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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 19:21

Je n’étais pas décidé à écrire dans ce blog sur les élections départementales dans le nouveau canton de Sainte-Geneviève-des-Bois. Plusieurs choses m’y ont poussé :

1- Le meeting essonien du Premier ministre qui distille la peur à tout va, tout en menant une politique de rigueur toujours pour les mêmes, qui participe à la liquidation des droits sociaux et qui, avec François Hollande, entraîne la France dans des guerres tout azimut.

2- Une lettre reçue du maire de Sainte-Geneviève-des-Bois, comme tous les habitants de la commune qui fait comme si ces élections n’étaient pas directement politiques et ne parlant que du travail réalisé par le candidat sans évoquer les choix politiques du département et du gouvernement.

3- Le passage de militants socialistes au porte-à-porte faisant la campagne de Petitta « vous savez ! tout ce qu’il a accompli… », uniquement et reconnaissant du bout des lèvres que Marjolaine Rauze est tout autant candidate que le premier pour être conseillère départementale.

Je dis les choses clairement : je ne voterai pas, au premier tour donc, pour Frédéric Petitta. Je précise, pour que les choses soient claires : je n’ai rien contre l’homme, qu’au demeurant je ne connais pas, c’est un choix politique. J’aurais été électeur inscrit à Morsang-sur-Orge, j’aurais sans réticence voté Marjolaine Rauze, mais il se trouve que je suis Génovéfain. Au soir du premier tour, le résultat du scrutin aura un impact politique. Je ne veux pas que ma voix soit comptée comme favorable à un gouvernement qui mène une politique anti-sociale et de guerre et qui par là fait le lit de l’extrême-droite (1). Or, je sais que seront comptabilisées comme socialistes les voix qui se porteront sur Petitta à Sainte-Geneviève-des-Bois (ville).

Je ne veux pas non plus être entraîné dans la défaite. Frédéric Petitta lors des dernières cantonales a fait cinq points de moins que son prédécesseur Pierre Champion dans le même type de configuration qu’aux élections précédentes, c’est-à-dire avec un candidat communiste. Compte tenu de la politique gouvernementale, tout indique que sur la commune, Frédéric Petitta fera encore moins qu’en 2011. C’est donc, par avance, un candidat de l’échec. Frédéric Petitta est par ailleurs socialiste, même si comme en 2011 il avance sans dire qui il représente (la peur de perdre, sans doute). La campagne menée par le vice-président socialiste du conseil général est apolitique et avance des présupposés dangereux. Notre candidat affirme ainsi qu’il représentera les intérêts des Val d’Orgiens. Or, une élection n’est pas faite pour que chaque conseiller départemental ne se positionne qu’en fonction des intérêts de sa ville ou de son canton. C’est l’intérêt général qui prime. Et pour ma part j’aurais préféré que le candidat de la gauche gouvernementale dise qu’il représentera le monde du travail et les classes populaires.

D’autre part, on nous appelle à voter pour des conseils départementaux dont les attributions n’ont toujours pas été votées au Parlement et alors que Manuel Valls s’était prononcé pour la disparition d’un certain nombre de département. Un coup, on défend l’agglo, qui est pourtant un maillon non démocratique et qui retire des attributions aux autres collectivités territoriales, un coup le département dont on ne sait même pas ce qu’il sera. Le vote de dimanche aura donc bien un sens politique et il doit être celui de la sanction contre ce gouvernement en ouvrant une autre politique à gauche. Or, à ma connaissance, Frédéric Petitta n’a jamais critiqué publiquement la loi Macron ni les autres textes de régression sociale du gouvernement. Il n’est pas frondeur. Il ne propose pas une alternative politique au gouvernement en place. Il ne dénonce pas le traité européen de Lisbonne. Il n’a pas protesté contre les propos haineux de Malek Boutih, député PS de la circonscription à l’encontre du maire PCF-Front de gauche de Grigny. Je ne l’ai pas entendu, –mais j’espère me tromper- contester la politique de Manuel Valls parlant de changer la population des quartiers populaires. Enfin, Frédéric Petitta, comme le PS et les grands médias, fait comme s’il n’y avait qu’un tour. Or, il y en a deux.

On aurait pu avoir deux candidats de rassemblement autour du Front de gauche et du PCF. Ces candidats auraient pu ouvrir un espoir de changement et se retrouver en tête de la gauche au premier tour. En choisissant de mettre en avant un conseiller général socialiste, on prend le risque de laisser place à la droite.

Mais justement il y a deux tours. S’il y a danger de droite ou d'extrême-droite au deuxième tour, je voterais pour les candidats de gauche arrivés en tête. Est-ce que le conseiller général socialiste est prêt à prendre un engagement similaire ?

(1) Le pire c’est que le PS joue de cette peur pour mettre une nouvelle fois le vote utile –c’est-à-dire pour lui-, en avant. Et pour un PS accroché à la politique gouvernementale et reprenant, toute honte bue, toutes les inepties économiques et sociales de la droite.

