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11 novembre 2016 5 11 /11 /novembre /2016 22:48

L’élection présidentielle est dans moins de six mois et, au lieu de se décanter, la situation devient de plus difficile et semble se compliquer.

L’irruption des primaires dans le débat politique accentue la présidentialisation et les effets pervers et dangereux du système politique.

Les grands médias se comportent comme si ces primaires étaient déjà institutionnalisées et feraient partie intégrante de notre système électoral. D’où pour les deux grandes formations, le parti socialiste et les républicains, un pitoyable copier coller de ce qui se passe aux Etats-Unis. On a droit en ce moment à la droite dans tous ses états avec ces débats compassés où des candidats à la candidature, droits derrière leurs pupitres, tentent de déverser leur digest électoral en quelques secondes.

On parle et on reparle de toutes les petites phrases de la droite et, dans le même temps, on a droit aux mêmes analystes qui sautent de chaînes en chaînes et qui supputent sur les futures possibilités de candidatures du PS, se demandant chaque matin si Hollande va se jeter à l’eau ou s’il va être remplacé par Manuel Valls, qui piaffe d’impatience.

La gauche non socialiste, elle, n’arrive pas non plus à définir une stratégie commune tandis que la « gauche » du PS, ravie de jouer d’égal à égal avec les grands ne présente pas moins de trois candidats à la primaire de Cambadélis. On classera, nous, Montebourg à part. Mais être à part ne donne pas forcément une stature présidentielle.

Il reste donc en dehors de Nathalie Arthaud et de Philippe Poutou, et de Sébastien Nadot, qu’il ne faut pas oublier, comme candidatures déjà déclarées celles de Guaino, de Nicolas Dupont Aignan, de Yannick Jadot et de Jean-Luc Mélenchon.

Tout cet ordonnancement peut être complètement remis en cause d’ici fin avril, car personne ne sait qui, au bout du bout, sera réellement en piste, et c’est pour cela aussi que les sondages actuels ne sont pas crédibles car ils ne tiennent pas compte de ce que sera la réalité, mais sont le résultat d’un choix subjectif des sondeurs de qui sera candidat.

Cet ordonnancement peut être remis en cause parce que contrairement à ce que veulent nous faire entrer dans la tête les grands médias, les primaires ne sont qu’un instant de la vie politique et que, surtout, rien n’oblige dans la loi électorale, les partis ou les pré candidats, à en tenir compte.

On peut très bien avoir un Juppé désigné par les participants à la primaire LR et avoir un Sarkozy, -qui ayant décrété que Juppé s’étant allié à Bayrou, il n’a plus aucune crédibilité, - qui se présente quand même « pour le bien du pays ». Ou mettre un autre candidat dans les pattes de Juppé. L’inverse peut aussi être vrai. Un autre candidat de droite peut surgir, si c’est Sarkozy qui sort du chapeau.

Chez les socialistes, les choses peuvent plus claires et plus directes. Les primaires peuvent d’un seul coup être annulées si Hollande décide de se présenter et de faire directement appel au peuple, ce qu’il commence à faire (il suffisait d’entendre le porte parole du PS, Olivier Faure encore récemment). Cette hypothèse n’est pas absurde. L’élection de Trump peut servir Hollande et, qui sait, lui permettre de se maintenir au pouvoir. Cambadélis et Valls sont en train de déblayer le chemin et Hollande en a évoqué les grandes lignes lors de son intervention publique après l’élection de Donald Trump. En gros, la stratégie hollandaise est aujourd’hui la suivante ; le monde va mal, nos troupes mènent une guerre courageuse sur le terrain mouvant et dangereux du Moyen-Orient, nous sommes confrontés au terrorisme, les Britanniques sont en train de quitter l’Europe, l’Espagne, l’Italie sont instables, des régimes autoritaires et xénophobes s’installent dans certains pays d’Europe centrale, un nouveau président à été élu aux Etats-Unis et il ne vient pas du sérail politique. Or, nous menons une guerre sous commandement américain… Dans ces conditions le président sortant n’a plus qu’à dire, pour éviter que le trumpisme ne triomphe en France (suivez mon regard vers Marine Le Pen) et devant le danger de la situation : il faut que la France puisse être un havre de stabilité.

