces de l'ordre ni les autorités d'une quelconque négligence. Tout a été bien fait, susurre-t-il en substance. Force est de constater que le bilan de Bernard Cazeneuve est plutôt faible.

En proclamant l'état d'urgence après les attentats de novembre, le gouvernement avait placé en résidence un certain nombre de militants écologistes (ce qui n'avait rien à voir avec le terrorisme) et interdit plusieurs manifestations, notamment celle organisée au moment de la COP 21. De même, des mesures administratives interdisent à des personnes d'aller manifester. Le gouvernement (et notamment Valls, Cazeneuve, Sapin et Vidalies - ce dernier n'hésitant pas à dire que les opposants à la loi travail agissaient contre la France) brocardait à qui mieux mieux ceux qui allaient mettre en péril l'Euro. On voit bien qui provoque le désordre et un désordre qui est sans commune mesure avec les violences des plus durs des casseurs agissant parallèlement aux manifestations.

On nous annonce, maintenant que les affrontements ont eu lieu, des mesures. Mais pourquoi n'ont-elles pas été prises avant? C'est, décidément, une manie de ce gouvernement : il présente un projet de loi (sans discussions, les syndicats en apprennent le contenu par la presse), puis, devant la montée de la contestation le transforme (sans toucher à l'essence même du texte) et affirme ensuite que le projet est maintenant bon et qu'il était mauvais auparavant. Mais qui a écrit ce texte, l'a présenté? S'il était mauvais, c'est qu'il y a de biens mauvais ministres, un bien mauvais Premier ministre et un président de la République qui couvre tout cela et qui ne sait plus comment se sortir de la situation où il a enfermé la France.

(1) "Les pochettes brodées aux initiales des convives sentent le petit bourgeois", écrivait Hervé Bazin dans Vipère.

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8 juin 2016 3 08 /06 /juin /2016 01:41

Christian Paul (député PS « frondeur ») préfère la « gauche ensemble » à la « gauche en miette », d’après une dépêche de l’AFP envoyée depuis le congrès du PCF. Gérard Filoche, lors d’un entretien réalisé par L’Humanité.fr, lors du même congrès, se déclare sûr que si Hollande ou Valls se présentaient à une primaire de la gauche, ils seraient battus.

Christian Paul et Gérard Filoche (si l’on s’en tient aux extraits de leurs déclarations respectives) se trompent. La « gauche ensemble », ça ne veut rien dire. Depuis toujours, et encore plus depuis 1920, il y a près d’un siècle, aux législatives, il n’y a jamais eu de candidatures uniques à gauche au premier tour. Cela n’a pas empêché celle-ci d’être élue, que se soit en 1936, 1946, 1981, 1988, 1997 ou 2012. Même pour l’élection présidentielle de 1981 la présence de Georges Marchais, candidat du PCF au premier tour et qui obtint 15%, n’empêcha pas l’élection de François Mitterrand.

En 2012 Mélenchon, Joly, Arthaud et Poutou obtenaient au premier tour 15,12% et 5,3 millions de suffrages, cela n’a pas empêché pas l’élection de François Hollande (et en 2007 -malgré le lâchage de Ségolène Royal au second tour par le PS,- la candidate s’était retrouvée en lice alors que les autres candidats de gauche avaient pourtant obtenu 10,57% et 3,7 millions voix).

Si en 2002 Lionel Jospin s’est retrouvé dans les choux, c’est que la « gauche plurielle » inventée par Cambadélis, n’avait ni convaincu ni changé la vie des gens. C’est à cause de la politique suivie alors par le parti socialiste que ce dernier a reculé et fait perdre toute la gauche (Jospin s’est retrouvé à 16%, le reste de la gauche à 21% avec plus de 4,5 millions de suffrages) (1).