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31 janvier 2015 6 31 /01 /janvier /2015 19:13

Les Éditions Helvétius (link) viennent de publier Snecma, Des femmes et des hommes debout (1). Essai biographique de militant-e-s CGT de l'usine de Corbeil, coordonné par Claude Doucet. Ci-dessous la préface.

snecma-couv-pub-01.jpeg


POURQUOI CE LIVRE ?

Si le titre n’avait pas déjà été pris par le réalisateur italien Elio Petri en1971, on aurait titré ce livre La classe ouvrière va au Paradis. Avec un patron qui s’appelait d’Enfer, cela aurait fait le lien. Le paradis, donc. Ce n’est pas spécialement ce que nous content a priori les acteurs de ce livre. Ils et elles nous parlent du travail concret, des luttes sociales, des grèves, de la précision extrême du travail quand on fabrique des moteurs d’avion, de leur fierté d’avoir fait évoluer leur entreprise, la Snecma, aujourd’hui dans le groupe Safran, du tout militaire à la construction civile. Ce n’est pas tous les jours le paradis, mais la solidarité ouvrière qui s’exprime, la solidarité de classe qui est chevillée au corps de leur organisation syndicale–la CGT- a des odeurs de jardin d’Éden. Une des belles figures de ce livre –il n’aurait d’ailleurs sans doute pas apprécié qu’on le sorte du lot- est ce prêtre ouvrier, fraiseur, syndicaliste, défenseur des exploités et exploité lui même et qui voulait construire le paradis sur terre. Mais tous ceux qui témoignent, ou dont on raconte des bribes de leur vie, voulaient pour eux-mêmes et les autres cette part de paradis, qu’un capital à l’égoïsme glacé nous refuse à tous.

Alors, certes, ce livre peut paraître un peu particulier. Il s’agit d’allocutions de   « pots de départ » en retraite, de témoignages recueillis ou écrits par les intéressés, rédigés bien souvent sous forme de biographie ; d’extraits de rapports syndicaux, d’analyses faites à chaud. On pourrait croire l’exercice lassant. Il n’en est rien. Car cette formidable idée des syndiqués préretraités et retraités de la Snecma –de faire un recueil de ce que d’habitude on célèbre entre nous- est une véritable descente au coeur du monde du travail.

On lira des styles divers, cela raconte plusieurs fois la même histoire, mais à chaque fois vécue différemment. En fait, il n’y a pas meilleur moyen que celui-ci pour montrer la réalité de la classe ouvrière, du monde du travail. Les joies, les peines, les luttes. A l’heure où le mot bénévolat est mis à toutes les sauces, on (re)découvre ce que le mot militant veut dire. Chacun, chacune est militant-e à sa manière. Mais le fil conducteur est bien de dire, non seulement « on ne se laisse pas faire », mais « on veut faire progresser toute la société ».

On y découvre la vie politique et sociale qui défile ; les anciens de la Résistance, les grévistes de 1968, les travailleurs solidaires du peuple algérien, luttant contre la guerre du Vietnam, parlant du Chili et de tout ce qui se passe dans le monde.  Le monde ne leur est pas étranger.

On y découvre, page après page, la fierté des ouvriers, des techniciens, des contrôleurs, des cadres de leur travail. L’amour de la pièce bien faite, la fierté de concevoir de nouvelles pièces pour des nouveaux moteurs et en même temps, les affrontements avec la direction qui sont au coeur des contradictions au sein des entreprises. Ils et elles ne lâcheront rien sur le respect que l’on doit avoir à celui ou celle qui travaille. Ils et elles ne lâcheront rien sur leurs droits, salariaux, d’expression, de conditions de travail, mais aussi le droit à la culture, aux loisirs, au sport, aux vacances.

Tout cela montre que l’existence de syndicats dans l’entreprise-dans toutes les entreprises- est une nécessité. Sans la lutte obstinée des salariés de la Snecma, la France ne produirait pas de moteurs d’avion civil. Il faut lire ces passages où on évoque le moteur Olympus (celui du Concorde, construit avec Rolls-Royce) et la joie de voir ces gros engins venir saluer les salariés quand ils prennent pour la première fois leur envol.

En filigrane de ces textes, la plupart du temps teintées d’humour, on comprend l’urgence d’une réindustrialisation de la France. Une industrie de notre temps, qui tienne compte des facteurs environnementaux et de santé mais qui soit un plus pour le pays entier. Les salarié-e-s de la Snecma se sont constamment battus pour l’emploi. Non seulement pour le sauvegarder mais aussi pour embaucher.

Lire le récit de ces luttes, c’est se donner des armes pour aujourd’hui. Plus il y aura d’emploi, et des salaires décents, plus les cotisations sociales rentreront dans les caisses de l’État.

C’est pour toutes ces raisons évoquées ci-dessus que les Éditions Helvétius ont proposé d’éditer ce livre, dès que Claude Doucet nous a évoqué ce projet, et de le diffuser en dehors même de la sphère des anciens de la Snecma.