Ne rigolons pas. Ce cadre de coup d’Etat permanent se met en place. Les slogans répétés depuis les franges droitières du parti socialiste, jusqu’à la gauche de la gauche non socialiste, qu’il faut faire barrage au danger de la droite et de l’extrême droite, n’oublient qu’une chose : c’est que depuis près de cinq ans se sont les socialistes qui sont au pouvoir, qui mènent une politique de régression sociale, d’atteintes aux libertés, de guerre à l’extérieur sans compter les propos irresponsables et teintées de xénophobie de plusieurs ministres à commencer par le premier d’entre eux. C’est donc les socialistes qu’il faut chasser du pouvoir, et empêcher dans le même temps la droite et l’extrême-droite de revenir ou d’arriver au pouvoir.

Pour parer au danger les socialistes mettent en avant la victoire de Trump et la peur qu’il inspire, pour nous dire, en gros, il n’y a plus qu’à voter Hollande pour s’opposer à cela. Et ça peut marcher. Car s’il n’y a plus de primaires socialistes, Hollande jouant la fonction présidentielle, au-dessus des partis, alors on peut être quasiment assuré qu’aucun des prétendants à la primaire d’aujourd’hui ne voudra prendre le risque d’être celui ou celle qui aura permis au FN de gagner, même théoriquement, l’élection.

Nous n’avons plus trente-six solutions ni le temps. Si tous les candidats qui veulent un changement véritable (les trois candidats de la gauche socialiste, le candidat de France insoumise et celui du mouvement progressiste, ceux du NPA et de Lutte ouvrière) et les communistes veulent réellement trouver la solution la plus efficace, il faut, comme ne cesse d’ailleurs de le demander la direction du parti communiste, que tous ceux-là se mettent à table, ensemble, avec des syndicalistes, des associatifs et que de là émerge une candidature unique et commune, sur une base claire : pour battre la droite et l’extrême droite il faut aussi battre le candidat gouvernemental. Il nous faut donc clairement une alliance politique qui s’appuie sur le mouvement social et syndical, sur la réalité des entreprises et des quartiers populaires. Avoir maintenant une candidature communiste n’est pas contradictoire avec cette volonté. Cette candidature sera une mise à la disposition du mouvement populaire pour tenter, comme on le dit dans ces périodes qui sentent la guerre, de faire bouger les lignes. Et en disant clairement que ce n’est pas une candidature définitive.

Il faut aller vite parce que Hollande peut nous réserver des surprises.

 

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3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 14:03

Nous vivons une période difficile et extrêmement dangereuse. L’extrême-droite, dans une période de crise, est à deux doigts du pouvoir. La présidente du FN est actuellement donnée par les sondages entre 28 et 30%. Le discrédit des forces politiques traditionnelles, la droite représentée par les Républicains et le parti socialiste qui prétend incarner la gauche à lui seul, peut permettre une victoire du Front national au second tour de la présidentielle si sa candidate se trouve face à un représentant de l’une de ces deux formations. Et, disons le nettement, un deuxième tour Sarkozy/Le Pen ou Valls/Le Pen favoriserait l’abstention et ouvrirait la porte de l’Elysée au Front national.

Les institutions de la Ve République qui corsètent le débat politique ont été aggravées par la mise en place du quinquennat et le couplage de fait de l’élection présidentielle et des législatives. Aggravation due à Lionel Jospin qui s’est décidément trompé sur pas mal de choses. N’oublions pas que c’est le rejet du gouvernement Jospin et de la gauche plurielle qui a donné le résultat que l’on connaît lors de la présidentielle de 2002. Cet échec de Lionel Jospin, et la participation communiste à son gouvernement, n’a pas été assez analysé comme cause des reculs de la conscience de classe.

Les primaires, sous couvert de démocratie, referment encore plus le piège autour de l’ électorat populaire. Dans une vie politique marquée par un fort taux d’abstention –masqué en partie par l’ampleur de la non-inscription sur les listes électorales- ajouter des étapes incompréhensibles pour arriver au vote final ne peut qu’accroître l’abstention, notamment dans les quartiers populaires. (C’est pourquoi ceux qui pensent que Hollande ou Valls peuvent être battus lors de ces primaires minimisent la force des appareils d’Etat et du PS et ne tiennent pas compte de la réalité politique et sociale des quartiers populaires.)

Les médias, les directions politiques du PS ou des Républicains font comme si les primaires étaient déjà institutionnalisées. Débats télévisés entre les postulants, hautes autorités de contrôle, tout est fait pour singer les Etats-Unis dans un Etat, la France, qui n’est pas fédéral.

Les pré candidats se réclamant de la gauche socialiste (Lienemann, Hamon, Filoche et par raccroc Montebourg*) en se pliant aux règles de la primaire de Cambadélis, brouillent encore plus les cartes et reconnaissent, de fait, qu’ils sont dans le même camp que les Valls, Hollande, Rebsamen et compagnie.

