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30 avril 2017 7 30 /04 /avril /2017 23:55

Si par malheur Marine Le Pen était élue au second tour de la présidentielle, le 7 mai prochain, le premier –mais pas le seul- responsable en sera Emmanuel Macron. Pas seulement parce qu’il est le continuateur du quinquennat de François Hollande et qu’à titre collectif et personnel il a participé au détricotage du code du travail, par les lois dites Macron et par la loi travail de El Khomry-Valls (El Khomry, est toujours semble-t-il, candidate du parti socialiste aux législatives), et qu’il est co-responsable de la montée du chômage et des guerres menées à l’étranger. Pas seulement parce qu’il fait partie de cette caste de privilégiés et qu’il trouve normal d’avoir gagné trois millions d’euros en moins de deux ans comme banquier d’affaires chez Rothschild. Mais aussi parce que toute sa campagne de l’entre deux tours est marquée par la suffisance et l’insuffisance et qu’il a l’air de tout faire pour empêcher que l’on vote pour lui. Avec arrogance, il affirme qu’il ne change rien à son programme et que voter pour lui signifie donc la mise en place d’ordonnances dès cet été pour achever la casse du code du travail, libéraliser encore plus l’économie, toucher aux retraites etc.

Si Emmanuel Macron avait un tant soit peu de compétence ou de sens politique, au lieu de nous avoir infligé un show à l’américaine (à la limite de l’écoeurement) le soir du premier tour comme s’il était déjà élu, et donc par la même de minimiser la signification de la présence au deuxième tour de la candidate de l’extrême-droite, il aurait appelé au rassemblement en disant qu’il mettait pour le moment son programme sous le boisseau et que, pour les questions qui divisent et fracturent la France, il s’en remettrait à l’Assemblée nationale élue. Et à la nouvelle majorité qui sortira des urnes. Il ne l’a pas fait montrant par là qu’il n’était pas un homme d’État, mais simplement un jouet consentant entre les mains de ses conseillers.

N’est-il pas paradoxal pour ce candidat se présentant comme voulant bousculer les partis établis que, pratiquement tous ceux qui se sont étalés en son nom dans les médias au lendemain du premier tour soient des élus de longue date, socialistes, LR ou Modem ? Et pas des plus jeunes. Des sexagénaires, voire des septuagénaires. Ce sont eux, à l’instar de Gérard Collomb, qui tiennent les manettes de la machine En Marche.

Le principal danger, le danger immédiat, est pourtant le Front national.  Et le 7 mai c’est Marine Le Pen qu’il faut battre,  malgré la mauvaise volonté d’Emmanuel Macron à le faire. Et être dans la rue dès le 8 pour signifier à Macron, s’il est élu, qu’il faudra qu’il fasse avec le mouvement social.

 

Passons sur l’épisode affligeant de sa visite chez les Whirlpool. On pourrait chaque jour relever les inepties de sa campagne. Le 30 avril-aujourd’hui donc- est la journée du souvenir des victimes de la déportation (qui a lieu chaque dernier dimanche d’avril). Emmanuel Macron s’est rendu au Mémorial de la Shoah et au Mémorial des martyrs de la déportation. Au Mémorial de la Shoah il a notamment déclaré rendre hommage : « à toutes ces vies fauchées par les extrêmes ». Qui sont les « extrêmes » dont parle Macron ? Est-il si difficile pour lui de nommer les choses et de dire que le génocide a été conçu et conduit par les fascistes allemands, les nazis ? Pourquoi camoufler les auteurs du crime sous le vocable « les extrêmes » ? Qui veut-il ainsi mettre en cause ?

A ma connaissance Emmanuel Macron n’a pas eu un mot ce jour sur le génocide des Rroms. Un de ses conseillers septuagénaires pourrait-il lui apprendre l’Histoire ?

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22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 18:35

Il y a en ce moment quelque chose de particulièrement dérangeant. Toute la presse s'y met, d'un seul coup, comme d'habitude. Tout le monde recherche les moyens d'unir la gauche, c'est-à-dire dans les faits, parce qu'il ne faut pas jouer sur les mots, à se rassembler derrière le PS. La situation serait devenue terrible. Pour certains, on prend même le signe 1maispas3, comme si d'un seul coup Jadot, Hamon et Mélenchon c'était la même chose. Déjà, mettre Jadot sur le même plan que les deux autres c'est assez risible quand on voit l'état dans lequel la participation gouvernementale a laissé EELV.