Ne recommençons pas cette caricature de politique qui vante une gauche rassemblée alors que le parti socialiste et les radicaux de gauche au pouvoir n'inventent qu’une politique de droite. Et, paradoxalement, Filoche se trompe par excès d’optimisme et de confiance. S’il y a des primaires rassemblant « toute la gauche », c’est évidemment le candidat de droite du PS qui triomphera. Pourquoi ? Tout simplement parce que les quartiers populaires ne se déplaceront pas pour ce genre d’élections qui ne riment à rien dans notre système électoral déjà complexe. L’appareil et les élus du PS feront le reste. Ce type de consultation complique encore plus le jeu électoral. Donc, aujourd’hui une primaire de toute la gauche qui inclurait les dirigeants socialistes actuels c’est donner encore une fois les clés de la maison à un candidat socialiste, qui, de toute façon, se fera battre à plate couture. (Ce que souhaite Manuels Valls qui rêve à 2022).

Certes, la situation politique n’est plus celle de 2012. Il y a un réel danger de voir Le Pen arriver au pouvoir. C’est là-dessus, d’ailleurs, que jouent les socialistes (toutes tendances confondues) pour nous refaire le coup du "c’est eux ou nous", en voulant nous faire oublier que c’est le PS et le PRG qui, par leur politique, font depuis des décennies, le lit du Front national.

Mais nous sommes également dans un moment de forte mobilisation sociale. Si nous réussissons à battre le gouvernement –et le PS- sur cette loi, nous aurons un facteur de mobilisation électorale exceptionnelle pour la présidentielle et les législatives. La fenêtre de tir sera ouverte pour un prolongement politique au mouvement social. Si nous ne réussissons pas à faire capoter la loi Valls-El Khomri, alors nous enclencherons un vaste mouvement de recul de la gauche de transformation sociale.

C’est pourquoi mettre la présidentielle aujourd’hui au centre du combat, comme le font Mélenchon, Montebourg ou les frondeurs du PS est une erreur politique de taille. Utilisons d’abord toutes nos forces pour le retrait de la loi.

Ensuite, pour la présidentielle, il y plusieurs alternatives, dont celle, notamment, de refuser de se prêter à ce jeu institutionnel.

En tout cas s’il devait y avoir un ou une candidate, cela ne pourrait être un(e) ancien(ne) ministre de quelque gouvernement de gauche. Pas de candidat rusé ou malin : un(e) candidat(e) qui vienne du mouvement social ou qui en soit le(la) représentant(e) et pas l’incarnation.

(1) Un candidat unique de la gauche de la gauche et des écolos n’aurait pas automatiquement rallié sur son nom l’ensemble de ces suffrages. C’est parce que la politique de Jospin –et celle de son gouvernement- n’était pas bonne, que le candidat socialiste (qui de plus avait fait une très mauvaise campagne) a chuté.

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24 mai 2016 2 24 /05 /mai /2016 10:59

Philippe Doucet est ce député socialiste du Val-d'Oise qui passe une bonne partie de son temps sur les plateaux de télévision. Hier il s'est retrouvé, sur BFMTV, face à Gérard Filoche, socialiste comme lui, mais cégétiste et opposé à la loi travail. Pugilat entre socialistes où l'animateur du débat semblait être complètement dépassé par les événements.

Philippe Doucet, il est vrai, garde peu son calme. Méprisant, hautain, il veut toujours incarner la bonne parole gouvernementale. (Un peu tard cependant pour être ministre à moins d'un an des législatives qui le renverront, espérons-le, à ses chères études). Ce fondateur du Pôle des réformateurs (ne rigolez pas) au sein du PS pète les plombs quand Gérard Filoche lui assène quelques vérités.
Philippe Doucet a un art consommé : celui de se ridiculiser lui-même. On ne fera qu'une remarque. A bout d'arguments, éructant, le député du Val-d'Oise a interrompu plusieurs fois Gérard Filoche en l'assimilant à … la Corée du nord. Autrefois, la droite scandait "les cocos à Moscou", Doucet modernise la formule.
Mais il se trompe. Comme d'habitude. En 1981, Philippe Doucet avait vingt ans et était membre du PS depuis deux ans. Rafraichissons-lui la mémoire. En février de cette année-là, François Mitterrand, alors premier secrétaire du PS et candidat à l'élection présidentielle, s'est rendu en République populaire démocratique de Corée (nom officiel de la Corée du Nord) où il a été reçu par le numéro un coréen Kim Il sung (grand-père de l'actuel numéro un nord coréen). Embrassades, communiqué commun et tout le toutim. Finalement, pour Philippe Doucet, Gérard Filoche est un mitterrandien qui s'ignore

