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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 00:05

Manuel Valls, député-maire d’Evry, est candidat aux primaires socialistes. Il s’est entouré d’un collectif de campagne dans lequel figure quelques beaux noms de la strauss-kahnie politique, dont Michèle Sabban, vice-présidente du Conseil régional d'Île de France, qui voit dans tout ce qui touche à Dominique Strauss-Kahn, un complot politique.

Manuel Valls est résolument moderne. Il est contre les 35 h, se refuse à revenir sur l’allongement des durées de cotisation et sur l’âge de départ à la retraite. Il veut incarner « la vérité », une « gauche moderne », nom dont s’est affublé le mini parti de l’ancien maire socialiste de Mulhouse, rallié sans complexe à la droite sarkozyste, Jean-Marie Bockel. Hasard ? Ou analyse commune ? Appel du pied ? Le maire d’Evry veut, sortir, comme il le dit si élégamment, du « torrent de merde » qui serait déversé depuis l’éclatement de l’affaire Strauss-Kahn, un certain après-midi dans une suite du Sofitel de New York. Le hic c’est que si (nous ne le souhaitons pas) Dominique Strauss-Kahn était coupable –et le procureur Cyrus Vance Jr a maintenu hier les charges relevées contre l’ancien président du FMI- le "torrent de merde" en question retomberait aussi sec sur la figure (pour ne pas employer de mots vulgaires) de Manuel Valls, et il faudrait alors qu’il en tire les conséquences. Car, pas plus lui que moi ou d’autres, ne sait si l’ancien maire de Sarcelles est coupable. A moins que Valls ait été caché sous le lit, il n’en sait strictement rien. Qu’il laisse donc le temps au temps, cela lui rappellera peut être quelque chose.

Mais le "torrent de merde", c’est pourtant bel et bien d’abord les propositions faites par Manuel Valls, son obsession sécuritaire, son mépris des avancées sociales. Pur produit du PS, comme il n’y a pas si longtemps Besson et Bockel déjà cité, le député de l’Essonne vise 2017. 2012 devant être son « tour de chauffe ». Officiellement conseiller en communication, l’ancien membre du cabinet de Lionel Jospin, alors Premier ministre, n’a jamais rien fait d’autre que d’être attaché parlementaire ou membre de cabinets ministériels avant d’atterrir à Evry. Mais ce prototype de carrière n’est malheureusement pas unique au PS ou dans les partis de droite (voir Hortefeux et consorts à droite). On est loin d’un candidat du mouvement social.

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31 mai 2011 2 31 /05 /mai /2011 00:46

C’était sûr ! DSK allait remporter la primaire du parti socialiste. Et devenir ensuite président de la République. Tout ça par la grâce des sondages, et des campagnes de presse et des plans médias, à plus d’un an de la présidentielle ! DSK out pour les raisons que l’on connaît, la machine à sonder est repartie. Cette fois, le nouveau Messie c’est Hollande en personne. Rien ne saurait l’arrêter. Sauf, peut-être Martine Aubry, mais les sondages, toujours eux, ne sont pas encore au top. Pas d’inquiétudes, ça viendra.

Au centre, c’est Borloo (après Bayrou en 2007) qui est saisi non par la grâce mais par la fièvre. L’ancien ministre (sans interruption depuis 2002 jusqu’à son départ en novembre 2010, après que Nicolas Sarkozy lui ait fait miroiter le poste de Premier ministre avant de le recéder à Fillon, gardé au corps par Alain Juppé), a ainsi affirmé dans La Voix du Nord de ce mardi, sa volonté d’être candidat « pour gagner ». Cela aurait été sympathique qu’il annonce être candidat pour perdre… mais bon. On croirait entendre du Hollande dans le texte : « Cela fait des années, dit-il, que je prépare à cette éventualité et j’ai les sentiment que c’est le moment, que la présidentielle va se gagner au profit de celui ou celle qui anticipe le mieux les évolutions de la société française et qui va correspondre le mieux à ses attentes .» Rappelons donc à l’ancien ministre qu’aux européennes (2009), aux régionales (2010) et aux cantonales (2011) la droite a été largement battue. Pour anticiper les attentes de la société française, M. Borloo a des progrès à faire. Le même Borloo était partisan du Oui en 2005 (referendum sur la constitution européenne), comme d’ailleurs la plupart des dirigeants socialistes et la quasi totalité des leaders de droite. C’est le non qui l’a largement emporté. En phase, là encore avec les attentes des Français et des Françaises, M. Borloo…