A force de dire et de répéter que le seul danger c'est la droite et l'extrême-droite, et qu'il faut donc a contrario unir la gauche, on en vient à oublier que c'est le parti socialiste (et les radicaux de gauche) qui gouvernent et que EELV comme Hamon d'ailleurs ont aussi participé à ce quinquennat. Ce dernier n'a pas été mauvais qu'après le départ de Hamon et de Montebourg, il l'était déjà avant.

Remettre en selle le PS sans un accord politique de fond c'est cela qui favorisera le FN et la droite, même si celle-ci cherche une porte de sortie vers Macron puisque Bayrou, prenant sans doute exemple sur Hollande fuit encore le combat politique en laissant, de fait, le champ libre à Fillon (1).

Certains de mes amis disent qu'à une situation exceptionnelle il faut des mesures exceptionnelles. Sauf que le ralliement au candidat PS, n'est pas une mesure exceptionnelle. C'est en jouant sur la peur que le PS prétend incarner la gauche et obtenir le ralliement des uns et des autres et oublier ses dix-neuf années de gestion du gouvernement depuis 1981.

Benoît Hamon a un moyen simple et clair pour dégager la situation et que l'on voit s'il est en capacité d'incarner un changement et d'être un présidentiable crédible : il peut appeler à l'abrogation de la loi travail maintenant. Son parti, le PS, est majoritaire à l'Assemblée. Une convocation extraordinaire du Parlement et le tour est joué. Les pontes du PS ne le voudront certainement pas, mais si Hamon osait faire cette proposition il montrerait que, comme Corbyn (2) au Royaume-Uni il est capable de s'opposer à la masse des députés de son propre parti et qui sont contre lui. Pour cela, il faut s'appuyer sur le mouvement populaire. Gageons que Benoît Hamon n'osera pas. Et si je me trompe, tant mieux.

 

  1. A propos de ceux qui dénaturent le sens même de la politique et de l'engagement, la palme revient à De Rugy qui avait pourtant signé une déclaration d'intention pour sa participation à la primaire socialiste l'engageant à faire voter pour le gagnant. L'élection passée, le perdant se torche avec ses engagements. Cela promet si on le retrouve un jour ministre. C'est ce type de comportement qui renforce le dégoût de la politique, l'abstention ou le vote pour les néo-fascistes. Puisse ses électeurs dans sa circonscription le renvoyer dans les oubliettes de l'histoire.
  2. La grande différence entre le Labour Party et le PS français, c'est que le premier compte une base syndicale et ouvrière importante et que nombre de responsables (et même de députés) travaillistes sont issus du syndicalisme et du monde  du travail. Ce qui n'est plus le cas du PS depuis des décennies.

 

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19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 23:34

Pour tenter de ramener Jean-Luc Mélenchon dans les filets de Benoît Hamon le député frondeur Pascal Cherki déclare au Monde « Mitterrand et Marchais ont réussi en leur temps à s’unir dans l’intérêt de la gauche. Hamon et Mélenchon devraient pouvoir le faire aussi. (1) » D’abord il est réducteur de dire « dans l’intérêt de la gauche ».   Il s’agissait –et il s’agit toujours d’ailleurs- de l’intérêt de la France et particulièrement du monde salarié.
De toute façon la situation politique et historique n’est pas la même. En 1965, date de la première élection présidentielle au suffrage universel, le sortant était le général De Gaulle, donc la droite. L’accord entre les communistes, la CIR de François Mitterrand et le parti socialiste SFIO ne s’est pas fait deux mois avant l’élection. En 1974 où Mitterrand était encore une fois le candidat de la gauche socialiste et communiste, c’était toujours la droite qui était au pouvoir. Et dans les deux cas, de toute façon, François Mitterrand n’a pas été élu (petit rappel : la signature du programme commun en 1972 doit beaucoup à l’effondrement du PS à la présidentielle de 1969 où Defferre, en binôme avec Mendès France, n’obtint que 5% des voix). En 1981 par contre, Georges Marchais et François Mitterrand se sont présentés séparément (ce qui est quand même mieux pour la clarté en politique) et les 15% du candidat communiste ont été déterminants dans la victoire de Mitterrand. Résumons : à chaque fois qu’un candidat socialiste (Mitterrand puis Hollande) a été élu à la présidence de la République il y avait pluralité de candidatures à gauche. L’exemple de Pascal Cherki est donc mal choisi.

