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8 octobre 2015 4 08 /10 /octobre /2015 16:32

Dans un éditorial (1) plein de bons sentiments –dans le meilleur sens du terme- le directeur de la rédaction de L’Express, le multimédiatique Christophe Barbier plaide pour l’accueil des réfugiés en France. Il le fait, il faut bien le dire, de bonne manière. Mais –car il y a toujours un mais- il faut qu’il finisse en écrivant : « Mais il est une condition : que l’Etat enclenche d’urgence une réforme de l’islam de France, afin de le doter d’une organisation légitime et d’un pacte avec la République condamnant toute dérive intégriste. Cette évolution, d’évidence, ne viendra pas d’en bas : c’est donc au pouvoir politique de l’accomplir, au plus vite. »

C’est évidemment ce demi paragraphe qui pose problème. « Dérive intégriste » peut s’entendre de deux manières : politique ou religieuse. Si c’est la dérive religieuse qui pose problème : en quoi l’Etat est-il en droit d’intervenir ? La séparation des églises et de l’Etat implique aussi que l’Etat ne s’occupe pas du spirituel. Si un chrétien de stricte obédience veut s’obliger à manger du poisson chaque vendredi, libre à lui. Il lui est par contre interdit d’imposer sa poissono-idolatrie à tout le monde. L’intégriste religieux musulman peut faire ce qu’il veut de son corps et de sa nourriture, tant qu’il n’oblige pas tout le monde… et ainsi de suite. Et en quoi les organisations cultuelles juives ou chrétiennes, toute obédience confondue, seraient plus légitimes que l’islam auquel il faudrait donc, si l’on suit Christophe Barbier, doter d’une organisation légitime (sous entendu : elle n’en a pas) ? L’éditorialiste de L’Express va au bout de sa démarche lorsqu’il affirme tout de go que cette réforme ne doit venir que du pouvoir politique… En clair, il politise un débat qui ne devrait être que de nature religieuse.

Si c’est l’intégrisme politique qui pose problème, alors il faut le résoudre par des moyens politiques et non administratifs. Et là aussi ne pas faire d’amalgame en ce qui pourrait être une idéologie intégriste –à combattre par des moyens politiques- et le terrorisme, dont les intégristes d’ailleurs n’ont pas l’apanage.

Parce que le fond, il est bien là. L’intégrisme chrétien (politique et religieux ) existe bel et bien. L’intégrisme juif (politique et religieux ) aussi. Christophe Barbier ne demande pas une réforme du catholicisme, du judaïsme ou du protestantisme.

Finalement, la vision qu’il donne de l’islam est très réductrice. Les routes de l’enfer sont souvent pavées de bons sentiments.

(1) L’Express, n°3352, 30 septembre 2015

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5 octobre 2015 1 05 /10 /octobre /2015 15:56

On est toujours effrayé par la bêtise humaine, encore plus quand elle se conjugue avec la haine de classe. Le PDG d’Air France qui ne doit cette sinécure qu’à l’Etat français, et qui devrait être au service du pays et de la compagnie, n’a aucune honte ni pudeur à décider sur un coin de table où il doit tailler dans le vif des effectifs quand les syndicats et les salariés refusent, avec raison, de travailler plus pour gagner moins (d’autant plus que cet alignement sur les compagnies à bas coûts pose un problème de sécurité pour les usagers). Les PDG, les actionnaires, eux, partent toujours les mains pleines.
Donc, la direction d’Air France, avec l’aval du gouvernement, décide de fermer des escales et de licencier. C’est-à-dire de rendre la vie impossible à des milliers de salariés (et renforcer en même temps, tiens tiens, les transports par autocar si chers au ministre d’Attali, Emmanuel Macron).
Il ne faut donc pas s’étonner que des salariés d’Air France soient venus en nombre au CCE exprimer leur colère. La violence froide des patrons est toujours excusée par Valls et consorts. Mais dès qu’un salarié n’opine pas du bonnet, l’ancien maire d’Evry ne jure que par la trique.