Faire connaître, par de multiples voies, les réalités du monde du travail, c’est notre objectif principal.

Nous étions donc, tous et toutes, sur la même longueur d’ondes.

Jacques Dimet

Éditions Helvétius

 

(1) Snecma, des femmes et des hommes debout. Coordonné par Claude Doucet. Éditions Helvétius, 208 pages, dos collé, 22 € TTC. contact@editionshelvetius.com

site web: www.editionshelvetius.com

facebook.com/editionshelvetius

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28 janvier 2015 3 28 /01 /janvier /2015 01:27

Article paru dans le numéro spécial de la NVO "Charlie j'écris ton nom" (link)

NVO-Charlie.jpg

 

 

Un océan de larmes

 

Des amis, des frères, des camarades, des potes en quelque sorte. On ne sait plus quoi trop dire ou trop quoi écrire.

Ils ont fait partie de notre vie, de nos vies, à partir de leurs petits mickeys qu’ils distribuaient dans les journaux à droite et à gauche (pas au sens politique, bien sur). Depuis les bancs du lycée, on lisait Charlie Hebdo –et pour ma génération, excusez ! c’était depuis Hara Kiri Hebdo et Charlie mensuel. Gébé, Reiser, Wolinski, Cavanna, Cabu et tant d’autres déjà.

On faisait en quelque sorte le lien entre les anciens et les nouveaux, nous qui publiions leurs dessins.

Reiser, par exemple, nous avait invités, mon vieux complice Yves Housson (il a débuté à la VO), et moi à un bouclage de Charlie, pour chercher un dessin qu’il avait réalisé pour notre journal de jeunes. On était arrivé avec nos petites parkas et nos cartables (j’exagère à peine) et on était tombé sur une bande de joyeux délurés, Choron en train de réaliser le strip-tease des copines dans un coin, la table regorgeant de victuailles, les fumées des cigares, le vin sur les tables. On a eu beaucoup de mal à remonter sur nos Solex.

Des années plus tard, deux petits jeunes, avec leur carton à dessins sous le bras, avaient débarqué, -ils sortaient tout juste de l’école-, à Révolution, alors hebdomadaire culturel en plein essor. C’étaient Charb et Luz, qu’une amie avait entraîné là pour qu’ils présentent leurs dessins. C’est ainsi qu’au fil des ans, on s’est croisé et recroisé, à L’Humanité, L’Huma dimanche et aussi à la NVO. Avec Charb, c’était comme un rituel de se retrouver au stand de Cuba Si à la Fête de l’Huma ou dans le patio de la CGT à Montreuil où il venait dédicacer ses livres, toujours accompagné de Charly et d’Alain, de la Filpac-CGT et de plein d’autres. Et aussi, ces dernières années des policiers de la protection des personnalités. Ils étaient tous, toujours, disponibles pour filer un dessin en vitesse, râlant contre les délais trop courts mais prêts à donner un coup de main à la CGT et aux travailleurs-euses en lutte.

On n’était pas forcément d’accord sur tout, mais l’essentiel c’est qu’on allait dans le même sens. Patrick Peloux dans ses passages à la télévision et sur les radios l’a bien dit, il y avait une humanité qui se dégageait d’eux.

Cette complicité avec le monde du travail –complètement partagé aussi par Tignous- fonctionnait dans les deux sens. Combien de fois à la NVO a-t-on reçu des coups de fil ou des mots de syndicats nous demandant s’ils avaient le droit de reproduire sur leurs tracts ou dans leurs journaux syndicaux tel ou tel dessin que nous avions publié ? Des milliers de poings levés, de crobars tournant en dérision le patronat –rapace, le patronat, toujours rapace- ont fait ainsi le tour des entreprises.

Il y avait Charlie, bien sur, leur point d’ancrage (et d’encrage) et tout ce qu’ils faisaient à l’extérieur de Charlie, pour le mouvement ouvrier, comme on disait et comme il faut continuer à dire. Je me souviens de soirées passées à La Mer à boire, café aujourd’hui disparu dans sa conception d’alors, de Belleville, avec Philippe de Palmas (directeur artistique de la NVO), où on commentait avec Charb l’actualité politique et mondiale : t’en penses quoi, toi…

Il y a quelques années lors d’un entretien pour la NVO Georges Wolinski nous avait dit : « J’adore les gens qui travaillent, les artisans qui connaissent un métier : charpentier, potier. Je travaille avec les mains. » Il ne connaissait pas l’usine, « par contre, tout de suite, dès qu’on évoque le mot usine, je pense à Charlie Chaplin : le geste. »