Ce qui est drôle aussi dans les évidences, c’est ce commentaire sur le site du Monde, lundi soir : « L’ancien numéro deux du gouvernement, un ancien avocat d’affaires de 60 ans, populaire et à la fibre sociale marquée ». Populaire, sans doute. Même si on ne comprend rien à ce qu’il dit (1), Jean-Louis Borloo a un côté sympathique qui tranche avec les Premiers ministres ou ministres d’Etat compassés et droits dans leurs bottes. Mais la fibre sociale ? Où ont-ils vu jouer cela ? Quand il était avocat d’affaires ? Quand il était au gouvernement (huit ans, quand même) ?

Nous voilà bien lotis. A droite, c’est la confusion et le trop plein mais les véritables outsiders de Nicolas Sarkozy attendent pour le moment de voir si le président a la capacité de se présenter et de gagner. Ils se tiennent prêts, les Juppé et les Fillon. Villepin, Morin, Borloo amusent la galerie, pour le moment.

Au PS, c’est aussi le trop plein des ambitions personnelles. En s’engouffrant dans la présidentialisation, le parti de feu Mitterrand participe du rejet global de la politique.

La gauche de transformation sociale (appelons là comme ça, faute de mieux) mériterait d’avoir un(e) candidate(e) représentant réellement le mouvement social et le monde du travail et expliquant pourquoi politiquement c’est utile de voter pour elle/il. On en est malheureusement très loin.

 

  (1) Comme Michel Rocard… En fait, c’est pour cela qu’ils sont populaires tous les deux. On n’arrive pas à relever les contradictions.

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24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 20:33

Finalement, pourquoi ne serions-nous pas plusieurs millions à déclarer ensemble que nous sommes prêt à exercer des responsabilités ? A être tous et toutes disposés à devenir présidente ou président de la République ? Après tout, cela ne peut pas être pire que ce que c’est aujourd’hui.

A gauche, François Hollande se croit investi d’une mission quasi divine. Strauss-Kahn n’est pas encore enterré que la guerre des chefs repart de plus belle au PS, alors que l’Espagne bouillonne, que la Grèce se révolte, que le Portugal est dans la rue. À ce propos, une incise sur la révolution arabe.  Je pense que le vaste mouvement de protestation en France contre la réforme des retraites, qui n’a pas abouti mais qui a révélé des fractures et une volonté radicale de changement de la part d’un peuple entier, a aussi joué un rôle, au moins d’entraînement, dans ce mouvement international.

Mais revenons à cette guerre des chefs, loin de la bataille politique et sociale qui doit s’ouvrir, qui s’ouvre déjà. La crise économique et financière a montré que la réponse capitaliste traditionnelle  à la crise ne fonctionnait plus, que l’on pouvait ensemble, trouver d’autres voies. Cela ne se retrouve malheureusement pas dans la préparation des prochaines échéances politiques. Quand Moscovici (1) en arrive à reprendre pour lui même les formules éculées de tous les candidats au pouvoir : « Je me sens prêt à exercer des responsabilités au service de la gauche et de mon pays », on se dit que pour battre Sarkozy et la droite, pour mettre en place un nouveau système de développement et de gestion, pour changer, en un mot, la société, il est grand temps d’être des millions à se dire candidats, à intervenir dès aujourd’hui sur tous les lieux et sur tous les terrains et ne pas laisser l’avenir entre les mains d’un sauveur suprême auto désigné, quel qu’il soit.