Il est vrai que dans la tradition de Clémenceau, mâtinée de beaux restes de la SFIO, la social-démocratie française a une vieille passion pour la répression et le sang des travailleurs : les chars dans les corons en 1948, les guerres coloniales en veux-tu en voilà, les tortures pendant la guerre d’Algérie. La répression, toujours, contre les salariés qui relèvent la tête. On attend toujours la loi d’amnistie pour tous les salariés condamnés pour avoirs défendus les droits syndicaux, comme on attend toujours un quelconque soutien du gouvernement et du parti socialiste aux salariés licenciés parce que syndicalistes. Il est vrai que parader devant le Medef permet à certains de préparer leur avenir en cas de défaite électorale.

La gauche de cette social-démocratie à la française va-t’elle enfin réagir autrement que par des discours ? Si elle reste le cul coincé entre deux chaises, elle portera aussi la responsabilité de ce qui risque d’advenir de la France des salariés.

La bêtise élevée au rang des beaux-arts, c’est encore et toujours Emmanuel Macron, le rival de Valls, affirmant que les pilotes d’Air France sont irresponsables et qu’ils doivent accepter des sacrifices. Venant d’un homme, on ne cessera de le rappeler, qui gagna deux millions d’euros en un an et demi de travail chez Rothschild, cela pue l’insolence et surtout l’inconscience.

Dans le domaine de la tartufferie toujours, on peut encore citer notre président de la République qui, doctement, demande aux Russes de ne s’en prendre qu’à Etat islamique (le président prononce dash, pour grande lessive certainement). Il ne faut donc pas, selon lui, que les Russes s’en prennent, par exemple, au front Al Nostra, qui est pourtant la branche syrienne officielle d’Al Qaida.

De qui se moque le président ? Ou est-il encore sous le charme de sa dernière visite en Arabie saoudite -le pays qui décapite au sabre, qui bombarde les sites classés de Saada (Yémen) et qui met le feu dans toute la péninsule arabique ?

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30 septembre 2015 3 30 /09 /septembre /2015 23:01

Manuel Valls –et de la même manière Marylise Lebranchu, sa ministre de la fonction publique ce soir sur I Télé interviewée par Olivier Galzi- se croit au dessus des lois. Décrétant tout seul ce qui est bon pour les fonctionnaires, il décide de mettre en application, au mépris de la loi un accord minoritaire. C’est le fait du prince. La démocratie est une fois de plus bafouée et si le Premier ministre peut se défaire de la loi, c’est la porte ouverte à tous les débordements.

Pas un seul responsable socialiste n’a, jusqu’à ce soir, crié son indignation. Les nouveaux godillots ne mouftent même plus sur les questions sociales et de représentativité.

Manuel Valls est sans doute un rebelle qui se cache, tout comme son complice-rival Emmanuel Macron, le chouchou de Jacques Attali. En tout cas il est devenu un hors-la-loi…. Et il reste Premier ministre.

François Hollande qui paradait au congrès de la CES montre, lui aussi, le peu de cas qu’il fait des salariés et ce qu’il entend par le dialogue social : « C’est comme j’vous le dit, et fermez là », dit-il en substance. Le retour de bâton risque d’être sévère et saignant.

Dans un autre registre, le matamore François Hollande a fait bombarder un centre de formation des nouvelles recrues de l’organisation Etat islamique en Syrie. L’Organisation syrienne des droits de l’Homme(OSDH) a indiqué que parmi les morts se trouvaient douze enfants soldats. Certes, les criminels de EI sont les premiers responsables du massacre en enrôlant de force ces enfants. Mais François Hollande se donne une posture de guerrier à bon compte. Ce n’est pas aux enfants qu’il faut faire la guerre –fusent-ils soldats-, mais à ceux qui arment, financent, achètent du pétrole, commercent avec EI.