(1)    Le Monde daté du 19 et 20 février 2017.

 

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18 février 2017 6 18 /02 /février /2017 22:21

Le Monde dans son éditorial du samedi 18 février affirme que, même fragile, l’inversion de la courbe du chômage est là. Ce qui vaut cette entrée en matière : « Il est des jours où François Hollande doit regretter amèrement de ne pas s’être représenté. » Non, François Hollande ne regrette sans doute rien (à moins qu’il nous fasse encore le coup du sauveur suprême, mais cela serait acheter la corde pour se faire pendre). François Hollande a tout simplement fui le débat et le combat politiques. La situation inédite que nous vivons n’est pas due au fait que c’est la première fois qu’un président élu ne se représente pas (*), mais au fait qu’il y a un effacement total du quinquennat que nous vivons. Aucun des candidats en lice ne veut en porter le bilan. Déjà Valls, heureusement renvoyé sur ses terres, annonçait qu’il n’était responsable de rien et qu’on lui avait imposé, à lui, pauvre diable, le 49/3 et que sais-je encore. Donc voilà une élection présidentielle où l’on fait comme si rien ne s’était passé.

Les dirigeants socialistes, même les plus « hollandais », qui ont soutenu jusqu’au bout le gouvernement même dans ses dérives les plus détestables, affirment qu’il faut regarder devant et pas derrière et que c’était le président qui fixait le cap et que finalement, eux-mêmes, n’étaient responsables de rien…

Le recul de François Hollande devant l'obstacle

Hollande en reculant devant l’obstacle d’une "primaire", pourtant montée de toutes pièces pour lui, a tout simplement permis cet escamotage extraordinaire de la politique. Nous voici avec une élection où aucun des candidats n’ose dire qu’il représente le gouvernement sortant. Voilà pourquoi il aurait été beau pour la salubrité publique que François Hollande soit battu, et à plate couture, par le peuple.

Une situation extravagante

Nous voici donc dans une situation extravagante. Le candidat, dont on nous rebattait les oreilles à droite pour nous dire qu’il sera le prochain président de la République, Alain Juppé, a mordu la poussière après avoir réussi à éliminer tout de même Nicolas Sarkozy. Tout cela pour nous sortir un candidat-hobereau, maître dans l’art du mensonge et de la dissimulation. Un politicien si courageux, lui aussi, qu’en 2012 François Fillon ne se présenta pas à sa réélection à Sablé, car il savait qu’il serait battu, et alla quémander une circonscription sûre dans le VIIe arrondissement de Paris. Aussi courageux que François Hollande ! Fillon est bien le candidat de la supercherie et de la droite versaillaise (au sens de ceux qui sont dans la filiation des massacreurs de la Commune de Paris).

La baudruche Macron

Emmanuel Macron, le candidat propulsé par Hollande pour savonner la planche de Manuel Valls (ces gens-là ne vivent que par règlements de comptes interposés), qui se croit nimbé d’une auréole de grâce, commence sérieusement à agacer et à se planter lui-même. Un jour il ne trouve que des mérites à la colonisation, puis il la dénonce pour se repentir aussitôt d’avoir péché devant les nostalgiques de l’Algérie française. Un Emmanuel Macron dont les proches se sont mis à démentir des informations russes le concernant, alors que les dit médias russes ou russophiles n’avaient encore rien écrit ni publié, sauf d’annoncer que Wikileaks allait "sortir" des révélations sur Macron tirées des mails d’Hillary Clinton. Bobards ou pas, on s’en moque un peu. Mais la réaction des Enmarchistes est étrange. De quoi donc Emmanuel Macron a-t-il peur ? De son travail chez Rothschild ? De ce qu’il fit ou ne fit pas comme secrétaire général de l’Élysée ? Aurait-il menti sur quelque chose ? Peu nous chaut. Ce qui nous importe c’est la ligne politique d’Emmanuel Macron et elle n’est pas fondamentalement différente de celle suivie dans l’actuel quinquennat, à ceci près que le pape d’En Marche, tout en affirmant défendre les LGBT, trouve que l’on a humilié les partisans de la Manif pour tous. N’oublions pas tout de même que c’est cette droite-là, homophobe et franchouillarde, qui se retrouve comme un seul homme et une seule femme derrière Fillon. Macron essaie de caresser tous les électorats. Or, nous avons besoin de clarté, pas de flou. Par la fuite de François Hollande, Emmanuel Macron se trouve être le seul candidat (s’il va jusqu’au bout) comptable, par le rôle qu’il y a joué, du quinquennat qui s’achève, comme aussi tous les candidats socialistes aux législatives qui soutinrent les lois antisociales de Manuel Valls. Toutes ces raisons font que la baudruche Macron va sans doute se dégonfler dans les semaines qui viennent.