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22 avril 2016 5 22 /04 /avril /2016 09:54
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17 avril 2016 7 17 /04 /avril /2016 14:12

Emmanuel Macron est sorti du bois. Le petit chaperon rouge n’aurait eu aucun mal, de toute façon, à deviner, justement, de quel bois Macron était fait. La dent carnassière, l’œil brillant, le poil lustré, l’ami de table de Jacques Attali et de François Hollande (c’est chez le premier que le second fit sa connaissance), qui gagna deux millions d’euros en quelques mois de présence à la banque Rothschild, n’a qu’une ambition, non pas de servir la France mais de se servir de la France pour atteindre le pouvoir.

Le petit chaperon rouge ne s’y serait pas laissé prendre et n’aurait donc pas été mangé.

Les millions de chaperons rouges qui défilent dans les rues, qui se battent dans les entreprises, qui discutent sur les places publiques sauront faire rendre gorge aux Macron, Valls, Sapin, Hollande et autres Rebsamen et Le Guen qui tentent de nous mener tout droit à l’abîme.

Ce Le Guen, par exemple, ministre des relations avec le Parlement, strauss-kahnien rallié à Hollande lorsque DSK glissa malencontreusement sur la carpette de sa chambre d’hôtel new-yorkaise, a une idée géniale en pleine tempête de la jeunesse : légaliser la consommation de cannabis. L’idée en soi n’est pas sotte, la prohibition (de quelque nature qu’elle soit et quelque produit qu’elle touche) favorise la pègre et les mafias de tout poil (1).

Mais voilà, alors que la jeunesse est dans la rue et prend sa place, Le Guen agite la feuille de cannabis pour tenter de faire tomber la tension. (On vous refile 500 millions et le nirvana pour que vous laissiez les salariés tranquilles). Quel mépris pour la jeunesse et plus globalement pour le peuple !

Le Guen aux costards aussi bien taillés que ceux de Valls et de Macron (concours d’étalage de fric à chaque séance de l’Assemblée nationale) (2) est celui qui oublia de mentionner 700 000 euros dans sa déclaration de patrimoine. Il faut de tout pour faire un ministre.

Revenons au Macron qui, du jour au lendemain, nous assène que son mouvement –qu’en toute modestie il a baptisé de ses initiales, comme pour des boutons de manchette- a déjà 13 000 adhérents. Tombés du ciel. En fait, l’énarque se sert de son poste ministériel pour préparer son avenir en jouant les rabatteurs pour Hollande, si celui-ci va jusqu’au bout. Ou en jouant sa carte perso, si il n’y va pas. Ce qui les arrangerait en fait, ce serait que la droite revienne au pouvoir en 2017 pour se présenter vierge de toute malfaisance en 2022.

La troisième guerre mondiale est sociale, écrit Bernard Thibault. Il a bien raison.

Elle a commencé et nous allons la gagner.

  1. Il n’est qu’à voir ce que les législations sur le tabac, et l’augmentation considérable de son prix, ont provoqué : augmentation du trafic de cigarettes, donc de la contrebande. Et on sait que les chemins pris par les contrebandiers de cigarettes sont aussi utilisés par les trafiquants d’armes…
  2. Encore que Macron les porte relativement bien, par rapport au Premier ministre dont les chemises collent à la peau et qui ne peut s’empêcher de s’agiter dans tous les sens.
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8 avril 2016 5 08 /04 /avril /2016 00:08

En ces temps perturbés, où le monde sent la guerre et où les possédants se croient encore les maîtres, il ne faut jamais cesser de crier au scandale.