Qu’allait donc faire en Arabie saoudite le président Hollande ? (1)

(1) A part jouer avec un sabre, au moment même où cinq têtes étaient tranchées dans ce pays si démocratique….

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29 septembre 2015 2 29 /09 /septembre /2015 10:58

François Hollande aime rouler des mécaniques, surtout lorsque cela n’a aucune conséquence. A la tribune de l’ONU le 28 septembre –en l’absence dans la salle de Vladimir Poutine, de Barack Obama et de Ban Ki Moon, les trois déjeunant ensemble, ce qui en dit long d’ailleurs sur l’intérêt suscité par les prises de position françaises- le Président le plus impopulaire que la France ait connu a joué au matamore.

A propos de la Syrie François Hollande a eu cette formule définitive : « on ne peut pas faire travailler ensemble les victimes et le bourreau » (on ne peut pas avoir ensemble l’armée syrienne et l’opposition armée). Mais il ne s’agit pas de les faire « travailler ensemble » mais de savoir comment on s’oppose et on vainc l’organisation Etat islamique.

Bien sûr, Assad est un dictateur (en fait, en Syrie c’est plutôt une dictature collective). D’un pays laïc, mais dictateur quand même. Bien sûr, il est le premier responsable des massacres et de la situation qui en découle. Bien sûr qu’à terme son régime ne peut faire partie de la solution politique, mais la question est bien celle-ci : comment faire aujourd’hui pour se débarrasser militairement et politiquement de l’organisation Etat islamique ? Et François Hollande là encore, n’ouvre aucune piste.

Car quand le Président français, chef des armées, organise des frappes aériennes sur le sol syrien, il viole bien, toute honte bue, la souveraineté nationale syrienne. Il fait comme si la Syrie était de nouveau sous mandat et, cette fois, sans autorisation des organisations internationales. Mais, surtout, ce type de frappes est inefficace, selon la plupart des experts militaires et risque bien de créer des dégâts collatéraux, comme on nomme la mort de civils.

François Hollande serait plus crédible si il n’avait, en tant que premier secrétaire du PS pendant dix ans, soutenu jusqu’au bout les dictatures tunisienne et égyptienne (dont les partis au pouvoir étaient membres de l’Internationale socialiste, comme le PS). Il serait plus crédible s’il ne se jetait pas dans les bras de la monarchie saoudienne, pas réputée pour sa démocratie. Publiquement, nous n’avons jamais entendu François Hollande fustiger le royaume saoudien, qui est le pays qui exécute le plus au monde, où des centaines de détenus politiques croupissent dans les prisons, dont l’armée intervient –et bombarde moult civils- au Yémen, comme elle était intervenue, avec le conseil de coopération du Golfe au Bahreïn pour museler par la force toute opposition.

Pour le président de la République il y a donc les bons et les mauvais dictateurs.

Est-il donneur de leçon ou simplement attiré par l’odeur du pétrole ?

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25 septembre 2015 5 25 /09 /septembre /2015 16:05

On n’ose pas dire qu’il y a parfois des imbéciles heureux… la justice risquerait de nous rattraper, par ces temps où la judiciarisation abusive touche tous les domaines.