Il n’aimait pas cet aspect « à l’américaine » que prenait la France où l’on dit sans arrêt aux gens comment ils doivent vivre : « fumer ça fait mal ! Il ne faut pas boire ! Ne pas manger n’importe comment ! » Tous les intégrismes le faisaient bondir. Il y avait chez Wolinski un sentiment de révolte contre l’ordre établi, l’ordre imposé, celui qui formate, qui vous donne des leçons de morale pour aller dans le sens du vent. Il avait également évoqué la CGT : « pour moi, disait-il, un syndicat c’est la CGT, je n’ai jamais eu d’hésitation. J’ai été membre de la CGT, même quand j’étais à Match ; je considère que j’y suis toujours. » A propos d’une rencontre avec Bernard Thibault, il ajoutait : « Il est sympathique, pas con. Il a débarrassé – pas encore tout à fait- la CGT de la raideur communiste qu’elle paraissait avoir. On ne dit plus aujourd’hui, à tort ou à raison, que les communistes dirigent la CGT. Pour la CGT, c’est important. » Ce n’était pas pour lui une question idéologique, mais une conception du syndicalisme qui doit rassembler tous les salariés. « Ce qui n’empêche, avait il conclut  philosophiquement, que les communistes syndiqués doivent être à la CGT. »

Wolinski (1) c’était aussi l’amitié et la solidarité avec Cuba. Ayant été invité pour la biennale de l’humour de San-Antonio-de-Banos, il en témoigne ensuite avec des rotativistes CGT (on est dans les années 70) et leur explique qu’à Cuba « les enfants et les poètes manquent de papier pour apprendre, écrire, imprimer. De cette rencontre naîtra l’organisation concrète de la solidarité avec l’envoi d’un bateau chargé de papier « « La fabrication du papier demande énormément d’énergie. La feuille de canne à sucre est acide, il faut un traitement chimique particulier. Le papier coûte très cher. Avec ce chargement, on a fourni des écoles. »

Georges était un briseur de blocus et un briseur de tabou. Il n’était pas un briseur de rêves.

 

Jacques Dimet

 

 

(1)  A chaque fois qu’on lui demandait un dessin ou une affiche pour la CGT, Georges n’a jamais refusé.

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8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 01:48

Article publié dans la Presse nouvelle magazine, journal de l'Union des juifs pour la résistance et l'entraide, n°262, janvier-février 2009

Le petit juif de Tunis

Il a un nom polonais. Il est l’un des symbole de la libération crayonnée de mai 68 et pourtant… il est né à Tunis. Rencontre avec Georges Wolinski.

 

Code au pas de la porte. Escalier à gravir. En haut de l’escalier, le Saint des Saints. L’appartement, l’atelier de Georges Wolinski. Souvenirs. Mai 68 et après, la pub de Mars détourné et qui donne : « un coup de barre, Marx et ça repart ». Hara-Kiri, pour sûr, et ses déclinaisons : Hara Kiri Hebdo, l’Hebdo Hara Kiri, Charlie Hebdo après l’interdiction du précédent. Le mensuel Charlie surtout où Wolinski nous faisait découvrir la grande BD américaine. Le dessin de presse, chaque jour, à la Une de L’Humanité ; Paris-Match ; le JDD. (Excusez cette parenthèse personnelle : celle que j’aimais, moi, c’était Paulette, la Paulette de Pichard et Wolinski… Ceux qui savent me comprendront…)

Chevalets, sculptures, tableaux et dessins au mur. Bibliothèque débordant, regorgeant de livres, on parle du temps. De celui d’il n’y a pas si longtemps, de l’autre côté de Notre mer, la Méditerranée, quand Wolinski Georges, fils d’un juif polonais qui avait transité par l’Egypte et d’une juive italienne, était un petit tunisien (presque) comme un autre. Un gosse sale à défaut d’être un sale gosse, qui aimait se promener dans les ruelles. Wolinski et les Juifs, c’est toute une histoire. Je me remémore le live pamphlet écrit autrefois par André Wurmser, écrivain de talent, injustement mis à l’écart parce que communiste, éditorialiste, billettiste à l’Humanité : « l’Eternel, les juifs et moi ». Il y a de l’éternité chez Wolinski : l’éternité des amours, l’émoi devant les femmes, la soif de la justice ; les juifs, il va nous en parler, justement et « le moi », c’est-à-dire lui, il est présent partout dans son œuvre. Et pourtant, il n’y a pas plus humble que Georges…

La vie du petit tunisien commence tragiquement. Son père, ferronnier d’art est assassiné à coup de révolver par un de ses ouvriers révolté, alors qu’il avait deux ans. Ce qui fera dire à la grand-mère : « ton père a été tué par les communistes ». Mais, voilà, un des oncles de Georges, le mouton noir de la famille (ou peut être devrions nous écrire, le mouron rouge), est un militant communiste, secrétaire de la section du PCI de Tunis, qui a pris le petit Georges sous son aile et lui fait découvrir la lecture.

Bref, revenons aux Juifs.

