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25 septembre 2015 5 25 /09 /septembre /2015 16:05

On n’ose pas dire qu’il y a parfois des imbéciles heureux… la justice risquerait de nous rattraper, par ces temps où la judiciarisation abusive touche tous les domaines.

Olivier Faure qui est l’un des porte parole du PS et député de Seine-et-Marne (tout comme son collègue porte parole lui aussi Eduardo Rihan Cypel –ce qui est amusant d’ailleurs c’est que ces deux là sont toujours très content d’eux-mêmes et de la politique gouvernementale) nous livre le fond de sa pensée sur les réfugiés. Dans un point de vue, le député Faure y va de ses grandes phrases pour nous dire que les réfugiés, donc, marchent vers la liberté, parce qu’ils marchent vers l’Europe et non pas vers l’Iran. Dans le courrier des lecteurs de L’Humanité Christian Kazandjian relevait toute l’inanité d’une telle déclaration. L’Iran compte sur son sol plusieurs millions de réfugiés afghans. Effectivement, les réfugiés ne marchent pas vers le Qatar ou l’Arabie Saoudite, comme le dit également dans sa tribune Olivier Faure, tout simplement parce que ces pays ferment leurs frontières et qu’une répression impitoyable y sévit. Mais ce que ne dit pas le brillant député socialiste, c’est que le Qatar et l’Arabie saoudite sont de fidèles alliés de la France et que le président Hollande n’hésite pas une seconde à aller faire des courbettes à Riyad, capitale du pays où il y a le plus d’exécutions capitales au monde et qui intervient brutalement, et sans l’ombre d’une protestation occidentale, au Yémen.

Olivier Faure se félicite des « réactions fortes de la France et de l’Allemagne » qui « doivent susciter un élan dans les autres Etats européens ». Mais la France d’Olivier Faure va accueillir en deux ans 24 000 réfugiés. Deux ans. Or, la guerre en Syrie, en Irak, la situation de guerre en Afghanistan (et je ne parle même pas des guerres françaises en Afrique) ont lieu maintenant. C’est maintenant qu’il faut accueillir les centaines de milliers de réfugiés qui représentent désormais le quart de la population du Liban. Il y a également 600 000 réfugiés syriens en Jordanie, pour une population de 8 millions d’habitants.

Olivier Faure n'évoque pas, même du bout des lèvres, les 600 000 réfugiés ukrainiens accueillis par la Russie et dont l'Europe occidentale se fout comme d'une guigne.

On est loin du compte avec l’accueil promis par François Hollande. Il faut faire vite : accueillir les réfugiés et en même temps faire cesser les guerres qui enveniment le monde. Les rôles joués d’abord par le pouvoir sarkozyste et ensuite par le côté va-t’en guerre de François Hollande et Manuel Valls (plus je bombe le torse, plus j’apparais grand) ne vont pas dans ce sens. De toute façon, question guerre François Hollande les perd toutes, à commencer par celle contre le chômage….

Olivier Faure ne se contente pas de passer la brosse à reluire aux dirigeants français et allemands, il parle des « fondements humanistes de l’Europe telle qu’elle a été pensée par ses pères fondateurs après la Seconde guerre mondiale. » Ces valeurs étaient tellement humanistes que le parlement français (dont la moitié des députés socialistes) a refusé en 1954 la Communauté européenne de défense et que la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA), ancêtre des institutions européennes actuelles a, elle été votée, mais était loin de faire l’unanimité. Le bilan de cette Europe là ne va pas, en tout cas, dans le sens de l’humanisme. La CECA, puis ensuite la Communauté européenne ne s’est pas émue des guerres coloniales, dont ses membres, dont la France, étaient parties prenante. Elle ne s’est pas émue non plus des dictatures fascistes en Espagne et au Portugal, puis en Grèce. Elle ne s’est pas opposée à la guerre du Vietnam. Elle a laissé la Turquie mener la guerre au peuple kurde. Elle a laissé la Grande Bretagne mener une véritable guerre, même si dans les formules des spécialistes, elle était de basse intensité, contre les républicains irlandais. Bref, la Communauté, puis ensuite l’Union européenne, s’est toujours complu dans les guerres menées à l’étranger. Et elle s’est abusivement appropriée le nom d’Europe, alors que la majorité des pays du continent n’en étaient pas membres.