 

 (1) Entretien aux Echos à paraître ce mercredi

 

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17 mai 2011 2 17 /05 /mai /2011 23:23

Il n’y a rien de pire que ce qui se passe actuellement. Le directeur général du FMI, candidat putatif à la présidence de la République, en prison, inculpé, entre autres, d’acte sexuel illicite et de tentative de viol. La presse internationale, mais surtout, on s’en doute, française, qui se déchaîne, qui alterne, comme les médias télé ou audiovisuels, les éditions spéciales, les logorrhées à n’en plus finir.

Les guerres qui pointent leur nez en Afghanistan toujours et plus proche de nous en Libye, sans oublier l’intervention française en Côte d’Ivoire.

La violence des propos xénophobes et des actes gouvernementaux allant dans ce sens en Europe, et particulièrement en France. Une régression sociale encouragée par des ministres et non des moindres. Un parfum des années trente quand le fascisme se voulait la réponse autoritaire –et démagogique- à la crise.

Pour la prochaine présidentielle, on n’aurait donc le choix qu’entre le déballage sordide de ce qui se serait déroulé dans la suite n° 2806 de l’hôtel Sofitel de New York et la naissance annoncé de l’enfant du président…

Le climat est malsain et délétère. Il est donc dangereux.

L’affaire DSK mérite cependant qu’on s’y arrête puisqu’elle est devenue un enjeu politique. Rappelons d’abord que le viol est un crime et qu’il ne s’agit pas là, comme avait cru pouvoir le dire un journaliste de France Info, de « frasques ». Il ne s’agit pas non plus de faire de l’ancien ministre socialiste des finances un coupable en puissance à cause de sa vie sexuelle réelle, supposée ou fantasmée. Personne, comme l’a souligné avec justesse le porte-parole des députés communistes, Roland Muzeau, ne sait ce qui s’est réellement passé dans la fameuse suite à l’exception de deux personnes : Strauss-Kahn lui-même et son accusatrice.

Nous ne jouerons pas au petit jeu des contradictions des uns et des autres, mais soulignons encore deux choses. Certains soutiens socialistes de DSK et une partie de la droite musclée tombent dans les mêmes travers. Une défense sans nuance d’un côté, des attaques perfides de l’autre. Ces deux attitudes discréditent la politique.

La deuxième chose concerne la justice américaine. Les uns nous disent que celle-ci est égalitaire puisqu’elle traite de la même manière les puissants et les moins fortunés. Les autres nous parlent avec terreur du cynisme de cette même justice. Rappelons le : la justice américaine est une justice accusatoire. C’est à l’inculpé de faire preuve de son innocence à la différence du droit français où c’est à l’accusation de prouver le crime ou le délit. Cette pratique américaine est en elle-même inégalitaire. Car les plus riches peuvent débourser pour des avocats et organiser de véritables contre-enquêtes, négocier avec les autorités, engager des détectives privés, des enquêteurs etc. Cette justice-là se rend coupable de nombre d’erreurs judiciaires et les couloirs de la mort sont remplis d’hommes dont on s’aperçoit parfois trop tard qu’ils sont innocents. En général, ces hommes-là ne sont pas des riches.

Revenons à la politique. L’éditorial de Nicolas Demorand, dans Libération demandant des « primaires, vite » fait un peu froid dans le dos. Ce ne sont pas des primaires dont ont besoin les électeurs et les électrices, mais d’une alternative politique claire.

Que vont faire demain les ministres socialistes, si la gauche arrive à reprendre le pouvoir, (mais rien n’est moins sûr) ?

Il semble bien établi que DSK ne sera pas candidat. Évidemment, cela change quelque peu la donne (mais là aussi les médias exagèrent, rien ne dit que Strauss-Kahn aurait été candidat aux primaires, et rien ne dit non plus qu’il aurait été désigné par le PS). Mais d’autres choses, à gauche, changent la donne. D’abord, l’annonce par Besancenot qu’il ne sera pas candidat et la fracture au sein du NPA où une forte minorité (près de 44%) se prononce pour continuer les discussions avec le Front de gauche pour ouvrir une alternative. Ensuite, par l’annonce de Jean-Pierre Chevènement qu’il sera candidat, mais cette dernière peut tomber d’elle même avec l’effacement forcé de DSK.