Il y a une affaire Macron.

Et elle est politique.

La France croit qu’elle a un ministre de l’Économie, mais ce poste est inoccupé. A qui fera-t-on croire qu’on est ministre à temps plein quand l’obsession est de créer un mouvement politique à ses propres initiales ? Dans le confusionnisme, nous avions déjà la France bleue Marine. Emmanuel Macron (« ni de droite ni de gauche », dit-il en parlant de son mouvement, reprenant les termes mêmes du Front national) ne se donne même pas la peine de cacher son ego. Son mouvement, c’est lui ; et il est son mouvement.

Mais cela est péché véniel.

Nous avons donc un ministre en titre qui a passé son temps, ces dernières semaines, voire ces derniers mois, à s’occuper de la fondation de son mouvement. A qui fera-t-on croire que les quelques centaines de personnes réunies pour applaudir Macron, le nouveau Messie, à Amiens, sont venues là toutes seules, sorties de rien ? Comme si tout cela n’avait pas été préparé depuis longtemps, au détriment d’un travail de ministre. Il n’est qu’à aller sur le site de En marche pour voir que l’argent de la communication n’a pas été perdu pour tout le monde.

Mais il y a à mes yeux plus grave que ce détournement de la fonction ministérielle. Certains médias s’extasient de cette nouvelle manière de faire de la politique, comme un one man show. Mais, là encore, c’est Le Pen père qui donna le la en arpentant les estrades avec son micro baladeur, il y a déjà plusieurs décennies. Ce n’est pas « ni gauche, ni droite », c’est « nigaud, ni droit ».

Dans la salle où Emmanuel Macron, -paraît-il représentant d’une nouvelle génération, mais à 39 ans, on n’est quand même pas né de la dernière pluie, - les journalistes, nous dit-on, n’ont pas eu le droit de rentrer. Ils ont tout suivi en direct sur Internet. Les seules images dont nous disposons sont donc celles fournies par Macron lui-même. En matière de démocratie et de pluralisme de l’information, on fait mieux.

Et cela résume tout : derrière le masque du jeune prodige, aux dents carnassières, pointe l’autoritarisme et le culte de la personnalité : "mon mouvement, c’est moi" ; "l’information sur moi-même, c’est moi". C’est du Valls en plus souriant. Le locataire de Matignon ne peut s’empêcher de bougonner, de crier, de suer. Il n’apparaît jamais à l’aise, même dans ses costards taillés sur mesure et qui valent bonbons. Mais il y a une différence, quand même : Valls se rêve en Clémenceau, Macron se rêve en Macron.

Le vide politique sidéral du pouvoir –et son incompétence- et de son opposition officielle, secrète les Le Pen, les Macron et les Valls.

Il serait bien temps d’en finir.

P.S- On serait Premier ministre, on virerait Macron pour ne pas avoir fait son boulot de ministre, ce pour quoi il est payé par la République. Mais Valls n’en fera rien. Macron, à l’égal de Sarkozy, est son ennemi préféré. Au petit jeu du plus à droite que moi tu meurs, Valls peut même se trouver à la gauche de Macron, c’est dire.

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20 mars 2016 7 20 /03 /mars /2016 22:43

Distribué dans les boîtes aux lettres de l’agglomération Cœur d’Essonne –vous savez cette structure administrative imposée qui à la fois dépossède les communes et affaiblit les départements (1)- ce week-end un tract siglé de l’agglomération en question et signé d’Eric Braive (vice-président chargé de la Valorisation des déchets, le titre ne s’invente pas) et par ailleurs maire (divers gauche) de Leuville-sur-Orge, et d’Olivier Léonhart, président de la communauté d’agglomération et maire socialiste de Sainte Geneviève des Bois. Ce tract, distribué donc par la Communauté d’agglomération –c’est-à-dire payé par l’ensemble des habitants- est une critique en règle de la grève des employés de la collecte des déchets. Le tract est naturellement un plaidoyer en faveur des responsables de l’agglomération et pas un mot n’est dit des revendications des grévistes ni même de ce qu’en pensent les syndicats.