La paix sur le continent jusqu’en 1991 (si on exclut la guerre contre les Kurdes et la situation en Irlande du Nord) n’est pas due aux vertus humanistes de la « petite Europe » mais au rapport des forces avec une Europe divisée en deux. La meilleure preuve a contrario est que depuis la disparition des pays socialistes d’Europe, la guerre a repris (ex Yougoslavie, Transnistrie, Caucase, Ukraine…) alors que l’Union européenne était toujours là.

Comme quoi la guerre et/ou la paix ne dépend pas de l’existence ou non de l’Union européenne et de ses valeurs libérales.

Olivier Faure nous bassine avec son modèle européen qui, dans tous les domaines a fait faillite.

Il est temps, pour les réfugiés et pour les peuples d’Europe –de toute l’Europe- de passer à autre chose.

(1) L'Humanité du 7 septembre 2015, où plusieurs tribunes traitaient de la question des réfugiés.

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11 août 2015 2 11 /08 /août /2015 01:45

François Rebsamen s’en va. Certes, le de nouveau maire de Dijon, qui a quand même 64 ans et pourrait s’arrêter là, n’abandonne pas tout. Il se met simplement au vert. Sur d’avoir un poste sur jusqu’en 2020.

Ainsi sont-ils.

Quand le président de la République fait de la lutte contre le chômage la pierre angulaire de sa politique et que son propre ministre (et "hollandais" historique) s’en va en cours de route, cela fait tâche.

C’est tout simplement une désertion en rase campagne à moins que Manuel Valls, qui s’était opposé à ce François Rebsamen lui succède au ministère de l’Intérieur (alors que le maire de Dijon ne rêvait que de cela), n’ait eu la peau d’un proche de Hollande (il faut dire que l’échec de Rebsamen est patent, tout comme ses calinades au patronat (1) sont parlantes).

Valls fait désormais comme si il était le patron. Et le PS, « frondeurs » compris, se transforme en parti godillot.

« Chômeurs, je vous laisse », nous dit en fait Rebsamen. Mais ce n’est pas le ministre du travail seul qui doit partir. C’est tout le gouvernement, le président et leur majorité parlementaire qui avalise la politique gouvernementale qui doivent s’éclipser.

Ce ne serait que justice.

(1) Rappelons que c’est ce ministre du travail qui proposa de supprimer un certain nombre de seuil, allant même au devant des désirs de Pierre Gattaz.

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11 août 2015 2 11 /08 /août /2015 01:15

Comme on le sait, Paris-Plage invite pour une journée Tel-Aviv. En soi l’information ne vaudrait pas tripette si ce n’est que le gouvernement d’Israël est en guerre contre le peuple palestinien et que Tel-Aviv est la capitale d’Israël (1).

Ce n’est évidemment pas à Tel-Aviv et aux habitants de cette ville qu’il faut s’en prendre, mais au symbole que signifie l’invitation officielle fait à une grande ville israélienne par la mairie de Paris alors que le blocus de Gaza continue, que la répression s’intensifie dans les territoires occupés et que l’Etat d’Israël lui-même n’a jamais respecté une seule décision de l’ONU bien qu’il soit une création ex nihilo de l’organisation internationale.

Inviter Tel-Aviv aujourd’hui, c’est mettre, chacun doit être à même de le comprendre, de l’huile sur le feu, et être responsable d’incidents à venir au cœur même de Paris. Les défenseurs acharnés de la politique israélienne vont s’en donner à cœur joie tandis que des provocateurs –parfois les mêmes d’ailleurs- surfent déjà sur l’antisémitisme.

Des officiels de la mairie de Paris tentent de noyer le poisson en opposant la politique de la municipalité de Tel-Aviv (qui serait progressiste) à celle du gouvernement israélien (2).

Le maire de Tel-Aviv est effectivement membre du parti travailliste qui, en alliance avec le nouveau parti de Tzipi Livni a affronté les électeurs lors des dernières législatives sous le nom d’Union sioniste. Il n’est sans doute pas considéré comme un faucon, mais il a passé 26 ans (plus d’un quart de siècle tout de même) comme militaire dans l’armée israélienne (les forces aériennes, celles qui bombardent…), où il a fini au grade de général de brigade et directeur de l’Ecole de l’armée de l’air. On aura connu mieux comme chantre de la paix.

En prenant cette décision la mairie de Paris a également signé l’arrêt de mort de Paris Plage. Car à partir de ce fameux 18 août, le concept aura définitivement changé de sens.