En tout état de cause, il est sans doute un peu trop tôt pour les formations du Front de gauche de désigner leur candidat, même si les jeux ont l’air d’être fait. La gauche de transformation sociale aurait plutôt intérêt à mobiliser autour d’alternatives, de programme politique, de luttes et de propositions ; de construire un rassemblement pouvant déboucher sur une candidature plutôt que de faire l’inverse, alors qu’il faut bien le dire, la candidature de Jean-Luc Mélenchon ne suscite guère d’enthousiasme, à tort ou à raison. La personnalité ne perce pas. Il n’incarne pas le monde du travail. Il ne personnifie pas le changement, ni en termes de génération au sens biologique du terme, ni en terme politique. Cela ne signifie pas qu’il faille un candidat communiste pur jus,  que cela serait même une erreur.

Il faut élargir le Front de gauche et faire jouer à toutes ses composantes leur propre rôle.

Bref, dans cette campagne présidentielle qui risque de voir déferler des torrents de boue et la démagogie de l’extrême-droite, entretenue d’ailleurs par le président de la République et ses chevau-légers (Guéant d’un côté, les députés qui, par antiphrase, s’intitulent la droite populaire), il est bien temps de faire vivre une alternative politique crédible qui s’adresse d’abord, mais pas exclusivement, au monde du travail, comme les communistes avaient réussi à en être les initiateurs au moment du Front populaire.

 

Un mot encore sur le déchainement de la droite, notamment sur ceux qui, à partir du cas DSK, s'en prennent sur le fond à la gauche. Faut il leur rappeler que les violeurs sont de toutes orgines politiques, sociales, etc. En mai 2003 c'est un conseiller municipal UMP de Neuilly-sur-Seine qui est arrêté; un maire UMP de Seine et Marne, est arrrêté en juin 2004; un conseiller municipal UMP des Pyrénées Atlantiques, arrêté en avril 2004... Tous, dans des affaires différentes, sont  mis en examen pour viols. La liste n'est malheureusement pas exhaustive. Et personne n'a dans ces cas là mis en cause les idées politiques de ces élus.

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2 mai 2011 1 02 /05 /mai /2011 00:06

Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy nous (re)parlent d'insécurité, ou de sécurité. Comme quoi l'une et l'autre seraient des gages pour une sécurité future de l'ensemble de nos concitoyens. A leurs basques, le maire socialiste d'Evry qui, pour paraphraser De Gaulle, saute comme un cabri à chaque fois qu'il entend le mot sécurité. Mais il est vrai que l'ancien conseiller de Lionel Jospin ne perd jamais une occasion de prouver que plus à droite que lui au PS tu meurs. Quitte à en dire, à défaut d'en faire, plus que des élus de droite eux-mêmes.

Revenons aux deux postulants à la présidentielle. De fait, l'autre et l'une sont des dangers pour la sécurité: ils sont créateurs d'insécurité. D'abord en ce qu'ils veulent jouer sur la division des travailleurs, sur l'exacerbation des tensions, sur la haine.

Pour le président Sarkozy le bilan est facile à faire. Cela fait onze ans maintenant que l'ancien maire de Neuilly est, pratiquement sans interruption, le responsable de la politique sécuritaire, ou insécuritaire, de notre pays. S'il éprouve encore, en 2011, le besoin de nous refaire le coup de 2007, en termes toujours plus grossier, c'est que sa politique, de ce point de vue, a échoué.