« Je suis Juif, dit Wolinski qui comme chacun ne le sait pas a « fait » sa bar-mitsva à Tunis, comme Obama est noir : je suis né comme ça. Je ne renie pas mes origines, mais je suis un laïc : plus qu’un laïc, un athée. J’ai une méfiance vis-à-vis de la religion juive qui est aussi importante que vis-à-vis des autres religions, l’islam ou la chrétienté. J’ai plus confiance dans les gens qui ne croient pas que dans les gens qui croient. » Ce qu’il a connu de juif à Tunis et qu’il a perdu en France, c’était Pessah (Pâque)  et le shabbat : « toute la famille se réunissait le vendredi, sauf mon oncle Victor (1) qui était communiste italien. Or, ma famille était anticommuniste. »

 « J’ai vécu à Tunis comme un petit juif ». Aux juifs tunisiens d’origine s’étaient ajoutés des juifs venus du Portugal et d’Italie. « Les Arabes, note Georges Wolinski, les avaient bien reçu, mais ils n’avaient aucun droits : les juifs n’avaient pas d’existence légale. Les Français ont facilité la naturalisation des Juifs. Mes parents ont été naturalisés en se mariant et  c’est ainsi que je suis né français. »

« Très petit, j’aimais me promener dans la Médina. J’allais me perdre  [dans le quartier réservé] et je regardais les filles. » A Paris, dans les années soixante, Georges erre dans Belleville qui « était complètement juif ». Il y dégustait des bricks à l’œuf : « ça me rappelait à Tunis, la rue de Marseille, où à côté de la maison il y avait un marchand de beignets, saupoudrés de sucre, qu’on ramenait à la maison. »

Gosse sale, c’est lui, Georges, qui le dit : « dans l’appartement, il n’y avait pas de salle de bain, simplement un lavabo dans les chiottes. On se lavait le samedi dans une bassine. C’était une époque où c’était normal d’être sale, mais la mer, la nature, elles, étaient propres. »

La Tunisie, la guerre d’Algérie où Georges Wolinski sert dans le désert et où il en profite pour dessiner. C’est là qu’il termine son hommage si particulier à Victor Hugo en illustrant la totalité de Après la bataille (vous savez : « mon père ce héros au regard si doux… »), que Cavanna s’empressera de publier dans Hara Kiri (le mensuel).

Quant au conflit proche oriental Wolinski pense qu’il est « très difficile » d’avoir « une opinion juste ». « Je ne prétends pas, dit-il, détenir la vérité. Je suis Français, donc je pense qu’une démocratie ne doit pas s’appuyer sur la religion. Ce n’est pas à la religion de faire la loi. C’est ça qui me choque en Israël et dans les pays musulmans intégristes. »

 

Jacques Dimet

 

(1)  L’oncle Victor a été placé dans un camp de concentration à Kef, comme militant communiste italien, jusqu’à la fin de la guerre

 

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26 décembre 2014 5 26 /12 /décembre /2014 12:27

Pendant un quart de siècle, Georges Marchais a été député de Villejuif (Val-de-Marne). Mais il ne fut pas seulement un élu de la région parisienne, il a marqué profondément la vie politique et nationale française, et mondiale, pendant quasiment toute la durée du demi-siècle passé.

Aussi la décision de la municipalité de coalition de Villejuif (1) de débaptiser le Parvis Georges-Marchais est elle un non-sens. D’abord, mais beaucoup de monde l’a déjà dit, parce qu’il est naturel que soit rendu hommage à un homme qui pendant vingt-quatre années a été l’élu des Villejuifois, que cela plaise ou non à l’équipe qui a été désignée suite aux dernières municipales.

Ensuite, parce que les arguments ne tiennent pas. Il serait bien de débaptiser, disent certains, parce que Georges Marchais aura été l’homme du « bilan globalement positif » (2).  C’est ne pas comprendre que les êtres humains ne sont pas taillés d’un bloc, qu’ils peuvent commettre des erreurs d’appréciation politique et que cela n’est pas un crime, d’autant plus que cette définition avait été approuvée collectivement par le PCF. D’autant plus que Georges Marchais, il faut aussi le rappeler, à été aussi l’homme de l’eurocommunisme, cette recherche d’une voie au socialisme différente de celle suivie par les partis communistes d’Europe centrale et orientale, une recherche menée conjointement avec les partis communistes d’Espagne et Italien auxquels s’étaient joints d’autres partis comme le PC japonais, par exemple (3). Donc si Georges Marchais a été l’homme du « globalement positif », il a été aussi été celui de l’eurocommunisme et d’une voie de passage démocratique vers le socialisme. Un autre argument avancé est que Georges Marchais, né en 1920, n’aurait pas été résistant et, pis même, aurait travaillé volontairement en Allemagne. Il se trouve que ma mère était membre d’un groupe de combat de l’UJJ-MOI à Lyon. Qu’elle était donc dans la résistance armée, qu’elle a rejointe à dix-sept ans. Elle nous avait toujours dit qu’au début, ils étaient peu dans la Résistance et qu’une partie de leur travail militant était de gagner de nouvelles consciences à la Résistance. Autrement dit, les Résistants puisaient leurs nouvelles forces dans les non résistants. Sinon la résistance n’aurait été qu’une avant-garde éclairée et désespérée dont nous aurions célébré le solo funèbre. Qu’un jeune ouvrier ait rejoint à 27 ans les rangs du PCF, à une époque de répression anticommuniste (1947), montre que les gens peuvent évoluer. Au lieu de s’en féliciter, on s’en sert comme d’un repoussoir.