Olivier Faure qui est l’un des porte parole du PS et député de Seine-et-Marne (tout comme son collègue porte parole lui aussi Eduardo Rihan Cypel –ce qui est amusant d’ailleurs c’est que ces deux là sont toujours très content d’eux-mêmes et de la politique gouvernementale) nous livre le fond de sa pensée sur les réfugiés. Dans un point de vue, le député Faure y va de ses grandes phrases pour nous dire que les réfugiés, donc, marchent vers la liberté, parce qu’ils marchent vers l’Europe et non pas vers l’Iran. Dans le courrier des lecteurs de L’Humanité Christian Kazandjian relevait toute l’inanité d’une telle déclaration. L’Iran compte sur son sol plusieurs millions de réfugiés afghans. Effectivement, les réfugiés ne marchent pas vers le Qatar ou l’Arabie Saoudite, comme le dit également dans sa tribune Olivier Faure, tout simplement parce que ces pays ferment leurs frontières et qu’une répression impitoyable y sévit. Mais ce que ne dit pas le brillant député socialiste, c’est que le Qatar et l’Arabie saoudite sont de fidèles alliés de la France et que le président Hollande n’hésite pas une seconde à aller faire des courbettes à Riyad, capitale du pays où il y a le plus d’exécutions capitales au monde et qui intervient brutalement, et sans l’ombre d’une protestation occidentale, au Yémen.

Olivier Faure se félicite des « réactions fortes de la France et de l’Allemagne » qui « doivent susciter un élan dans les autres Etats européens ». Mais la France d’Olivier Faure va accueillir en deux ans 24 000 réfugiés. Deux ans. Or, la guerre en Syrie, en Irak, la situation de guerre en Afghanistan (et je ne parle même pas des guerres françaises en Afrique) ont lieu maintenant. C’est maintenant qu’il faut accueillir les centaines de milliers de réfugiés qui représentent désormais le quart de la population du Liban. Il y a également 600 000 réfugiés syriens en Jordanie, pour une population de 8 millions d’habitants.

Olivier Faure n'évoque pas, même du bout des lèvres, les 600 000 réfugiés ukrainiens accueillis par la Russie et dont l'Europe occidentale se fout comme d'une guigne.

On est loin du compte avec l’accueil promis par François Hollande. Il faut faire vite : accueillir les réfugiés et en même temps faire cesser les guerres qui enveniment le monde. Les rôles joués d’abord par le pouvoir sarkozyste et ensuite par le côté va-t’en guerre de François Hollande et Manuel Valls (plus je bombe le torse, plus j’apparais grand) ne vont pas dans ce sens. De toute façon, question guerre François Hollande les perd toutes, à commencer par celle contre le chômage….

Olivier Faure ne se contente pas de passer la brosse à reluire aux dirigeants français et allemands, il parle des « fondements humanistes de l’Europe telle qu’elle a été pensée par ses pères fondateurs après la Seconde guerre mondiale. » Ces valeurs étaient tellement humanistes que le parlement français (dont la moitié des députés socialistes) a refusé en 1954 la Communauté européenne de défense et que la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA), ancêtre des institutions européennes actuelles a, elle été votée, mais était loin de faire l’unanimité. Le bilan de cette Europe là ne va pas, en tout cas, dans le sens de l’humanisme. La CECA, puis ensuite la Communauté européenne ne s’est pas émue des guerres coloniales, dont ses membres, dont la France, étaient parties prenante. Elle ne s’est pas émue non plus des dictatures fascistes en Espagne et au Portugal, puis en Grèce. Elle ne s’est pas opposée à la guerre du Vietnam. Elle a laissé la Turquie mener la guerre au peuple kurde. Elle a laissé la Grande Bretagne mener une véritable guerre, même si dans les formules des spécialistes, elle était de basse intensité, contre les républicains irlandais. Bref, la Communauté, puis ensuite l’Union européenne, s’est toujours complu dans les guerres menées à l’étranger. Et elle s’est abusivement appropriée le nom d’Europe, alors que la majorité des pays du continent n’en étaient pas membres.

La paix sur le continent jusqu’en 1991 (si on exclut la guerre contre les Kurdes et la situation en Irlande du Nord) n’est pas due aux vertus humanistes de la « petite Europe » mais au rapport des forces avec une Europe divisée en deux. La meilleure preuve a contrario est que depuis la disparition des pays socialistes d’Europe, la guerre a repris (ex Yougoslavie, Transnistrie, Caucase, Ukraine…) alors que l’Union européenne était toujours là.