Imaginons le pire des scénarios, car il signifierait que le Front de gauche a été incapable de porter une alternative- : un deuxième tour Le Pen-Sarkozy. Quel que soit alors le (la) vainqueur (victorieuse) cela reviendrait à déstabiliser la France. Dans le cas de l'élection de Le Pen, cela signifierait qu'une large partie de l'électorat aurait refusé de voter pour l'une ou l'autre face d'une même médaille, donc nous aurions une abstention extrêmement forte. L'élection serait, de fait, illégitimée et le pays ingouvernable, car la majorité présidentielle ne coïnciderait sans doute pas avec la majorité parlementaire. Sarkozy élu ne serait guère  en meilleure posture, puisque une grosse majorité d'électeurs ne se  reconnaitraient pas dans sa politique. Dans les deux cas la France poserait un problème au reste de l'Europe, surtout si Nicolas Sarkozy poursuit sa politique militaire interventionniste à l'étranger.

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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 23:18

D’après des témoins – et aussi d’après les affirmations de la Préfecture de police- il y a eut de véritables rafles dans des squares du 19e arrondissement de Paris d’immigrants tunisiens, mercredi 27 avril 2011. Le visage que donne de la France Nicolas Sarkozy, soutien jusqu’au bout des ongles des dictatures de Ben Ali et de Moubarak, ressemble aux pires de notre histoire. Coups de gueule contre les étrangers, relents xénophobes, mépris des revendications des travailleurs (on parle d’une prime que, de toute façon, on ne pourra octroyer qu’à une infime minorité et qui sera bien loin des 1000 euros initialement promis). On éructe contre les Roms, on va faire la guerre en Afghanistan, en Libye, en Côte-d’Ivoire. On attend encore les protestations contre la répression au Yémen, à Bahreïn et en Arabie Saoudite. Même Berlusconi apparaît plus démocrate et plus civilisé que notre pauvre président !

Qu’on ne nous fasse pas de mauvais procès avec le mot rafle. Certains prétendent que son utilisation déprécierait les rafles contre les juifs menées par la police française et l’occupant nazi durant la seconde guerre mondiale. Rassurons les procureurs de faux procès, le mot rafle signifie selon le dictionnaire de l’Académie : « Arrestation massive opérée par la police à l'improviste. Synon. descente* (de police), coup de filet* (fam.), razzia (vieilli). Rafles de prostituées sur la voie publique; la police opère des rafles (…) ».

Les arrestations de Tunisiens dans les squares parisiens rappellent les rafles d’Algériens, en métropole, pendant la guerre d’Algérie.

Voilà la France revenue cinquante ans en arrière, par la grâce d’un président qui pense se faire réélire sur le terreau de l’extrême-droite et du nationalisme.

Nicolas Sarkozy doit se sentir cependant soulagé : il est soutenu par l’ineffable Manuel Valls (1) qui, sur les antennes de Canal + (2), s’est dit « pas choqué par le fait que l’on reconduise à la frontière des migrants en situation clandestine. » Ces Tunisiens, a-t-il ajouté « n’ont pas vocation à rester sur le sol français. Je pense que la gauche doit être aussi très claire sur cette question-là ».

Faisons remarquer au maire d’Evry, candidat à la candidature socialiste à la présidentielle, que ces jeunes tunisiens ont répondu à un appel d’air suscité par le vent de liberté initié par la révolution. Liberté, égalité, fraternité, ils y ont cru et ils ont cru que le monde leur appartenait, qu’il était libre, égalitaire et fraternel, comme l’avaient  voulu et Robespierre et Danton, et Babeuf et Saint-Just. Mais surtout Valls ne montre pas même l’once d’une ombre de compassion. Il préférait sans doute les Tunisiens enfermés sous le régime de Ben Ali, dont le parti fut membre, jusqu’aux jours ultimes, de l’Internationale socialiste (3).

L’expulseur en herbe de Tunisiens est le même qui se prononçait pour l’allongement de la durée de cotisation et pour le recul de l’âge de départ à la retraite, le même qui était pour dépasser les 35 heures.