Étrange fin de quinquennat donc, où les socialistes font désormais comme s’ils étaient l’opposition, parlant sempiternellement du danger de la droite et de l’extrême-droite comme s’ils n’étaient pas au pouvoir en ce moment. L’oubli, en quelque sorte. Le quinquennat gommé.

L'extrême-droite xénophobe et antisociale

Nous voilà donc, pauvre France, avec la candidate de l’extrême-droite, coqueluche des médias, qui pèserait, selon les sondages, plus de 25% des voix. Le fait qu’un électeur sur quatre (et près de la moitié des ouvriers qui votent) choisissent la candidate xénophobe, antisociale et de la haine en dit long de la crise politique que nous vivons et de l’incapacité pour le moment des forces progressistes, qui ont longtemps représenté le mouvement ouvrier (le courant révolutionnaire et le courant réformiste) à être une alternative crédible pour s’opposer à l’extrême-droite, à la droite et au "social-libéralisme".

Dépasser le cadre de la France Insoumise

Pour le moment, la candidature de Jean-Luc Mélenchon ne rassemble pas plus qu’en 2012. Tout n’est pas encore perdu. Les militants et responsables de la France insoumise auraient intérêt, car le temps presse, à prôner un rassemblement politique de toutes les forces qui appellent à voter pour leur candidat. Il est temps pour eux, et pour nous tous, de dépasser le cadre de France insoumise pour recréer les conditions politiques d’une dynamique.

 

 

(*) Rappelons toutefois que Charles De Gaulle avait quitté ses fonctions au cours de son mandat (le premier où il fut élu au suffrage universel).

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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 17:22

Nous vivons dans un monde dangereux et le pire peut encore arriver dans notre pays, en France. Dans le même temps des perspectives de changements et de progrès existent. Ne nous laissons pas enfermer dans de faux débats.

Oui, chacun est à même de le mesurer, il y a un risque que le Front national et Marine Le Pen accèdent à la présidence de la République. Mais regardons ce qui bouge profondément et qui montre la coupure extrême entre le monde politico-médiatique et la réalité de la vie de dizaines de millions de personnes.

La loi Travail Valls-El Khomry a mobilisé contre elle la majorité des Français et plus encore la très grande majorité des salariés. Elle a permis une unité syndicale, par le biais de l’intersyndicale et par des actions unitaires qui continuent de multiples manières. (Notamment le meeting commun tenu récemment à Paris (1) et la plainte devant l’OIT déposée conjointement par la CGT et FO). C’est pour faire passer cette loi à tout prix que l’exécutif s’est enfermé dans l’autoritarisme avec, entre autres, l’utilisation du 49/3 et l’usage disproportionné des forces de l’ordre, sans parler de la criminalisation de l’action syndicale, politique ou associative.

Bien sûr, la loi Travail n’a pu être remisée dans les oubliettes, bien que la mobilisation populaire n’ait jamais cessée. Les tentatives d’interdire les manifestations et l’utilisation contre le mouvement social de l’état d’urgence ont joué leur rôle. Mais aussi, et surtout, le manque de volonté des députés « frondeurs » d’aller jusqu’au bout de leur logique et de voter la censure. La proximité du dépôt de la proposition de loi avec la présidentielle n’y est pas pour rien non plus. Chez certains reste tenace l’idée qu’il faut attendre l’élection et que c’est l’élection d’un bon candidat qui permettra de mettre en cause cette loi.

Or, mobilisation sociale et changement politique doivent aller de pair.

Les promoteurs de la loi Travail, des lois Macron, de la remise en cause du Code du travail, les organisateurs de la casse de l’emploi et des secteurs industriels, les partisans de la criminalisation de la vie sociale ont perdu les batailles récentes.