Georges Marchais, c’est aussi celui qui créa un comité des droits de l’homme qui, outre Mandela, demandait, par exemple, la libération de Plioutch et d’autres prisonniers du système pénitentiaire soviétique, ou de Vaclav Havel. Comme quoi, les choses ne sont pas aussi simples que veulent le faire croire les thuriféraires du nouveau maire de Villejuif.

On peut même se dire que la municipalité communiste villejuifoise a mis le temps avant d’honorer son ancien député. Seize ans après sa mort, on ne peut pas dire que la décision fut hâtive. Mais elle était juste.

Georges Marchais avait coutume de dire qu’entre le FN et nous (sous entendu les communistes), il y avait du sang. Au jour où les néofascistes relèvent la tête, débaptiser un Parvis Georges-Marchais, c’est aller les caresser dans le sens du poil.

 

(1)  Des élus UDI ont voté contre cette décision.

(2)  La formule évoquait le bilan globalement positif des pays socialistes, c’est-à-dire des pays qui se définissaient eux mêmes comme étant ceux du « socialisme réel ». Dans ce bilan entraient à la fois le système politique, mais aussi les avancées sociales qu’avaient connu ces pays.

(3)  Un PC japonais, qui vient d’obtenir plus de 12% des suffrages lors des dernières législatives.

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12 décembre 2014 5 12 /12 /décembre /2014 01:10

 

http://maki.org.il/en/wp-content/uploads/2014/12/2014-12-11AA.jpgAprès la mort –l’assassinat- de  Zaid Abu Ein, le ministre palestinien en charge du comité contre le mur de séparation et les colonies, Dov Khenin, dirigeant communiste israélien, député du Hadash (Front démocratique pour la paix et l'égalité)- a demandé la convocation immédiate d’une commission d’enquête sur les circonstances de cette mort en pointant l’utilisation par l’armée d’Israël de mesures dangereuses pour disperser les foules.

Zaid Abu Ein était membre du conseil révolutionnaire du Fatah.

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4 décembre 2014 4 04 /12 /décembre /2014 22:49
 

Je viens de regarder une partie de l’émission de David Pujadas Des paroles et des actes (1). De ce que j’en ai vu j’en tire 4 choses.

1-    Encore une fois le parti communiste est écarté des débats. Le plateau n’aurait pas été déséquilibré s’il y avait eu Pierre Laurent, ou un autre dirigeant communiste en plus. (En fait le choix de France 2 place d’emblée Benoît Hamon comme le seul porte-parole de la gauche socialiste). Le PCF a deux groupes parlementaires et a un ancrage réel dans la société (même si on est loin des années 70 ou 80, mais personne ne peut nier le renouveau de l’influence communiste). En ce moment les médias –mais pas seulement eux- minorent cette influence.

2-    Hélène Jouan, journaliste politique à France-Inter et productrice de l’émission Des paroles et des actes, s’est faite quasiment dans ses dernières escarmouches avec les trois invités la porte parole de la direction du PS, leur intimant de participer à des primaires ouvertes et ensuite de se mettre au garde-à-vous derrière le candidat désigné (2) pour éviter un nouveau 2002 –la panique saisit le clan Hollande-, le tout avec un ton méprisant et condescendant vis-à-vis de ses interlocuteurs.

3-    Pujadas.pngDavid Pujadas répète sans arrêt « on vous a compris », dès qu’un intervenant commence à exposer ses idées. De Gaulle lui au moins, lorsqu’il disait « je vous ai compris » signifiait qu’il se mettait à l’unisson du peuple. Chez Pujadas cela veut dire, « cause toujours, tu m’intéresses ».

4-    Le bouquet final, c’est le choix de cette députée européenne de la CDU allemande venu donner des leçons de rigueur à la France et qui était en elle-même une caricature du dogmatisme libéral –pour être clair du dogmatisme capitaliste. Pujadas a joué la provoc, parce que ce choix là n’était pas un choix pouvant entraîner un débat. Il était organisé tout simplement pour rechercher un clash entre les invités français et une caricature de la politique allemande. Un bon clash aurait fait rigoler tout le monde. Le journalisme politique officiel est tombé bien bas…

 

 

(1)  Invités : Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon, Cécile Duflot.