Et voilà bien le piège qui fait le lit de toutes les aventures.  Avoir une opposition qui tient le même discours que le pouvoir. De quoi favoriser le trop sinistre « tous pourris » ou le « sortons les sortants » qui ont toujours été les slogans de la démagogie du général Boulanger à Pierre Poujade (dont le succès relatif en 1956 fit élire un certain Jean-Marie Le Pen à l’Assemblée nationale). Ne traitons pas Manuel Valls avec ironie ou mépris, l’UMP avait bien choisit Nicolas Sarkozy en 2007, et il fut élu. Le PS, englué dans ses primaires avec ses candidats touchés par une sorte de grâce divine présidentiable peut bien accoucher d’un candidat de l’ordre ; en l’occurrence de l’ordre ancien. Et Manuel Valls pourrait bien être celui-là.

 

(1)   Manuel Valls président c'est le désespoir au présent

(2)  Cité par Le Monde daté du 29 avril 2011

(3)  Un ami se posait la question de l’utilité aujourd’hui de l’Internationale Socialiste. C’est une bonne question car l’IS semble bien être peu regardante sur ses adhérents, à moins que cela ne soit une façon pour les grands partis gouvernementaux occidentaux de privilégier des contacts avec l’actuelle ou future classe dirigeante des pays émergents ou en développement.

 

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7 avril 2011 4 07 /04 /avril /2011 00:06

Revenons encore une fois sur les élections cantonales au plan national. Sur quelques points. Le Front de gauche marque une progression (8,92% cette fois, soit une progression de 1,13 point par rapport aux résultats du PCF en 2004). Si l'on ajoute, comme le fait le blog France-politique (link) les résultats des listes Front de gauche élargi au NPA (1), on arrive à 9,03% pour le Front de gauche. Le FDG permet donc globalement au PCF de retrouver son poids politique des années 90 (9,48% en 1992; 10% en 1998; 7,79% en 2004), puisque l'apport spécifique des candidats PG reste marginal (2). Le PS, avec 24,94% est en petite forme: il perd 1,27 point par rapport à 2004 (19,01% en 1992; 23,58% en 1998; 26,21% en 2004). Les Verts (8,7%), dont la presse nationale s'extasie devant le succès, ne font que retrouver leur score de... 1992 où ils obtenaient 8% des suffrages mais seulement 1 élu (8% en 1992; 3,36% en 1998; 4,08% en 2004). Quand au FN, il obtient il est vrai son plus haut score à ces élections, mais n'arrive à faire élire que 2 conseillers généraux contre 3 en 1998 (12,47% en 1992; 13,58% en 1998; 12,12% en 2004 et 15,06% en 2011).

 (1) Dans le Limousin et en Haute-Loire le NPA a fait liste commune avec le Front de gauche.

 (2) Ce qui ne contredit pas le fait qu'une partie de l'électorat FDG a voté pour ce dernier  parce qu'il y avait une politique d'alliance PCF-PG-GU, ouvert parfois à d'autres forces.

 

P.S (c'est le cas de l'écrire). Comme prévu pour Sainte Geneviève des Bois dans l'Essonne, le candidat, officiellement "union de gauche", Frédéric Petitta est inscrit au groupe socialiste du conseil général. Il aurait été préférable de le dire avant les élections, surtout que le conseiller général sortant, dont se réclamait Frédéric Petitta était, lui, inscrit au groupe des "sans inscrit de gauche"....

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4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 00:07

On entend Jean-Pierre Raffarin partout. L’ancien premier ministre, un des plus impopulaires que la France ait connu, qui a échoué dans sa tentative de s’emparer de la présidence du Sénat joue maintenant les vieux sages. La dernière leçon qu’il donne est à l’adresse de François Fillon, l’homme qui attend son heure. L’ancien premier ministre lui demande d’affirmer sa « loyauté » envers Nicolas Sarkozy. Nous voilà revenu  au féodalisme ou le suzerain doit prêter allégeance au souverain (et la vassal au suzerain). « On ne peut pas avoir dans la Ve République une divergence entre le président de la République et le premier ministre (..) ». Chirac était donc en osmose avec François Mitterrand ? Et Jospin avec Chirac ?