C’est du même acabit que la loi Travail de Myriam El Khomri, que Manuel Valls, François Hollande, Emmanuel Macron et consorts veulent faire passer par la force ou des jeux politiciens. Pourquoi ? Parce que ce tract démontre la réalité des rapports entre employeurs (fussent-ils une collectivité territoriale) et les employés. Les responsables de l’agglo peuvent faire distribuer un tract et le remettre dans les boîtes aux lettres des habitants, mais les syndicats, eux, n’ont pas ce moyen. La seule information qui circule est donc celle des élus opposés à la grève (dont on ne sait pas, comme indiqué plus haut, sur quoi elle porte).

Bref, une information tronquée, tout à fait dans la ligne de la loi Travail qui tend à inverser la hiérarchie des normes (celle-ci protège le faible –c’est-à-dire le salarié- par rapport au fort –c’est-à-dire l’employeur). En inversant cette hiérarchie, la loi Travail privilégiera tout le temps les employeurs et les salariés se heurteront à autant de Code du travail qu’il y a d’entreprises. C’est bien la même logique : l’employeur s’exprime, mais le salarié doit la fermer.

Ne connaissant pas les motifs de la grève, je ne me prononce pas sur celle-ci. Mais, par contre, l’empressement d’édiles de gauche à attaquer les grévistes –et à faire distribuer leur prose le week-end- me semble déjà suspect (2).

(1) Les départements ont été créés pendant la Révolution pour rapprocher les citoyens du pouvoir central. La droite et une fraction de la gauche dite de gouvernement n’a qu’une obsession : faire rendre gorge aux départements pour s’appuyer sur des structures non élues.

(2) Pendant le même week-end, nous avons reçu un sms non signé et aux propos sibyllins : « en raison d’un mouvement de grève, la collecte n’a pu être effectuée ce matin. Merci de garder vos bacs chez vous. Nous vous tiendrons informés des suites. » Pas de signature. Collecte de quoi ? Des déchets ? On n’en sait rien. On ne sait pas non plus qui envoie ce sms. Transparence quand tu nous tiens….

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5 février 2016 5 05 /02 /février /2016 01:00

Une première remarque, Le Petit Journal se gausse de la télévision cubaine qui réalise, dixit Canal +, un micro trottoir. Tout le monde sait ce que vaut un micro trottoir, et ce dans tous les pays du monde. Le Petit Journal –et notamment un de ses journalistes vedettes- parlera de faux micro trottoir. On peut être en désaccord avec les interviewés, mais en quoi ces micro trottoirs seraient-ils faux ? Les interviewés ne disent-ils pas ce qu’ils pensent ? Seraient-ils des salariés de la télévision cubaine ? On peut trouver partial le choix fait par la télé cubaine (et encore nous n’en avons vu que les courts extraits diffusés par Canal +). À dire vrai, et si on suit la logique de l’émission, le contre « micro trottoir » fait par Canal + le même matin selon la chaîne, est de la même veine. On commence par des gens soutenant Cuba, puis on glisse vers des opposants, notamment une Madrilène qui vitupère le drapeau cubain (1) et qui passait certainement là par hasard…. Mais de cette Madrilène on ne mettra pas la tête sur une affiche en disant « on va vous dire qui c’est celle là » ,comme cela été fait pour deux militants de Cuba Si (cela s’apparente fort aux rewards de l’Ouest américain).