(2)  Cécile Duflot lui a très bien répondu en disant en substance que si Jospin avait perdu en 2002 ce n’est pas parce qu’il y avait beaucoup de candidats de gauche mais simplement parce qu’il n’arrivait pas à entraîner ses électeurs. (A ce propos j’ajoute qu’en 1981 lorsque Georges Marchais avait réalisé 15% des suffrages, cela n’avait pas empêché François Mitterrand d’être présent au second tour…)

(3)  Cerise sur le gâteau, le tweet de Gérard Filoche appelant à l’unité de la gauche. Quelle unité et pour faire quoi ? Finir en échec, comme aujourd’hui ? Tant que des opposants resteront au bureau national du PS, ils cautionneront la politique de Hollande, Valls et consorts. Il faut se rassembler et rasembler sur autre chose que des alliances d’appareils.

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7 novembre 2014 5 07 /11 /novembre /2014 00:00

Il y a quelque chose de détestable dans l’article que Sacha Reingewirtz, président de l’UEJF, a commis sur le site de The Times of Israël, en français (link).

Déjà la réaffirmation de l’identité sioniste de l’UEJF. Il faut, alors, que les dirigeants de cette organisation aille jusqu’au bout de leur démarche et s’appellent désormais Union des étudiants sionistes juifs de France. Ce serait plus clair pour tout le monde. En sous entendant que l’ensemble des étudiants juifs serait sioniste, Sacha Reingewirtz alimente la confusion entre sionisme et judaïsme. On peut même dire qu’il écarte, pour des raisons idéologiques, du judaïsme ceux qui n’adhèrent pas au sionisme politique.

C’est la caricature d’une pensée totalitaire : les sionistes sont juifs (1), les juifs sont donc sionistes ; et ceux qui ne le seraient pas ne seraient donc plus juifs. Dans un texte rempli d’anathèmes le président de l’UEJF commence par attaquer le NPA qui avait organisé un rassemblement « contre la barbarie israélienne et la complicité du gouvernement français » à Paris I. Rassemblement dont lui même et son organisation avaient demandé l’interdiction. Pour le partisan de la guerre déclenchée à Gaza contre le peuple palestinien, ce rassemblement était « indigne ». Sacha Reingewirtz a le droit de soutenir la politique coloniale de l’Etat d’Israël, il a le droit de ne pas aimer la résistance palestinienne et le peuple dont elle est issue, mais il doit aussi reconnaître le droit à ceux qui condamnent la politique de l’Etat d’Israël et qui soutiennent le peuple palestinien de le faire librement.

Cela est visiblement au dessus des forces du tenant du totalitarisme. Parce que le pire est dans l’amalgame. Le président de l’UEJF part du NPA et d’Olivier Besancenot (qu’il cite nommément) pour arriver à Soral. Les militants anti-impérialistes mis dans le même sac que les antisémites d'extrême-droite. On appréciera la délicatesse du procédé. Mais, en fait, on le découvre à la fin de son texte : Sacha Reingewirtz qui a été mis en cause par un site israélien francophone d’extrême-droite pour ne pas soutenir assez Israël en ayant soi-disant refusé de rencontrer un ministre fasciste israélien, veut désormais donner des gages. Plus sioniste que lui, tu meurs! Et il dément d’ailleurs avoir refusé de rencontrer ce ministre de sinistre réputation.

Alors répétons-le sans cesse : tous les juifs ne sont pas sionistes. Et il y a même des sionistes qui s’opposent à la politique de guerre du gouvernement d’Israël (2).

Ramener le judaïsme au seul sionisme, c’est parler comme les antisémites.

Rappelons aussi à Sacha Reingewirtz que la première UEJF a été créée à la libération, à Toulouse, par un groupe d’étudiants communistes, à la demande des dirigeants politiques communistes de la MOI. Ce qu’est devenue ensuite l’UEJF est une autre histoire.

(1) Et on sait bien qu'il y a notamment chez certains évangélistes américains des chrétiens sionistes, et une idéologie sioniste, indépendante du judaïsme.

(2) Le sionisme est une idéologie traversée par des courants politiques divers. Aujourd'hui que l'Etat d'Israël existe, pour les Israéliens la question sioniste est dépassée. C'est un gouvernement colonialiste et d'extrême-droite qui dirige Israël. Le sionisme, dans la diaspora, devient le soutien unilatéral à la politique des dirgeants israéliens.

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22 octobre 2014 3 22 /10 /octobre /2014 01:35

Décidemment il leur fait peur. Il, c’est le ministre de l’Economie pas si jeune que ça, -à 33 ans le Christ avait déjà fini en croix. Il leur fait peur. La question est pourquoi ? Bruno Le Roux, qu’on pensait plus fin, s’en prend à Jean-Luc Mélenchon allant jusqu’à dire que c’est du racisme que de qualifier Macron de banquier.

Arrêtons-nous là quelques instants. Bruno Le Roux sait ce qu’il dit. S’il parle de racisme pour cette qualification, c’est tout simplement pour insinuer l’idée que si l’on critique quelqu’un qui a travaillé à la direction de la banque Rothschild, c’est de l’antisémitisme déguisé. Ne tournons pas autour du pot. Et c’est là que Le Roux lui-même sombre dans le racisme le plus plat. A un autre titre aussi d’ailleurs : si dire que Macron est banquier (ce qui est son métier) c’est être raciste, alors cela ramène le racisme des colonialistes, des nazis à bien peu de chose. Le Roux attise le négationnisme (« ah ! le racisme ce n’est que ça, c’est pas si grave ! ») penseront les bonnes âmes .