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29 mars 2011 2 29 /03 /mars /2011 19:58

En voilà un, paraît-il surnommé Rantanplan par le Premier ministre en personne, qui ne doute de rien et qui veut nous faire revivre l’épisode de l’homme au couteau entre les dents. Christian Jacob, proche de Jean-François Copé, le secrétaire général de l’UMP, est président du groupe UMP à l’Assemblée nationale. Jacob n’aime pas la gauche et il le fait savoir. L’ancien syndicaliste agricole avait appelé le 17 mars dernier, avant le premier tour des cantonales, les socialistes à se regarder dans "une glace" et à prendre pour les élections cantonales "les mêmes engagements" de non-alliance avec "l'extrême gauche" que la majorité avec le Front national.", ainsi que le rapporte l’Afp.

Il n'est malheureusement pas le seul à tenter de faire diversion de la sorte, comme Eric Raoult, député UMP de Seine-Saint-Denis et par ailleurs soutien jusqu'au bout de Ben Ali en Tunisie, qui s'est même exclamé à la télévision le soir du premier tour des cantonales: "ni facho, ni coco" (disant qu'il fallait rejeter les deux). De Gaulle lui-même qui fit alliance avec les communistes pour combattre le fascisme pendant le second conflit mondial doit aujourd'hui se retourner dans sa tombe, quels que furent par ailleurs les désaccords profonds entre communistes et gaullistes.


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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 22:57

Nicolas Sarkozy est coincé. Et, avec lui, l'UMP. Jacques Chirac avait voulu ce parti, qui unifiait la droite (RPR et "centristes") après la présidentielle de 2002 pour préparer les législatives. Nicolas Sarkozy en a fait sa chose depuis que le président d'alors lui en avait confié les rênes en novembre 2004. Élection après élection Nicolas Sarkozy n'a plus de réserve à droite. Il ne peut, lors des deuxièmes tours, que tenter de récupérer les voix des électeurs FN. D'où son glissement vers le FN et son incapacité à appeler en cas de duel FN-gauche à ne pas voter FN, alors que la gauche en 2002 avait appelé à voter Chirac face à Le Pen.

L'élection de 2007 a fermé les portes de "l'arc républicain" (1). Nicolas Sarkozy s'est alors avéré plus dangereux que Le Pen parce que lui pouvait être élu et appliquer son programme de régression sociale et de démagogie xénophobe.

Les élections cantonales montrent les dangers de la politique Sarkozy-Fillon. Le FN est à son score maximum lors d'élections de ce type avec 15,5% des suffrages. L'UMP baisse à 17% (d'après les chiffres du ministère de l'intérieur) tandis que le parti socialiste stagne à 25%. Europe-Écologie/Les Verts (EELV) double son score de 2004 en obtenant cette fois 8,41% mais avec tout de même une remarque: dans de nombreux cantons le candidat EELV était soutenu dès le premier tour par le PS.

Le Front de gauche obtient 9% (PCF, PG, Gauche Unitaire, parfois élargi aux Alternatifs, M'Pep, et même au NPA comme dans le Limousin avec Terre de gauche). Ce qui est intéressant dans la progression du Front de gauche, c'est qu'à la différence de EELV, il progresse non seulement par rapport à 2004 mais aussi par rapport à toutes les élections qui ont lieu depuis (la présidentielle et les législatives de 2007, les Européennes de 2009, les régionales de 2010). Depuis que le Front de gauche existe électoralement il ne cesse de progresser.

Toutes les tentatives faites et par le PS et par EELV pour déstabiliser les candidats communistes sortants ont échoué, notamment dans le Val-de-Marne (où le Front de gauche devient la première force politique du département avec 20% des suffrages) et en Seine-Saint-Denis. Le refus d'EELV (et de la candidate socialiste à Aubervilliers) de se désister pour le candidat de gauche le mieux placé (ce qui a amené les candidats communistes à se maintenir à Montreuil et à Romainville) montre que la politique politicienne fait encore des ravages de ce côté de l'échiquier politique.

Cette politique à courte vue de EELV peut faire perdre quelques cantons au PCF, mais cela n'empêchera pas une progression globale des élus communistes.

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