Comme quoi la guerre et/ou la paix ne dépend pas de l’existence ou non de l’Union européenne et de ses valeurs libérales.

Olivier Faure nous bassine avec son modèle européen qui, dans tous les domaines a fait faillite.

Il est temps, pour les réfugiés et pour les peuples d’Europe –de toute l’Europe- de passer à autre chose.

(1) L'Humanité du 7 septembre 2015, où plusieurs tribunes traitaient de la question des réfugiés.

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11 août 2015 2 11 /08 /août /2015 01:45

François Rebsamen s’en va. Certes, le de nouveau maire de Dijon, qui a quand même 64 ans et pourrait s’arrêter là, n’abandonne pas tout. Il se met simplement au vert. Sur d’avoir un poste sur jusqu’en 2020.

Ainsi sont-ils.

Quand le président de la République fait de la lutte contre le chômage la pierre angulaire de sa politique et que son propre ministre (et "hollandais" historique) s’en va en cours de route, cela fait tâche.

C’est tout simplement une désertion en rase campagne à moins que Manuel Valls, qui s’était opposé à ce François Rebsamen lui succède au ministère de l’Intérieur (alors que le maire de Dijon ne rêvait que de cela), n’ait eu la peau d’un proche de Hollande (il faut dire que l’échec de Rebsamen est patent, tout comme ses calinades au patronat (1) sont parlantes).

Valls fait désormais comme si il était le patron. Et le PS, « frondeurs » compris, se transforme en parti godillot.

« Chômeurs, je vous laisse », nous dit en fait Rebsamen. Mais ce n’est pas le ministre du travail seul qui doit partir. C’est tout le gouvernement, le président et leur majorité parlementaire qui avalise la politique gouvernementale qui doivent s’éclipser.

Ce ne serait que justice.

(1) Rappelons que c’est ce ministre du travail qui proposa de supprimer un certain nombre de seuil, allant même au devant des désirs de Pierre Gattaz.

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11 août 2015 2 11 /08 /août /2015 01:15

Comme on le sait, Paris-Plage invite pour une journée Tel-Aviv. En soi l’information ne vaudrait pas tripette si ce n’est que le gouvernement d’Israël est en guerre contre le peuple palestinien et que Tel-Aviv est la capitale d’Israël (1).

Ce n’est évidemment pas à Tel-Aviv et aux habitants de cette ville qu’il faut s’en prendre, mais au symbole que signifie l’invitation officielle fait à une grande ville israélienne par la mairie de Paris alors que le blocus de Gaza continue, que la répression s’intensifie dans les territoires occupés et que l’Etat d’Israël lui-même n’a jamais respecté une seule décision de l’ONU bien qu’il soit une création ex nihilo de l’organisation internationale.

Inviter Tel-Aviv aujourd’hui, c’est mettre, chacun doit être à même de le comprendre, de l’huile sur le feu, et être responsable d’incidents à venir au cœur même de Paris. Les défenseurs acharnés de la politique israélienne vont s’en donner à cœur joie tandis que des provocateurs –parfois les mêmes d’ailleurs- surfent déjà sur l’antisémitisme.

Des officiels de la mairie de Paris tentent de noyer le poisson en opposant la politique de la municipalité de Tel-Aviv (qui serait progressiste) à celle du gouvernement israélien (2).

Le maire de Tel-Aviv est effectivement membre du parti travailliste qui, en alliance avec le nouveau parti de Tzipi Livni a affronté les électeurs lors des dernières législatives sous le nom d’Union sioniste. Il n’est sans doute pas considéré comme un faucon, mais il a passé 26 ans (plus d’un quart de siècle tout de même) comme militaire dans l’armée israélienne (les forces aériennes, celles qui bombardent…), où il a fini au grade de général de brigade et directeur de l’Ecole de l’armée de l’air. On aura connu mieux comme chantre de la paix.