(1) A ma connaissance, le fait que Tel-Aviv soit la capitale de l’Etat d’Israël n’est pas mentionné sur le site de la Mairie de Paris. Serait-ce pour ne pas choquer Nétanyahou, ou même les travaillistes israéliens, qui ne reconnaissent comme capitale que Jérusalem « réunifiée », c’est-à-dire la ville dont la partie orientale a été purement et simplement annexée en 1967 ? Un état de fait qu’aucun Etat au monde ne reconnaît.

(2) A aucun moment le maire de Tel-Aviv n’a condamné la politique du gouvernement israélien en Cisjordanie, ni a fortiori la guerre criminelle commise contre le peuple de Gaza.

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5 juillet 2015 7 05 /07 /juillet /2015 17:32

Xavier Bertrand, l’inoubliable ancien ministre du travail –cinq ans de régression sociale pendant les trois gouvernements Fillon sous la présidence de Sarkozy- et ancien ministre de la santé sous le gouvernement Villepin (présidence Chirac), peut difficilement s’exonérer du bilan désastreux de sa participation au pouvoir. Politique désastreuse qu’ont continué et en partie amplifié les gouvernements Ayrault et Valls.

Cela ne l’empêche pas de montrer les crocs et de dévoiler –par delà le tissu de mièvreries mielleuses qu’il nous débite à chaque passage sur les ondes- sa vraie nature. Le député-maire (Les Républicains, du nom du parti néo nazi allemand) de Saint Quentin s’en prend à Alexis Tsipras, rivalisant dans la haine de classe avec Michel Sapin et Nicolas Sarkozy.

Pour lui les Grecs sont « victimes de décennies de mensonges (…) d’une classe politique qui a été en dessous de tout ». Rappelons à notre amnésique candidat à la primaire de la droite pour la présidentielle de 2017, que les gouvernements grecs qu’il fustige aujourd’hui –et dans lesquels Alexis Tsipras ne portait aucune responsabilité puisqu’il combattait à la fois la droite et le Pasok, le parti membre de l’Internationale socialiste- étaient du même bord politique que lui même.

Depuis la chute de la dictature des colonels en 1974 et jusqu’à l’élection de Tsipras en janvier dernier, Nouvelle démocratie (ND) et Pasok ont alterné au pouvoir, parfois les uns et les autres avec l’appui de l’extrême-droite. La Nouvelle Démocratie (dont le leader Antonis Samaras a été au pouvoir de juin 2012 à janvier 2015), le « parti frère » des partis de la droite européenne, est adhérente au parti populaire européen auquel adhérait également l’UMP et aujourd’hui son succédané. Xavier Bertrand jette donc avec l’eau du bain ses propres frères en libéralisme. Il y en a qui ont la trahison marquée au front.

Mais par delà les gesticulations de l’ancien secrétaire général de l’UMP, ce qu’il dit montre bien qu’une large partie de la droite française (et une partie des sociaux démocrates européens) sont prêt à tout pour empêcher toute idée progressiste en Europe. Il s’en est ainsi pris au ministre grec des finances qui estimait que les créanciers de la Grèce, jouant sur la peur, pouvaient être qualifiés de terroristes. « Notre pays a été blessé dans sa chair, un peu de décence ne lui ferait pas de mal à ce monsieur », tonne comme il peut monsieur Bertrand. Faut-il lui rappeler que question terrorisme et dictatures les Grecs savent de quoi ils parlent ? Ce sont les Chicago's boys et les tenants d’un libéralisme débridé qui ont imposé la dictature des colonels à la Grèce, avant de partir épauler celle de Pinochet au Chili. Quand les détenus politiques peuplaient les prisons et étaient déportés dans les îles, les amis politiques de M. Bertrand la bouclaient. Notre grand démocrate agite la menace : « si la Grèce dit non elle sort de l’euro », et vilipende Tsipras qu’il qualifie de « menteur (…) démagogue (…) populiste » et l’accuse d’avoir commis un « vol à main armée » envers le créanciers de la Grèce. Si l’on suit le raisonnement de Xavier Bertrand un auteur de vol à main armée mérite la prison. Le député picard lance, de fait, un appel au coup d’Etat.

Depuis 1871 et l’écrasement de la Commune de Paris, les Versaillais n’ont jamais désarmé. Ils sont prêts à tout pour conserver leur pouvoir.