Qu’on ne boude pas notre plaisir : Hollande forcé de ne pas retourner devant les électeurs (ce qui permet, mais pour une part seulement, de redonner une virginité politique au parti socialiste), Sarkozy battu, Valls battu et qui trahit, une fois de plus, ses propres engagements en refusant de fait de soutenir Benoît Hamon. Tout cela confirme ce que disaient les syndicats opposés à la loi travail et aussi les communistes : ce gouvernement est, et a toujours été, minoritaire et il a conduit le pays au bord de la catastrophe.

C’est ce rejet massif des Hollande-Valls-Sarkozy qui est éminemment positif.

Il faut encore cependant construire l’alternative. A ceux qui, à gauche, s’excitent contre Benoît Hamon (certains ne le perçoivent que comme un leurre pour torpiller la candidature Mélenchon), rappelons que nous avons été satisfaits de la victoire de Jeremy Corbyn au Royaume-Uni, victoire contre l’appareil et les notables du Labour party. Et que Hamon a battu Valls parce que plus d’un million de personnes ont voté pour lui lors de la primaire socialiste. Cela étant, Benoît Hamon devrait avoir conscience qu’il est l’élu d’une primaire qui en soi a été un échec et qu’il est porteur du projet du parti socialiste, tant que lui-même ne le désavouera pas. C’est pour cela que parler de candidature unique Hamon-Mélenchon-Jadot est purement formel et entraîne la confusion.  Redisons-le : ce n’est pas la pluralité de candidatures à gauche qui menace la gauche. Hollande a été élu en 2012 alors que les candidats de la gauche non socialiste réalisaient 16% au premier tour et que Le Pen obtenait le meilleur score d’un candidat FN à la présidentielle –plus de 17%. Mitterrand a été élu et réélu en 1981 et en 1988 avec une pluralité de candidatures à gauche, notamment communistes. Lionel Jospin en 1995 et Ségolène Royal en 2007 (avec un FN affaibli à 10% mais avec Bayrou à 18%) sont parvenus au deuxième tour, avec là aussi une pluralité de candidatures à gauche. Ce n’est donc pas la pluralité des candidatures à gauche qui est dangereuse, c’est la politique du parti socialiste qui affaiblit toute la gauche. Le moyen de surmonter cela est bien de donner le maximum de voix et de soutiens à la gauche non socialiste.

Il y a aujourd’hui un candidat qui représente la gauche de changement en rupture avec la politique suivie par les dirigeants socialistes ces dernières décennies, c’est celui dont la candidature a été initiée par France insoumise et soutenue par le PCF,  Jean-Luc Mélenchon. On peut regretter, comme moi, que les communistes n’aient pas fait le choix d’un candidat issu de leurs rangs, mais maintenant que le choix est fait ne tergiversons plus et n’essayons pas de noyer le poisson en mettant sur le même plan les candidatures de Jean-Luc Mélenchon, Yannick Jadot et de Benoît Hamon.

C’est aujourd’hui le PS qui est empêtré dans ses contradictions. Il est en effet difficile pour les députés sortants d’être candidats aux législatives en reconnaissant que Benoît Hamon est le candidat du PS alors qu’ils ont voté les lois les plus hostiles au monde du travail et engagé le pays dans la guerre dans des opérations extérieures dont on voit mal comment elles peuvent éradiquer le terrorisme. Se pose donc la question de la nouvelle majorité politique à construire, car que ce soit Mélenchon ou Hamon qui l’emporte il faudra bien s’appuyer sur une majorité politique à l’Assemblée et donc que les électrices et électeurs fassent élire un maximum de candidats se réclamant de cette gauche non socialiste. Et les candidats socialistes sortant devront définir clairement leur accord avec ce pacte politique commun, s'il existe, s’ils veulent avoir une chance de retourner dans l’Hémicycle.

Naturellement oui au débat avec toutes les forces qui ne se reconnaissent pas dans le quinquennat Hollande-Ayrault-Valls-Cazeneuve, mais dans la clarté sur les objectifs.

 

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29 janvier 2017 7 29 /01 /janvier /2017 23:01

Benoît Hamon a donc remporté largement la primaire des socialistes. Selon les chiffres officiels de la « Haute autorité » (ne rigolez pas) de la primaire les socialistes auraient rassemblé deux millions d’électeurs. Deux fois moins que la droite. Ils n’ont pas de quoi pavoiser.