Mais il y a quelques autres petites choses qui donnent le tournis. Canal + nous apprend, pour bien enfoncer le clou, que Cuba est, à leurs yeux, une dictature, que la dernière élection présidentielle (sous entendu au suffrage universel, car c’est bien entendu le top du top en matière de démocratie) aurait eu lieu dans la Grande Ile… en 1958. Tiens donc ! A cette époque c’est la dictature de Batista (une vraie dictature celle-là) qui règne. Le régime corrompu et corrupteur doit faire face à l’insurrection qui progresse dans l’île, aux revendications sociales et au mouvement ouvrier qui se développe et s’organise. Que fait Batista ? une mascarade d’élection présidentielle où se présente un candidat du pouvoir, prête-nom du dictateur. Toutes les forces démocratiques de l’île appellent au boycottage du scrutin. Moins de 20% des électeurs se rendent aux urnes. Nous sommes en novembre 1958. Le 29 décembre, Batista et les siens s’enfuient, avec une grande partie de la pègre. Le 1er janvier 1959, les troupes révolutionnaires entrent dans La Havane insurgée, accueillie par une foule en liesse. « Le fils de pute » des Américains a perdu, pour reprendre l’expression que le président Roosevelt employa à l’encontre du dictateur Somoza du Nicaragua en 1939 : « Somoza est peut-être un fils de pute, mais c'est notre fils de pute. »

Bref, la démocratie que nous a vanté, ce soir-là Le Petit Journal, c’est celle de la dictature, des corrompus, la démocratie des tenanciers de bordel. Mais soyons honnête, c’est sans doute par manque de culture historique qu’on en vient à glorifier le régime de Batista.

Un mot encore sur cette histoire de présidentielle (ah! ah! ah! dernière élection présidentielle en 1958). Le Petit Journal ne parle pas d’élections tout court. Il parle de « présidentielle ». Alors, jouons dans le même registre qu’eux. Quand la dernière élection présidentielle au suffrage universel en Grande-Bretagne a-t-elle eu lieu ? (ah ! mais suis-je bête, c’est une monarque qui est chef de l’Etat, pas d’élection, ouf !), en Allemagne ? (ah ! mais suis-je bête le président sans pouvoir est élu par le Parlement), aux Etats-Unis ? (ah ! mais je suis vraiment bête : les électeurs américains élisent un collège de délégués –avec parfois mandat impératif, selon les Etats- ledit collège pouvant élire un président dont les délégués auraient obtenu moins de voix que son concurrent). Quand a eu lieu la dernière élection présidentielle en Espagne ? (mais, c’est vrai, le dictateur Franco, qui avait une sainte horreur de la République, avait désigné comme successeur le prétendant au trône d’Espagne… exit la République.)

Le pompon de l’affaire c’est la relation de la rencontre à l’Hôtel de Ville de Paris et des attaques assez basses contre les représentants de Cuba Si.

Alors au journaliste vedette du petit Journal qui s’érige en défenseur autoproclamé de la liberté de la presse, qu’il pense, entre autres à Charb et à Wolinski qui ont payé de leur vie leur défense de la liberté de presse, qui étaient tous deux à la direction de Cuba Si et qui étaient de grands amis, des frères de combat des militants de Cuba Si présents à l’Hôtel de Ville.

(1) Rappelons à cette passante sans souci que le drapeau cubain n’est pas celui des barbudos mais a été adopté en… 1902. En dédaignant ce drapeau-là, elle dédaigne toute l’histoire de Cuba du 20e siècle…

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4 janvier 2016 1 04 /01 /janvier /2016 23:19

Nous avons un gouvernement courageux. A la pointe (c’est le cas de le dire) du combat pour les droits humains. Voici que l’Arabie saoudite, grand alliée privilégiée de l’Occident, notamment des Américains et de la France, exécute au beau matin et à l’aube de cette nouvelle année 47 personnes, qualifiées de terroristes et dans un mélange des genres, dans une politique d’otages que tous les régimes totalitaires pratiquent, décapite de véritables responsables d’Al Qaida (alors que la même Arabie saoudite fournit en armes le Front Al-Nostra qui est la branche syrienne d’Al Qaida) et des opposants politiques dont le cheikh Al Nimr, dignitaire religieux chiite et qui, surtout, avait mené la contestation contre le régime des Saoud. Son neveu, Ali Al-Nimr, âgé de 21 ans aujourd’hui et qui était mineur au moment des faits qui lui sont reprochés, notamment d’avoir participé à des manifestations interdites, a été condamné en deuxième instance à la peine de mort et à la crucifixion.