En prenant cette décision la mairie de Paris a également signé l’arrêt de mort de Paris Plage. Car à partir de ce fameux 18 août, le concept aura définitivement changé de sens.

(1) A ma connaissance, le fait que Tel-Aviv soit la capitale de l’Etat d’Israël n’est pas mentionné sur le site de la Mairie de Paris. Serait-ce pour ne pas choquer Nétanyahou, ou même les travaillistes israéliens, qui ne reconnaissent comme capitale que Jérusalem « réunifiée », c’est-à-dire la ville dont la partie orientale a été purement et simplement annexée en 1967 ? Un état de fait qu’aucun Etat au monde ne reconnaît.

(2) A aucun moment le maire de Tel-Aviv n’a condamné la politique du gouvernement israélien en Cisjordanie, ni a fortiori la guerre criminelle commise contre le peuple de Gaza.

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5 juillet 2015 7 05 /07 /juillet /2015 17:32

Xavier Bertrand, l’inoubliable ancien ministre du travail –cinq ans de régression sociale pendant les trois gouvernements Fillon sous la présidence de Sarkozy- et ancien ministre de la santé sous le gouvernement Villepin (présidence Chirac), peut difficilement s’exonérer du bilan désastreux de sa participation au pouvoir. Politique désastreuse qu’ont continué et en partie amplifié les gouvernements Ayrault et Valls.

Cela ne l’empêche pas de montrer les crocs et de dévoiler –par delà le tissu de mièvreries mielleuses qu’il nous débite à chaque passage sur les ondes- sa vraie nature. Le député-maire (Les Républicains, du nom du parti néo nazi allemand) de Saint Quentin s’en prend à Alexis Tsipras, rivalisant dans la haine de classe avec Michel Sapin et Nicolas Sarkozy.

Pour lui les Grecs sont « victimes de décennies de mensonges (…) d’une classe politique qui a été en dessous de tout ». Rappelons à notre amnésique candidat à la primaire de la droite pour la présidentielle de 2017, que les gouvernements grecs qu’il fustige aujourd’hui –et dans lesquels Alexis Tsipras ne portait aucune responsabilité puisqu’il combattait à la fois la droite et le Pasok, le parti membre de l’Internationale socialiste- étaient du même bord politique que lui même.

Depuis la chute de la dictature des colonels en 1974 et jusqu’à l’élection de Tsipras en janvier dernier, Nouvelle démocratie (ND) et Pasok ont alterné au pouvoir, parfois les uns et les autres avec l’appui de l’extrême-droite. La Nouvelle Démocratie (dont le leader Antonis Samaras a été au pouvoir de juin 2012 à janvier 2015), le « parti frère » des partis de la droite européenne, est adhérente au parti populaire européen auquel adhérait également l’UMP et aujourd’hui son succédané. Xavier Bertrand jette donc avec l’eau du bain ses propres frères en libéralisme. Il y en a qui ont la trahison marquée au front.

Mais par delà les gesticulations de l’ancien secrétaire général de l’UMP, ce qu’il dit montre bien qu’une large partie de la droite française (et une partie des sociaux démocrates européens) sont prêt à tout pour empêcher toute idée progressiste en Europe. Il s’en est ainsi pris au ministre grec des finances qui estimait que les créanciers de la Grèce, jouant sur la peur, pouvaient être qualifiés de terroristes. « Notre pays a été blessé dans sa chair, un peu de décence ne lui ferait pas de mal à ce monsieur », tonne comme il peut monsieur Bertrand. Faut-il lui rappeler que question terrorisme et dictatures les Grecs savent de quoi ils parlent ? Ce sont les Chicago's boys et les tenants d’un libéralisme débridé qui ont imposé la dictature des colonels à la Grèce, avant de partir épauler celle de Pinochet au Chili. Quand les détenus politiques peuplaient les prisons et étaient déportés dans les îles, les amis politiques de M. Bertrand la bouclaient. Notre grand démocrate agite la menace : « si la Grèce dit non elle sort de l’euro », et vilipende Tsipras qu’il qualifie de « menteur (…) démagogue (…) populiste » et l’accuse d’avoir commis un « vol à main armée » envers le créanciers de la Grèce. Si l’on suit le raisonnement de Xavier Bertrand un auteur de vol à main armée mérite la prison. Le député picard lance, de fait, un appel au coup d’Etat.