La victoire de Benoît Hamon est du même registre que celle de François Fillon à droite : virer Sarkozy d’un côté, virer Valls de l’autre puisque l’actuel président de la République a préféré se défiler plutôt que d’affronter la colère de l’électorat. Quelle piètre image d’un petit monde recroquevillé sur lui-même et ses privilèges. La victoire de Hamon est cependant bonne à prendre, car elle montre l’ampleur du rejet de la politique menée ces cinq dernières années et qui s’inscrivait d’ailleurs dans la suite du quinquennat Sarkozy.

Je dois dire que je pensais que le contrôle de l’appareil du PS serait plus fort et ferait gagner Valls. Mais c’était sans compter les règlements de compte intérieurs au PS. Si Macron a pu démissionner et se présenter, c’est qu’il savait certainement que François Hollande renoncerait (ou mieux même qu’il se mettait en place avec la bénédiction du président de la République au cas où Hollande ne se présenterait pas ). Le renoncement de Hollande, avec un Macron bénéficiant de toute l’attention des médias, permettait de savonner la planche de Valls (qui a bien mérité cette nouvelle claque) et d’ouvrir une perspective politique d’alliance au centre. Cependant Macron ferait bien de se méfier… En 1969, le système médiatique de l’époque (c’était L’Express qui avait mené la danse) avait suscité un mystérieux Monsieur X qui devait emporter largement la présidentielle, en unissant la social-démocratie et le centre. Ce Monsieur X, c’était le « ticket » (c’est ainsi qu’il se présentait) Defferre/Mendès-France. De vainqueur putatif de la présidentielle, ce duo s’était retrouvé à 5% loin derrière le candidat communiste, Jacques Duclos, à près de 22%.

On sait bien que l’Histoire ne se répète pas, qu’elle bégaie. Mais un dévissage rapide de Macron n’est pas à exclure, tant il représente la déliquescence et l’autoritarisme de ce quinquennat. (Et être soutenu par Alain Minc, c’est déjà aller vers l’échec…)

La victoire de Hamon donne en tout cas raison à tous ceux qui se battent depuis le début contre ce quinquennat calamiteux. Il y a donc une majorité au sein de l’ensemble de l’électorat de gauche pour rejeter la direction du Parti socialiste. Hamon devra aussi en tirer tous les enseignements.

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29 janvier 2017 7 29 /01 /janvier /2017 13:40

C’est donc aujourd’hui que les électeurs socialistes qui feront le déplacement devront choisir entre Benoît Hamon et Manuel Valls. C’est évidemment d’abord l’affaire des socialistes. À eux de choisir le candidat qui échouera à la présidentielle, si les choses continuent à se dérouler comme aujourd’hui.

À ceux qui parmi les forces progressistes (les vraies forces progressistes, pas les progressistes autoproclamés comme Emmanuel Macron) se posent la question d’aller voter à cette "primaire" soit pour évacuer définitivement Manuel Valls, soit pour le propulser candidat parce qu’ils pensent qu’il sera plus facile à battre à la vraie présidentielle que Benoît Hamon, disons-leur qu’ils se trompent. Le parti socialiste (sa direction actuelle donc) se renforcera nécessairement si le taux de participation est élevé, et il pourra continuer à affirmer que le seul rassemblement possible face à la droite serait un candidat socialiste. Or, les cinq dernières années (et même les dix-neuf années de gouvernements socialistes depuis 1981) montrent qu’un président issu du parti socialiste n’offrirait aucune alternative à la politique de la droite.

Ceci étant, comme la dialectique, on le sait, peut casser des briques, le fait que même le cœur de l’électorat socialiste se détourne de Manuel Valls est une bonne nouvelle. Et les attaques menées contre Benoît Hamon sur les réseaux sociaux pour dire qu’il serait un missile lancé contre la candidature de Jean-Luc Mélenchon ne sont pas justes, parce qu’elles démontrent une fébrilité, qui n’est pas de mise, de certains supporteurs de la France insoumise qui voient des complots partout au lieu de se projeter sur l’essentiel : c’est-à-dire le rejet de la politique menée depuis cinq ans par la majorité de l’électorat de gauche. L’élimination de Valls serait déjà en soi une bonne chose. Elle sera d’autant plus une bonne chose qu’elle le sera par les électeurs socialistes eux-mêmes. C’est-à-dire que si même avec peu de votants Valls est battu à plate couture, cela signifie bien qu’une page –et la plus noire de ces dernières années- est tournée.