Dans ces conditions, et avec la candidature de Jean-Luc Mélenchon, qui jusqu’à aujourd’hui refuse toute perspective d’alliance politique- les idées, les propositions, les actions des communistes, et plus généralement de l’ensemble du mouvement social, sont passées par pertes et profits.

Du vaste mouvement contre la loi travail, il ne reste plus qu’un débat électoral biaisé (on ne sait pas, évidemment qui sera réellement candidat).

Chercher jusqu’au bout l’union pour empêcher la droite et l’extrême droite d’arriver au pouvoir, et les socialistes d’y rester, est bien sur une nécessité. Pour le moment, force est de constater que les choses ne bougent pas. Présenter maintenant une candidature communiste permettrait de lever bien des obstacles. D’abord, elle serait l’affirmation de la politique communiste, liée au monde du travail et permettrait d’ouvrir une perspective politique. Cette candidature serait à la disposition du mouvement social et permettrait de continuer la discussion avec les uns et les autres jusqu’au bout. En clair, elle contribuerait à modifier le rapport de force.

Une candidature présentée par les communistes ne signifierait pas que notre candidate ou candidat soit obligatoirement membre du PCF, mais il y a une différence entre présenter une candidature ou soutenir une candidature. Le parti communiste n’a vocation à exister que s’il est un point d’appui pour transformer la société au profit des classes populaires.

On peut comprendre les arguments d’une partie des communistes qui pensent que la candidature de Jean-Luc Mélenchon doit être soutenue dès maintenant mais elle repose sur des illusions. Que Jean-Luc Mélenchon ait décidé seul de sa candidature, pourquoi pas ? qu’autour de lui se forme un nouvel objet politique : la France insoumise, pourquoi pas ?° Mais il faut alors qu’il accepte la discussion avec toutes les forces politiques qui pourraient le soutenir ou partager une partie de son programme et ainsi de transformer une candidature de ralliement en une candidature d’alliance politique.

Pour le moment France insoumise n’en prend pas le chemin. Et sur son blog*, Jean-Luc Mélenchon va plus loin. Ce mercredi, il a indiqué -en relevant le fait que c’était une première- que la délégation de la France insoumise qui rencontrait le PCF a « été composée (…) des partis et organisations qui constituent "l’espace politique" du mouvement. Cet espace est composé de divers groupes communistes du PCF qui se sont nommés "Communistes insoumis", de "la nouvelle gauche socialiste", du Parti de gauche et des militants de "Ensemble insoumis». Comment se sont autoreprésentés ces différents courants ? Mystère. Faudra-t-il désormais en conclure que la démarche initiée par France insoumise aboutisse au fait qu’il y aurait désormais deux PCF (l’un officiel, l’autre insoumis), deux Ensemble (l’un officiel, l’autre insoumis) et 1 PG (officiel et insoumis tout à la fois…) ? Ironie de la chose, cette décision valide a contrario ce que disent les communistes depuis des mois : à savoir qu’une alliance politique se construit avec des forces politiques. Mais dans ce cas-là, elle doit se construire avec les forces politiques telles qu’elles sont...

 

 

  • Un Montebourg qui par ailleurs ne fit pas un score exceptionnel lors de la primaire socialiste de 2012 (17%) et en se ralliant à Hollande permit la victoire de celui-ci. Il fut aussi avec Benoît Hamon un de ceux qui poussèrent le président élu à se débarrasser de Ayrault et à placer Manuel Valls à Matignon…
  • Je n’aborde pas ici le fond du programme de la France Insoumise.
  • Blog de Jean-Luc Mélenchon (http://melenchon.fr/2016/11/02/pendant-vacances-scolaires-de-novembre/)

 

 

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31 août 2016 3 31 /08 /août /2016 10:53

Manuel Valls est content de lui. Même quand il feint la colère. Mais le premier ministre (5% à la primaire socialiste de 2012, c’est dire comme il est apprécié même dans son camp) joue comme à son habitude avec le feu, se trompe d’époque et surtout tient des propos dangereux et… hors de propos.