On coupe les têtes et on crucifie dans l’Arabie saoudite où François Hollande et Jean-Yves Le Drian vont jouer les représentants de commerces des sociétés d’armement. On se souvient de l’image de François Hollande, hilare, jouant avec un sabre devant les officiels saoudiens.

Nous avons un gouvernement courageux. François Hollande qui bombe le torse envers les binationaux, n’a pas dit un mot. Laurent Fabius, notre ministre des affaires étrangères est muet comme une carpe. Le Drian se bouche les oreilles. Et pour une fois, Manuel Valls ne pique pas une grosse colère. Christiane Taubira ne dit rien, comme elle en prend sérieusement l’habitude depuis quelques mois.

Seul un porte parole du ministère des affaires étrangères a lu, le 2 janvier, une déclaration que l’on se doit de citer intégralement, tant elle montre que ce gouvernement ne lésine pas quand il s’agit de droits humains : « La France déplore profondément l’exécution samedi par l’Arabie saoudite de 47 personnes, dont un chef religieux chiite.

« La France rappelle son opposition constante à la peine de mort, en tous lieux et en toutes circonstances.

« Elle appelle les responsables de la région à tout faire pour éviter l’exacerbation des tensions sectaires et religieuses. »

Devant ce courage insensé, relevons quand même que cette déclaration ne cite même pas le nom du cheikh exécuté. Elle ne mentionne pas plus les risques que coure Ali Al-Nimr qui peut être exécuté à tout moment. Elle ne dénonce ni la torture ni les procès politiques. Elle ne demande pas la libération des prisonniers d’opinion.

Il est vrai que ce soutien aux régimes autoritaires est une habitude. Jusqu’au bout le RCD de Ben Ali en Tunisie et le Parti national démocratique de Moubarak ont été membres de l’Internationale socialiste….

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4 novembre 2015 3 04 /11 /novembre /2015 09:37

SORTIE AUX ÉDITIONS HELVÉTIUS de

VOIX SANS VOILE

UN LIVRE DE HORRIA SAÏHI

L’auteure, réalisatrice , a réalisé de nombreux reportages au cours de la deuxième partie des années quatre-vingt-dix du siècle dernier, et dans la première moitié des années 2000, dans de nombreuses régions d’Algérie.

Des femmes, victimes des violences et de la guerre et qui ont pris part au combat contre le fondamentalisme, témoignent. Comme l’écrit Horria Saïhi« ces témoignages qui ne peuvent constituer qu’une facette de la réalité », sont la trame de ces multiples récits.

« Témoin du drame que vivait mon pays, aller sur le terrain avec un magnétophone ou une caméra, était pour moi une nécessité vitale, tout comme faire parler, laisser s’exprimer, enregistrer un maximum de témoignages est une responsabilité et un devoir de journaliste dont je ne pouvais me dispenser », écrit-elle.

Sur le terrain, dans des zones où les assassinats sont légions et où des combattants patriotes affrontent les armes à la main des maquis islamistes, Horria Saïhi est allée recueillir des témoignages et fait vivre l’Algérie de ces années de plomb.

Un hommage à toutes les femmes qui ont combattu pour la liberté de toutes et de tous.

208 pages, Il est vendu à 20 euros (*)

Pour tout renseignement : contact@editionshelvetius.com

LE LIVRE D’HORRIA SAIHI EST EN VENTE AU PRIX DE 20 EUROS (**)

(**) + 4,50 € de frais de port

LIEN VERS LE BON DE SOUSCRIPTION

www.editionshelvetius.com/wp-content/uploads/2016/03/BdC_Voix.pdf

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