Depuis 1871 et l’écrasement de la Commune de Paris, les Versaillais n’ont jamais désarmé. Ils sont prêts à tout pour conserver leur pouvoir.

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20 juin 2015 6 20 /06 /juin /2015 11:37

Manuel Valls décrédibilise encore plus la fonction de Premier ministre. Après avoir cru normal de prendre un avion de la République pour aller assister au match du Barça à Berlin (peut-être pensait-il aussi que cela fait peuple d’apparaître comme un supporter…) en emmenant ses enfants toute honte bue ; avoir fait passer en force (une deuxième fois et sans doute pas la dernière) le projet de loi Macron à l’Assemblée parce qu’il avait peur de ne pas recueillir de majorité par un vote normal, le voilà qui repart à l’attaque et, au lieu de s’en prendre au chômage, aux bas salaires, à l’emploi industriel (où le bilan de trois ans de gouvernements Ayrault Valls est quand même marqué par une aggravation de la situation), il s’en prend à Christiane Taubira sur les 32 heures. La Garde des Sceaux a dit une phrase très juste, que partagent tous ceux qui connaissent le travail et sa valeur autrement que par le biais de la valeur du capital : « J’estime que l’idéal, c’est que les gens puissent travailler 32 heures dans une semaine. Pour avoir du temps pour se consacrer aux autres dans des associations. Pour avoir le temps d’aller au musée, pour avoir le temps quand c’est possible d’aller sur la plage, de déambuler, de marcher, de parler à ses voisins, d’aller en librairie, au cinéma, au théâtre, etc. Voilà la société dont on peut rêver » Elle n’évoquait pas même l’idée de le faire maintenant, elle parlait d’un rêve, d’une utopie. Mais avec Valls on n’a pas le droit de rêver et sa réponse est affligeante. Il « tacle » et parle d’autre chose. La morgue de classe renaît sous les traits hautains du maître de Matignon : « Le travail, c’est une valeur. Le mérite, c’est une valeur. Et l’engagement que les Français attendent aujourd’hui pour leurs enfants et leurs petits-enfants, c’est une bonne formation pour avoir demain un bon travail. Soyons pragmatiques, sortons des dogmes, engageons nous pour la croissance et le travail pour notre pays. C’est mon action ».

Outre que son action est inefficace, l’homme qui fit moins de 6% à la primaire socialiste pour la présidentielle de 2012 est insultant à la fois pour ceux qui ont du travail et pour ceux qui n’en ont pas. La seule solution qu’il donne : avoir aujourd’hui une bonne formation pour avoir du travail demain. (En somme : demain on rase gratis). Et les milliers de jeunes qui sortent des écoles et des universités et qui n’ont pas de travail aujourd’hui ? Et la précarisation du travail salarié ? Et la fermeture des usines et des entreprises de recherche ? Motus et bouche cousue. Diminuer le temps de travail, le rendre moins pénible permettraient d’embaucher, mais de cela le Premier ministre n’en a cure. Il faudrait, pour qu’il puisse y songer une seconde, qu’il connaisse le travail. Mais c’est peut être trop demander au président de la République, au Premier ministre et à la plupart des actuels ministres.