Tout excité lors de son meeting présidentiel (1) de Colomiers lundi dernier (on est naturellement certain que les frais de ce meeting, abusivement appelé de la majorité alors qu’il ne regroupait qu’une fraction du parti socialiste, seront comptabilisés comme frais de campagne présidentielle…) Manuel Valls a ainsi affirmé : « Marianne, le symbole de la République, elle a le sein nu, parce qu'elle nourrit le peuple. Elle n'est pas voilée, parce qu'elle est libre. C'est ça, la République ! » Quel conservatisme ! Pour lui, le rôle de la femme est de nourrir le peuple. Dans la plus pure tradition machiste il assume à la femme un rôle uniquement nourricier. En dehors du sein, point de salut. Manuel Valls fait peut-être allusion à certaines représentations bustées de Marianne qui trônent dans les mairies où l’on devine les formes de la femme du peuple (car Marianne, comme son prénom l’indique, est d’abord une femme du peuple). Il ne se souvient sans doute pas du tableau de Delacroix « la liberté guidant le peuple » (guidant, pas nourrissant). C’est donc la figure de la liberté, sein nu effectivement, qui est debout sur une barricade ayant à ses côtés un « Gavroche », un petit-bourgeois en chapeau (soit un commerçant soit un journaliste ou un intellectuel) et un ouvrier. Elle et ils sont tous sur une barricade. Elle et ils sont armés pour faire face à l’oppression. La liberté a le teint hâlé car comme on le sait, parce que fille du peuple, « Marianne a la peau brune ».

Alors, oui, la révolutionnaire à la peau brune qui se bat avec des armes sur une barricade, c’est notre symbole, pas celui d’une bourgeoisie compassée qui fait la claque dans les meetings socialistes.

Valls parle du sein, de la nourrice, mais pas de la révolution et des armes. Un beau cas pour la psychanalyse.

Mais là où Valls se trompe encore lourdement c’est son attaque sur le vêtement lui-même.

Je ne suis ni un adepte ni un défenseur du burkini, dont je me moque éperdument. Mais d’après ce que j’ai pu en voir ledit dit maillot épouse les formes (excusez- moi du terme) de la baigneuse. Ce n’est pas un vêtement asexué : on sait à qui on à affaire. Deuxièmement le dit burkini ne cache pas le visage, ce n’est donc ni une burqua ni niquab qui, lui, ne permet de ne distinguer que les yeux. Ce n’est donc pas un vêtement « salafiste » et il est même condamné par les intégristes pour qui les femmes ne doivent pas se mêler aux hommes, etc.

Manuel Valls part aussi en guerre contre ce qu’il appelle, toujours à propos du burkini "des signes de revendication d'un islamisme politique", par-delà l’absurdité du propos a-t-on entendu une seule fois Manuel Valls partir en guerre contre le parti démocrate chrétien de Christine Boutin, ou de l’Union chrétienne-démocrate d’Angela Merkel ? Ce n’est pas l’islam politique qui est dangereux, c’est le courant droitier, conservateur, totalitaire qui peut exister en son sein. Pour ma part, bien qu’athée, je me suis toujours félicité des accords politiques que je pouvais avoir avec le père Cardenal, théologien de la libération et révolutionnaire sandiniste, avec l’ACO et la JOC qui se réclament si je ne m’abuse de la doctrine sociale de l’Eglise, d’Hugo Chavez qui affirmait sa foi catholique et en faisait une arme politique. Ce n’est donc pas un choix politique fait à partir d’une réflexion religieuse ou théologique qui est condamnable en soi. En ne focalisant que sur l’islam Valls divise et montre du doigt.

Mais le locataire actuel de Matignon est, on le sait, le Fillon du pauvre (le pôvre étant Hollande). Il ne prépare que la présidentielle, espérant que Hollande se présente et soit battu pour pouvoir être là en 2022. Sauf que François Hollande a peut-être un autre calendrier : ne pas se présenter, donc laisser filer Macron, et parier sur… une défaite de Valls, pour lui-même revenir en 2022.

Hypothèses, hypothèses.

Tous ces coups bas ne sont pas dignes de la République généreuse, démocratique, laïque et sociale. Valls, Hollande et leurs affidés sont en train de tuer la République et d’ouvrir un boulevard à la vieille droite rancie et à l’extrême-droite xénophobe et antisociale.

(1) Meeting présidentiel parce que la démission presque simultanée de Macron peut aussi signifier que Hollande a décidé de laisser la place.

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14 juin 2016 2 14 /06 /juin /2016 18:15

La droite et une grande partie des dirigeants socialistes actuels mettent dans le même sac le terrorisme de l'organisation État islamique, les hooligans et les manifestants. (A entendre le vocabulaire de certains députés socialistes et des ministres, on assiste à un retour aux années cinquante du siècle dernier : mélange d’anticommunisme et d’antisyndicalisme primaires).