Ensuite, à partir de demain donc, viendra le temps de la vraie présidentielle. À chacun de nous de voir quel sera le candidat qui représentera le mieux les intérêts du monde du travail. De toute façon, cela ne pourra pas être le candidat issu du parti socialiste qui de plus n’est pas en mesure aujourd’hui d’être présent au second tour, ni même d’être en tête de la gauche.

Cela n’empêche pas que Benoît Hamon, dise des choses intéressantes, notamment sur la laïcité, mais on peut lui demander qu’il mette ses idées au service de ceux qui peuvent chasser les socialistes du pouvoir et empêcher que la droite et l’extrême droite n’y accèdent.

 

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23 janvier 2017 1 23 /01 /janvier /2017 23:15

La lecture des commentaires sur les réseaux sociaux me laisse parfois pantois, notamment certaines réactions à la primaire socialiste, les uns disant qu’il faut aller soutenir Benoît Hamon, d’autres qu’il faut surtout privilégier Valls car il serait un ennemi bien plus facile à combattre et qu’en faisant gagner Hamon on favoriserait… Macron.

Cessons de nous nombriliser dans notre propre microcosme. La primaire des socialistes, la belle alliance populaire, pour reprendre l’étiquetage pompeux inventé par Jean-Christophe Cambadélis, est d’abord un échec.

Un échec pour la participation : 1 600 000 votants si on s’en tient aux derniers chiffres donnés par la direction socialiste ce lundi soir (et vu le cafouillage sur ces chiffres, on n’est en fait sur de rien, quel manque de respect pour les électeurs qui ont cru à ce scrutin).

Un échec, donc pour la participation, ce qui écarte le parti socialiste de tout projet alternatif à lui-même. Si Hamon gagne la primaire et s’il veut réellement un changement d’orientation politique au sommet de l’Etat, alors il faut qu’il négocie un accord politique avec les forces qui veulent le changement et cela ne peut pas signifier un ralliement des autres composantes de la gauche au candidat socialiste : il faut trouver autre chose. Et là on verra si Benoît Hamon a le sens de l’Etat, c’est-à-dire faire gagner la « vraie gauche », ou s’il n’a pour objectif que de prendre le contrôle du PS.

Le deuxième échec, c’est celui de Manuel Valls et ne tournons pas autour du pot, cela fait plaisir. Plus vite cet homme autoritaire sans autre ligne politique que son accession au pouvoir sera éjecté, mieux la démocratie s’en portera. Ce premier échec de Valls n’est pas, contrairement à ce que disent des commentateurs politiques, une bonne nouvelle pour Macron, c’est plutôt une bonne nouvelle pour ceux qui depuis le début combattent la politique de Manuel Valls, notamment les communistes et la France insoumise.

Il faut être clair et net : moins il y aura de participants au deuxième tour de cette primaire, plus la perspective de reconstruire, ou même de construire, la gauche sera forte. Après, que les vallsistes ou autres hollandais se retrouvent derrière Macron ne changera rien. La voie social-démocrate (ou social-libérale pour les puristes) sera portée par Macron au lieu de l’être par Hollande, et il est douteux que le premier atteigne les 26% au premier tour de la présidentielle, s’il tient jusque-là…

Une dernière remarque : l’électorat socialiste, dont les participants à la primaire devaient en être le socle, se réduit comme peau de chagrin. Mais peu ou prou le rapport de force interne reste le même. Montebourg a réalisé le même pourcentage qu’en 2011, Hamon a fait à peu de chose près le score de Martine Aubry, quant à Valls et Peillon ils ont hérité du vote Hollande. Les « petits » candidats font le score de Ségolène Royal et de Jean-Michel Baylet en 2011.

Il n’y a donc pas comme le prétendait Gérard Filoche le soir de la primaire un raz-de-marée de la gauche du parti socialiste, il y a un recul global du vote socialiste, ce qui n’est pas la même chose.

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27 novembre 2016 7 27 /11 /novembre /2016 17:11

Encore un peu de politique-fiction parce que certains s’en donnent à cœur joie sur les réseaux dits sociaux.