Mais Le Roux n’est pas le seul à être monté au créneau. Hollande, Valls, Léa Salamé (qui reproche aussi à Jean-Luc Mélenchon de parler de banquier) et, dernier en date, Thierry Mandon le très médiatique (c’est de l’humour, il est raide comme un piquet) « secrétaire d'État à la Réforme de l'État et à la Simplification » (n’en jetez plus). Lors de l’émission Mots Croisés de lundi soir, à laquelle participaient outre lui-même Olivier Besancenot, Eric Woerth, et Florian Philippot, le dit Mandon n’a pu se contenir. Fallait le voir, chevalier blanc du politiquement correct, pourfendre ceux qui osaient dire que Macron était banquier ! Evidemment, pour Mandon c’est difficile. Il est diplômé de Sciences-Po en 1987 (il a trente ans) et est élu député dès 1988. Autant dire que le travail, il connaît pas… Une petite période de deux ans comme « consultant en stratégie d'entreprise et gestion des ressources humaines » (hum…hum) de 1993 à 1995 pour combler la solitude d’un échec électoral. Il commence donc à travailler (laissons-lui le bénéfice du doute) à 36 ans, l’âge auquel Macron devient ministre ! On comprend qu’il soit jaloux. Mais, bref. Pourquoi ont-ils tous peur que l’on dise qu’un banquier d’affaires qui avoue avoir gagné deux millions d’euros en un peu moins de deux ans, est un banquier ?

Quand ils ont présenté Edouard Martin, ancien délégué CFDT d’ArcelorMittal à l'élection européenne, ils ont bien tous (les leaders du PS) insisté sur le fait que Martin était « un ouvrier ». On a donc le droit de savoir qu’un candidat est ouvrier, mais pas qu’un ministre est banquier.

Ils ont peur, parce qu’ils ont honte. Ils savent que « banquier d’affaires » ça fait mauvais genre. En fait, c’est l’hommage que le vice rend à la vertu. En creux, ils sentent bien qu’être ouvrier c’est plus sûr que d’être banquier. Alors ils veulent cacher l’état d’Emmanuel Macron, devenu socialiste en tombant du ciel, jamais élu déjà ministre. « Jugez-le en tant que ministre », s’étrangle Mandon, simple secrétaire d’Etat. Rappelons au politicien qu’être ministre –comme être un élu d’ailleurs- n’est pas un métier et qu’il est quelque peu pitoyable que les ministres ne soient quasiment que des personnes n’ayant jamais travaillé ou que ceux qui l’ont fait (un peu) soient… banquiers.

Le monde est ce qu’il est et le PS en est la transcendance, comme dirait François (lequel, au fait ?)

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16 octobre 2014 4 16 /10 /octobre /2014 23:22

Manuel Valls est parti aujourd’hui sur les routes de montagne à la rencontre des paysans. Ayant marché longtemps sur des chemins pas encore enneigés, quelle ne fut pas sa surprise de tomber sur une meute non pas de loups (ou de chiens, comme disait feu Mitterrand) mais de journalistes qui passaient sans doute là par hasard. Tiens, se sont-ils dit, peut être qu’un lutin de la montagne fera son apparition. Le lutin en question, qui arrivait déguisé, n’était autre que le Premier ministre de la France, qui, comme l’ancien calife de Bagdad, allait voir le peuple incognito non pas pour savoir comment celui-ci vivait,  mais pour apprendre ce qu’il pensait (le peuple) de lui-même (le calife ou le Premier ministre).

Manuel Valls, donc, (ancien du cabinet de Jospin, qui fut candidat malheureux à la députation dans le Val d’Oise et que le PS envoya se faire élire dans l’Essonne) joua la surprise de voir autant de journalistes sur les hauteurs de la France. Mais à toute chose malheur est bon, se dit l’ancien maire d’Evry –vous savez celui qui n’aime pas que sur les marchés de sa ville, il n’y ait pas assez de blancos- les pisse-copie (car c’est comme cela que familièrement il appelait les journalistes) allaient pouvoir parler de Lui en rencontre avec la France.

L’ancien président Sarkozy, lors de sa première campagne électorale découvrait avec stupéfaction qu’en dehors de Neuilly il y avait des usines et des ouvriers dedans. Valls, lui, met dehors les ouvriers, mais découvre avec ravissement qu’il y a aussi des paysans sur cette bonne vieille terre.

Ainsi commence l’histoire du Premier ministre qui découvre la France et la vie, avec sa meute de journalistes, de caméras et de flashes derrière lui. On ne se lassera jamais de vous en conter les chapitres.

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