Il y a pourtant un moyen bien simple pour rendre le pays moins anxiogène, comme ils disent, et pour "libérer" des policiers pour la lutte antiterroriste (mais on sait bien qu'il faut aussi les former, et les arguments de Cazeneuve renvoyant la baisse des effectifs policiers sur la droite ne tient plus la route après plus de quatre ans de pouvoir) : c'est d'abandonner la loi travail qui est rejetée majoritairement par le peuple de France. Le principal point de blocage, c'est le gouvernement et ses soutiens parlementaires.

Aujourd'hui, du côté gouvernemental, c'est la CFDT qui est isolée. Elle se retrouve seulement avec la CFTC et une partie de l'Unsa. Tous les autres syndicats sont contre cette loi. Et l'UPA (artisans) défend, elle, les accords de branche par rapport aux accords d'entreprise. Le gouvernement joue un jeu dangereux. Il fait tout pour faire exploser la situation. En fait, il ne tient plus rien. Il est même incapable d'assurer la sécurité lors de compétitions sportives.

Pour le bien de la France, la loi dumping social de Valls-El Khomry doit être retirée et ce gouvernement rentrer à la maison.

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14 juin 2016 2 14 /06 /juin /2016 00:24

Tout le monde a vu les images du Vieux Port dévasté à Marseille après des confrontations entre hooligans venus de différents pays. Mêmes affrontements et mêmes scènes violentes à Nice. Dans un des stades de compétition, une bombe fumigène a même été lancée. Des affrontements ont eu lieu dans les gradins. On peut plus que sérieusement s'interroger sur l'efficacité des mesures prises pour contrer la violence.

Notre ministre de l'Intérieur, toujours propre sur lui, avec sa petite pochette blanche qui dépasse de la poche supérieure gauche de son costume (1), le dit et le répète: on ne peut pas accuser les forces de l'ordre ni les autorités d'une quelconque négligence. Tout a été bien fait, susurre-t-il en substance. Force est de constater que le bilan de Bernard Cazeneuve est plutôt faible.

En proclamant l'état d'urgence après les attentats de novembre, le gouvernement avait placé en résidence un certain nombre de militants écologistes (ce qui n'avait rien à voir avec le terrorisme) et interdit plusieurs manifestations, notamment celle organisée au moment de la COP 21. De même, des mesures administratives interdisent à des personnes d'aller manifester. Le gouvernement (et notamment Valls, Cazeneuve, Sapin et Vidalies - ce dernier n'hésitant pas à dire que les opposants à la loi travail agissaient contre la France) brocardait à qui mieux mieux ceux qui allaient mettre en péril l'Euro. On voit bien qui provoque le désordre et un désordre qui est sans commune mesure avec les violences des plus durs des casseurs agissant parallèlement aux manifestations.

On nous annonce, maintenant que les affrontements ont eu lieu, des mesures. Mais pourquoi n'ont-elles pas été prises avant? C'est, décidément, une manie de ce gouvernement : il présente un projet de loi (sans discussions, les syndicats en apprennent le contenu par la presse), puis, devant la montée de la contestation le transforme (sans toucher à l'essence même du texte) et affirme ensuite que le projet est maintenant bon et qu'il était mauvais auparavant. Mais qui a écrit ce texte, l'a présenté? S'il était mauvais, c'est qu'il y a de biens mauvais ministres, un bien mauvais Premier ministre et un président de la République qui couvre tout cela et qui ne sait plus comment se sortir de la situation où il a enfermé la France.

(1) "Les pochettes brodées aux initiales des convives sentent le petit bourgeois", écrivait Hervé Bazin dans Vipère.

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17 avril 2016 7 17 /04 /avril /2016 14:12

Emmanuel Macron est sorti du bois. Le petit chaperon rouge n’aurait eu aucun mal, de toute façon, à deviner, justement, de quel bois Macron était fait. La dent carnassière, l’œil brillant, le poil lustré, l’ami de table de Jacques Attali et de François Hollande (c’est chez le premier que le second fit sa connaissance), qui gagna deux millions d’euros en quelques mois de présence à la banque Rothschild, n’a qu’une ambition, non pas de servir la France mais de se servir de la France pour atteindre le pouvoir.

Le petit chaperon rouge ne s’y serait pas laissé prendre et n’aurait donc pas été mangé.

Les millions de chaperons rouges qui défilent dans les rues, qui se battent dans les entreprises, qui discutent sur les places publiques sauront faire rendre gorge aux Macron, Valls, Sapin, Hollande et autres Rebsamen et Le Guen qui tentent de nous mener tout droit à l’abîme.