Sur un autre point Manuel Valls frôle le zéro degré de la pensée politique (pour ne pas dire de la pensée tout court). En réponse aux propos imbéciles et dangereux de Nicolas Sarkozy, il a cette sortie : « tous les responsables politiques doivent, dans l’attitude comme dans le langage, être au niveau que les Français attendent », ce qui, d’ailleurs n’est pas fondamentalement une critique mais sonne bien mal dans la bouche de l’homme qui a stigmatisé les Rroms, qui fait donner ses forces de répression contre les migrants et qui trouvait que sur le marché d’Evry il n’y avait pas assez de « blancos ».

De fait, Sarkozy et Valls jouent le même jeu. Le Premier ministre pense que François Hollande est out. Et Sarkozy lui semble être le meilleur repoussoir. Il pense pouvoir surfer de nouveau sur le rejet de l’ancien président de la République et faire croire que le match opposera les deux hommes. Mais la politique n’est pas un match, c’est l’appropriation par le peuple de son avenir. Il est vrai que pour quelqu’un qui n’a connu que les palais et écuries présidentiels, c’est dur à comprendre.

Le supporter cinq étoile du Barça, n’est qu’un homme de droite dont le rêve ne s’appelle que pouvoir.

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23 mars 2015 1 23 /03 /mars /2015 09:33

D’après le site 94.citoyens.com (link) Luc Carvounas, -proche de Manuel Valls, il fut son directeur de campagne durant la calamiteuse tentative de celui-ci pour les primaires socialistes- qui cumule premier secrétaire fédéral du PS du 94, maire d’Alfortville, secrétaire national du PS, sénateur du Val-de-Marne a déclaré à l’issue du premier tour des départementales (1) : « Les électeurs nous font confiance malgré les jeux de politique politicienne de quelques officines, notamment celles de la place du colonel Fabien, qui ce soir est en passe de faire peut perdre peut-être 20 départements à la gauche. Si la gauche était rassemblée au premier tour, nous serions premiers en France (…). Nous ferons l’unité, mais pas à n’importe quel prix. La discussion qui se tiendra avec le PCF lundi ne sera pas un chèque en blanc. Il n’est pas question de les soutenir pour voir  fleurir demain des calicots contre le gouvernement devant tous les collèges. » Au lieu de s’en prendre à la droite, l’élu socialiste s’en prend à la gauche et d’abord au PCF avec des phrases que ne renieraient pas l’extrême-droite, en parlant de la place du colonel Fabien, siège du PCF, comme étant le siège d’officines.

A la télé, hier soir, le plurimandaté sénateur reprochait à ce qu’il n’y ait pas eu d’union au premier tour. Rappelons-lui que lors des cantonales il y a toujours eu pluralité de candidatures à gauche au premier tour et que cela n’a pas empêché le parti socialiste d’être à la tête de 61 départements après les élections de 2011.

Ce n’est, bien sûr, pas la faute des électeurs si le PS se ramasse gamelles sur gamelles mais il s’agit bien de la sanction d’une politique donnée. Et l’argument de dire que c’est la pluralité des candidatures à gauche qui ferait perdre une vingtaine de départements au PS est ridicule. Si les électeurs ne votent pas PS, c’est d’abord au PS qu’il faut s’en prendre. Et Carvounas fait semblant de croire que les électeurs marchent au sifflet et qu’ils voteraient tous comme un seul homme et une seul femme pour des listes de « gauche ». Carvounas rêve en fait du parti unique, aux ordres du Premier ministre en chef (avec interdiction de contester la ligne de celui-ci).

En ce qui concerne le Val-de-Marne, le premier secrétaire fédéral du PS fait comme si il voulait faire gagner la droite. Il oublie que les candidats socialistes présents au second tour auront aussi besoin des voix Front de gauche contre celle-ci, et pas seulement dans le Val-de-Marne.

 

(1) Le Front de gauche-PCF sera présent au secod tour (en tête de la gauche et qualifié, comme on dit) dans 11 cantons (soit 22 candidat-e-s titulaires), le PS dans 8 (soit 16 candidat-e-s titulaires).

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