Imaginons Fillon candidat de la droite et du centre, hypothèse que les sondeurs n’ont jamais testée jusqu’au soir du premier tour de la primaire Les Républicains. On peut être quasiment sûr que Bayrou se présentera. Il prendra à la fois une partie des voix de la droite qui se seraient portées sur Juppé et qui ne veulent pas que la droite versaillaise alliée à des courants de l’extrême-droite ne se retrouve au pouvoir. Ces voix de droite seront rejointes par une partie des électeurs « centre gauche » (j’en conviens ce qualificatif ne veut rien dire) qui votent PS mais qui ne veulent plus de Hollande ou de Valls et qui ne veulent pas encore rejoindre la « gauche de la gauche » (j’en conviens ce qualificatif ne veut rien dire non plus). Une autre fraction électorale de la droite rejoindra Macron -si celui-ci va jusqu’au bout, ce qui n’est pas sûr non plus-, notamment chez les trentenaires et les quadras ainsi qu’une petite partie de l’électorat putatif du parti socialiste. Si c’est Valls le candidat gouvernemental, il nous jouera la sirène de l’État fort, de la peur de Fillon et de Le Pen à l’intérieur et de Trump et Poutine à l’extérieur, du Brexit, d’un monde dangereux, d’une France en crise (il finira presque par nous faire oublier que c’est sa politique qui est actuellement mise en œuvre). Bref, le vote utile, le vote barrage puissance cent. L’état d’urgence par là-dessus, la peur (réelle celle-là du terrorisme) et le tour peut être joué pour les socialistes qui ont pourtant amené le pays là où il en est.

L’élection présidentielle se présente comme un grand lessivage pour le PS, qui à la fois vante son action gouvernementale et fait comme s’il n’était pas au pouvoir. Le risque d’un retour de la droite au pouvoir n’est de toute façon pas pire que le PS au pouvoir. Résumons : hausse du chômage, précarisation du salariat, désintégration du système scolaire, lois antisociales, déconstruction du code du travail, répression antisyndicale, violences lors des manifestations de salariés contre les manifestants, prolongations à répétition de l’état d’urgence, ce qui revient à vivre sous un état d’exception permanent, participation à des opérations militaires et à des guerres. De la part du Premier ministre : autoritarisme affirmé, xénophobie à l’égard des Rroms, haro sur l’islam et on en passe. En quoi un nouveau mandat de Hollande ou de Valls apporterait-il un changement dans le sens du progrès ?

Pour battre Fillon, s’il est en lice, ou Le Pen, il faut d’abord également écarter –définitivement- du pouvoir les socialistes. Quand le « frondeur » Christian Paul annonce par exemple la formation d’un nouveau parti de la gauche après les élections et que dans le même temps il appelle à la participation à la primaire socialiste (c’est-à-dire selon ses vœux avec Hollande ou Valls) c’est entretenir encore plus la confusion. Si Christian Paul et ses amis veulent la rupture, c’est maintenant qu’il faut la faire. Le fait que la quasi totalité des députés frondeurs n’aient voté ni la censure (et donc laissé passer la loi travail) ni rejeté le budget fait aussi partie de l’équation politique d’aujourd’hui.

Dans l’histoire politique et sociale de la France, on a bien vu que les mouvements de masse, que ce soit dans la rue ou dans les entreprises (encore mieux si c’est les deux à la fois) ont réussi à imposer des changements et des acquis importants que la majorité parlementaire soit de gauche ou de droite. La campagne présidentielle qui n’en finit pas annihile les revendications sociales.

À nous tous de remettre le social et la politique au premier plan, quelles que soient nos stratégies et nos votes pour l’élection d’avril 2017.

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26 novembre 2016 6 26 /11 /novembre /2016 18:24

Mes quatre grands parents sont arrivés en France à la fin de la première guerre mondiale et au tout début des années vingt du siècle dernier. Ils fuyaient la faim, les persécutions, les guerres. Ils ont été naturalisés en 1924 ou dans les années qui suivirent grâce à la politique humaine et républicaine du gouvernement du cartel des gauches.

Ils ont travaillé, dur, en France tout en vivant au début dans les quartiers ghettos les plus pauvres de la capitale, dans ces bidonvilles verticaux, avant que la politique initiée toujours par la gauche leur ouvre la porte des logements sociaux ; les HBM à l’époque.

Les enfants de mes grands parents se sont soit engagés dans l’armée française, soit sont partis à Londres, avant de revenir dans les SAS britanniques, soit ont rejoint la résistance armée ou politique. Bref, ils ont rendu à la France, ce que la France leur avait donné et le tout marqué par l’espoir d’un monde de paix et d’une société sans classes.

Personne n’aurait osé leur dire qu’ils venaient voler le pain de ceux qui travaillent ici.

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