Ce Le Guen, par exemple, ministre des relations avec le Parlement, strauss-kahnien rallié à Hollande lorsque DSK glissa malencontreusement sur la carpette de sa chambre d’hôtel new-yorkaise, a une idée géniale en pleine tempête de la jeunesse : légaliser la consommation de cannabis. L’idée en soi n’est pas sotte, la prohibition (de quelque nature qu’elle soit et quelque produit qu’elle touche) favorise la pègre et les mafias de tout poil (1).

Mais voilà, alors que la jeunesse est dans la rue et prend sa place, Le Guen agite la feuille de cannabis pour tenter de faire tomber la tension. (On vous refile 500 millions et le nirvana pour que vous laissiez les salariés tranquilles). Quel mépris pour la jeunesse et plus globalement pour le peuple !

Le Guen aux costards aussi bien taillés que ceux de Valls et de Macron (concours d’étalage de fric à chaque séance de l’Assemblée nationale) (2) est celui qui oublia de mentionner 700 000 euros dans sa déclaration de patrimoine. Il faut de tout pour faire un ministre.

Revenons au Macron qui, du jour au lendemain, nous assène que son mouvement –qu’en toute modestie il a baptisé de ses initiales, comme pour des boutons de manchette- a déjà 13 000 adhérents. Tombés du ciel. En fait, l’énarque se sert de son poste ministériel pour préparer son avenir en jouant les rabatteurs pour Hollande, si celui-ci va jusqu’au bout. Ou en jouant sa carte perso, si il n’y va pas. Ce qui les arrangerait en fait, ce serait que la droite revienne au pouvoir en 2017 pour se présenter vierge de toute malfaisance en 2022.

La troisième guerre mondiale est sociale, écrit Bernard Thibault. Il a bien raison.

Elle a commencé et nous allons la gagner.

  1. Il n’est qu’à voir ce que les législations sur le tabac, et l’augmentation considérable de son prix, ont provoqué : augmentation du trafic de cigarettes, donc de la contrebande. Et on sait que les chemins pris par les contrebandiers de cigarettes sont aussi utilisés par les trafiquants d’armes…
  2. Encore que Macron les porte relativement bien, par rapport au Premier ministre dont les chemises collent à la peau et qui ne peut s’empêcher de s’agiter dans tous les sens.
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8 avril 2016 5 08 /04 /avril /2016 00:08

En ces temps perturbés, où le monde sent la guerre et où les possédants se croient encore les maîtres, il ne faut jamais cesser de crier au scandale.

Il y a une affaire Macron.

Et elle est politique.

La France croit qu’elle a un ministre de l’Économie, mais ce poste est inoccupé. A qui fera-t-on croire qu’on est ministre à temps plein quand l’obsession est de créer un mouvement politique à ses propres initiales ? Dans le confusionnisme, nous avions déjà la France bleue Marine. Emmanuel Macron (« ni de droite ni de gauche », dit-il en parlant de son mouvement, reprenant les termes mêmes du Front national) ne se donne même pas la peine de cacher son ego. Son mouvement, c’est lui ; et il est son mouvement.

Mais cela est péché véniel.

Nous avons donc un ministre en titre qui a passé son temps, ces dernières semaines, voire ces derniers mois, à s’occuper de la fondation de son mouvement. A qui fera-t-on croire que les quelques centaines de personnes réunies pour applaudir Macron, le nouveau Messie, à Amiens, sont venues là toutes seules, sorties de rien ? Comme si tout cela n’avait pas été préparé depuis longtemps, au détriment d’un travail de ministre. Il n’est qu’à aller sur le site de En marche pour voir que l’argent de la communication n’a pas été perdu pour tout le monde.

Mais il y a à mes yeux plus grave que ce détournement de la fonction ministérielle. Certains médias s’extasient de cette nouvelle manière de faire de la politique, comme un one man show. Mais, là encore, c’est Le Pen père qui donna le la en arpentant les estrades avec son micro baladeur, il y a déjà plusieurs décennies. Ce n’est pas « ni gauche, ni droite », c’est « nigaud, ni droit ».

Dans la salle où Emmanuel Macron, -paraît-il représentant d’une nouvelle génération, mais à 39 ans, on n’est quand même pas né de la dernière pluie, - les journalistes, nous dit-on, n’ont pas eu le droit de rentrer. Ils ont tout suivi en direct sur Internet. Les seules images dont nous disposons sont donc celles fournies par Macron lui-même. En matière de démocratie et de pluralisme de l’information, on fait mieux.

Et cela résume tout : derrière le masque du jeune prodige, aux dents carnassières, pointe l’autoritarisme et le culte de la personnalité : "mon mouvement, c’est moi" ; "l’information sur moi-même, c’est moi". C’est du Valls en plus souriant. Le locataire de Matignon ne peut s’empêcher de bougonner, de crier, de suer. Il n’apparaît jamais à l’aise, même dans ses costards taillés sur mesure et qui valent bonbons. Mais il y a une différence, quand même : Valls se rêve en Clémenceau, Macron se rêve en Macron.

Le vide politique sidéral du pouvoir –et son incompétence- et de son opposition officielle, secrète les Le Pen, les Macron et les Valls.

Il serait bien temps d’en finir.

P.S- On serait Premier ministre, on virerait Macron pour ne pas avoir fait son boulot de ministre, ce pour quoi il est payé par la République. Mais Valls n’en fera rien. Macron, à l’égal de Sarkozy, est son ennemi préféré. Au petit jeu du plus à droite que moi tu meurs, Valls peut même se trouver à la gauche de Macron, c’est dire.

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8 octobre 2015 4 08 /10 /octobre /2015 16:32

Dans un éditorial (1) plein de bons sentiments –dans le meilleur sens du terme- le directeur de la rédaction de L’Express, le multimédiatique Christophe Barbier plaide pour l’accueil des réfugiés en France. Il le fait, il faut bien le dire, de bonne manière. Mais –car il y a toujours un mais- il faut qu’il finisse en écrivant : « Mais il est une condition : que l’Etat enclenche d’urgence une réforme de l’islam de France, afin de le doter d’une organisation légitime et d’un pacte avec la République condamnant toute dérive intégriste. Cette évolution, d’évidence, ne viendra pas d’en bas : c’est donc au pouvoir politique de l’accomplir, au plus vite. »

C’est évidemment ce demi paragraphe qui pose problème. « Dérive intégriste » peut s’entendre de deux manières : politique ou religieuse. Si c’est la dérive religieuse qui pose problème : en quoi l’Etat est-il en droit d’intervenir ? La séparation des églises et de l’Etat implique aussi que l’Etat ne s’occupe pas du spirituel. Si un chrétien de stricte obédience veut s’obliger à manger du poisson chaque vendredi, libre à lui. Il lui est par contre interdit d’imposer sa poissono-idolatrie à tout le monde. L’intégriste religieux musulman peut faire ce qu’il veut de son corps et de sa nourriture, tant qu’il n’oblige pas tout le monde… et ainsi de suite. Et en quoi les organisations cultuelles juives ou chrétiennes, toute obédience confondue, seraient plus légitimes que l’islam auquel il faudrait donc, si l’on suit Christophe Barbier, doter d’une organisation légitime (sous entendu : elle n’en a pas) ? L’éditorialiste de L’Express va au bout de sa démarche lorsqu’il affirme tout de go que cette réforme ne doit venir que du pouvoir politique… En clair, il politise un débat qui ne devrait être que de nature religieuse.

Si c’est l’intégrisme politique qui pose problème, alors il faut le résoudre par des moyens politiques et non administratifs. Et là aussi ne pas faire d’amalgame en ce qui pourrait être une idéologie intégriste –à combattre par des moyens politiques- et le terrorisme, dont les intégristes d’ailleurs n’ont pas l’apanage.

Parce que le fond, il est bien là. L’intégrisme chrétien (politique et religieux ) existe bel et bien. L’intégrisme juif (politique et religieux ) aussi. Christophe Barbier ne demande pas une réforme du catholicisme, du judaïsme ou du protestantisme.

Finalement, la vision qu’il donne de l’islam est très réductrice. Les routes de l’enfer sont souvent pavées de bons sentiments.

(1) L’Express, n°3352, 30 septembre 2015

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5 octobre 2015 1 05 /10 /octobre /2015 15:56

On est toujours effrayé par la bêtise humaine, encore plus quand elle se conjugue avec la haine de classe. Le PDG d’Air France qui ne doit cette sinécure qu’à l’Etat français, et qui devrait être au service du pays et de la compagnie, n’a aucune honte ni pudeur à décider sur un coin de table où il doit tailler dans le vif des effectifs quand les syndicats et les salariés refusent, avec raison, de travailler plus pour gagner moins (d’autant plus que cet alignement sur les compagnies à bas coûts pose un problème de sécurité pour les usagers). Les PDG, les actionnaires, eux, partent toujours les mains pleines.
Donc, la direction d’Air France, avec l’aval du gouvernement, décide de fermer des escales et de licencier. C’est-à-dire de rendre la vie impossible à des milliers de salariés (et renforcer en même temps, tiens tiens, les transports par autocar si chers au ministre d’Attali, Emmanuel Macron).
Il ne faut donc pas s’étonner que des salariés d’Air France soient venus en nombre au CCE exprimer leur colère. La violence froide des patrons est toujours excusée par Valls et consorts. Mais dès qu’un salarié n’opine pas du bonnet, l’ancien maire d’Evry ne jure que par la trique.

Il est vrai que dans la tradition de Clémenceau, mâtinée de beaux restes de la SFIO, la social-démocratie française a une vieille passion pour la répression et le sang des travailleurs : les chars dans les corons en 1948, les guerres coloniales en veux-tu en voilà, les tortures pendant la guerre d’Algérie. La répression, toujours, contre les salariés qui relèvent la tête. On attend toujours la loi d’amnistie pour tous les salariés condamnés pour avoirs défendus les droits syndicaux, comme on attend toujours un quelconque soutien du gouvernement et du parti socialiste aux salariés licenciés parce que syndicalistes. Il est vrai que parader devant le Medef permet à certains de préparer leur avenir en cas de défaite électorale.

La gauche de cette social-démocratie à la française va-t’elle enfin réagir autrement que par des discours ? Si elle reste le cul coincé entre deux chaises, elle portera aussi la responsabilité de ce qui risque d’advenir de la France des salariés.

La bêtise élevée au rang des beaux-arts, c’est encore et toujours Emmanuel Macron, le rival de Valls, affirmant que les pilotes d’Air France sont irresponsables et qu’ils doivent accepter des sacrifices. Venant d’un homme, on ne cessera de le rappeler, qui gagna deux millions d’euros en un an et demi de travail chez Rothschild, cela pue l’insolence et surtout l’inconscience.

Dans le domaine de la tartufferie toujours, on peut encore citer notre président de la République qui, doctement, demande aux Russes de ne s’en prendre qu’à Etat islamique (le président prononce dash, pour grande lessive certainement). Il ne faut donc pas, selon lui, que les Russes s’en prennent, par exemple, au front Al Nostra, qui est pourtant la branche syrienne officielle d’Al Qaida.

De qui se moque le président ? Ou est-il encore sous le charme de sa dernière visite en Arabie saoudite -le pays qui décapite au sabre, qui bombarde les sites classés de Saada (Yémen) et qui met le feu dans toute la péninsule arabique ?

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Published by jacques dimet - dans Politique
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30 septembre 2015 3 30 /09 /septembre /2015 23:01

Manuel Valls –et de la même manière Marylise Lebranchu, sa ministre de la fonction publique ce soir sur I Télé interviewée par Olivier Galzi- se croit au dessus des lois. Décrétant tout seul ce qui est bon pour les fonctionnaires, il décide de mettre en application, au mépris de la loi un accord minoritaire. C’est le fait du prince. La démocratie est une fois de plus bafouée et si le Premier ministre peut se défaire de la loi, c’est la porte ouverte à tous les débordements.

Pas un seul responsable socialiste n’a, jusqu’à ce soir, crié son indignation. Les nouveaux godillots ne mouftent même plus sur les questions sociales et de représentativité.

Manuel Valls est sans doute un rebelle qui se cache, tout comme son complice-rival Emmanuel Macron, le chouchou de Jacques Attali. En tout cas il est devenu un hors-la-loi…. Et il reste Premier ministre.

François Hollande qui paradait au congrès de la CES montre, lui aussi, le peu de cas qu’il fait des salariés et ce qu’il entend par le dialogue social : « C’est comme j’vous le dit, et fermez là », dit-il en substance. Le retour de bâton risque d’être sévère et saignant.

Dans un autre registre, le matamore François Hollande a fait bombarder un centre de formation des nouvelles recrues de l’organisation Etat islamique en Syrie. L’Organisation syrienne des droits de l’Homme(OSDH) a indiqué que parmi les morts se trouvaient douze enfants soldats. Certes, les criminels de EI sont les premiers responsables du massacre en enrôlant de force ces enfants. Mais François Hollande se donne une posture de guerrier à bon compte. Ce n’est pas aux enfants qu’il faut faire la guerre –fusent-ils soldats-, mais à ceux qui arment, financent, achètent du pétrole, commercent avec EI.

Qu’allait donc faire en Arabie saoudite le président Hollande ? (1)

(1) A part jouer avec un sabre, au moment même où cinq têtes étaient tranchées dans ce pays si démocratique….

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