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20 juin 2015 6 20 /06 /juin /2015 11:37

Manuel Valls décrédibilise encore plus la fonction de Premier ministre. Après avoir cru normal de prendre un avion de la République pour aller assister au match du Barça à Berlin (peut-être pensait-il aussi que cela fait peuple d’apparaître comme un supporter…) en emmenant ses enfants toute honte bue ; avoir fait passer en force (une deuxième fois et sans doute pas la dernière) le projet de loi Macron à l’Assemblée parce qu’il avait peur de ne pas recueillir de majorité par un vote normal, le voilà qui repart à l’attaque et, au lieu de s’en prendre au chômage, aux bas salaires, à l’emploi industriel (où le bilan de trois ans de gouvernements Ayrault Valls est quand même marqué par une aggravation de la situation), il s’en prend à Christiane Taubira sur les 32 heures. La Garde des Sceaux a dit une phrase très juste, que partagent tous ceux qui connaissent le travail et sa valeur autrement que par le biais de la valeur du capital : « J’estime que l’idéal, c’est que les gens puissent travailler 32 heures dans une semaine. Pour avoir du temps pour se consacrer aux autres dans des associations. Pour avoir le temps d’aller au musée, pour avoir le temps quand c’est possible d’aller sur la plage, de déambuler, de marcher, de parler à ses voisins, d’aller en librairie, au cinéma, au théâtre, etc. Voilà la société dont on peut rêver » Elle n’évoquait pas même l’idée de le faire maintenant, elle parlait d’un rêve, d’une utopie. Mais avec Valls on n’a pas le droit de rêver et sa réponse est affligeante. Il « tacle » et parle d’autre chose. La morgue de classe renaît sous les traits hautains du maître de Matignon : « Le travail, c’est une valeur. Le mérite, c’est une valeur. Et l’engagement que les Français attendent aujourd’hui pour leurs enfants et leurs petits-enfants, c’est une bonne formation pour avoir demain un bon travail. Soyons pragmatiques, sortons des dogmes, engageons nous pour la croissance et le travail pour notre pays. C’est mon action ».

Outre que son action est inefficace, l’homme qui fit moins de 6% à la primaire socialiste pour la présidentielle de 2012 est insultant à la fois pour ceux qui ont du travail et pour ceux qui n’en ont pas. La seule solution qu’il donne : avoir aujourd’hui une bonne formation pour avoir du travail demain. (En somme : demain on rase gratis). Et les milliers de jeunes qui sortent des écoles et des universités et qui n’ont pas de travail aujourd’hui ? Et la précarisation du travail salarié ? Et la fermeture des usines et des entreprises de recherche ? Motus et bouche cousue. Diminuer le temps de travail, le rendre moins pénible permettraient d’embaucher, mais de cela le Premier ministre n’en a cure. Il faudrait, pour qu’il puisse y songer une seconde, qu’il connaisse le travail. Mais c’est peut être trop demander au président de la République, au Premier ministre et à la plupart des actuels ministres.

Sur un autre point Manuel Valls frôle le zéro degré de la pensée politique (pour ne pas dire de la pensée tout court). En réponse aux propos imbéciles et dangereux de Nicolas Sarkozy, il a cette sortie : « tous les responsables politiques doivent, dans l’attitude comme dans le langage, être au niveau que les Français attendent », ce qui, d’ailleurs n’est pas fondamentalement une critique mais sonne bien mal dans la bouche de l’homme qui a stigmatisé les Rroms, qui fait donner ses forces de répression contre les migrants et qui trouvait que sur le marché d’Evry il n’y avait pas assez de « blancos ».

De fait, Sarkozy et Valls jouent le même jeu. Le Premier ministre pense que François Hollande est out. Et Sarkozy lui semble être le meilleur repoussoir. Il pense pouvoir surfer de nouveau sur le rejet de l’ancien président de la République et faire croire que le match opposera les deux hommes. Mais la politique n’est pas un match, c’est l’appropriation par le peuple de son avenir. Il est vrai que pour quelqu’un qui n’a connu que les palais et écuries présidentiels, c’est dur à comprendre.

Le supporter cinq étoile du Barça, n’est qu’un homme de droite dont le rêve ne s’appelle que pouvoir.

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23 mars 2015 1 23 /03 /mars /2015 09:33

D’après le site 94.citoyens.com (link) Luc Carvounas, -proche de Manuel Valls, il fut son directeur de campagne durant la calamiteuse tentative de celui-ci pour les primaires socialistes- qui cumule premier secrétaire fédéral du PS du 94, maire d’Alfortville, secrétaire national du PS, sénateur du Val-de-Marne a déclaré à l’issue du premier tour des départementales (1) : « Les électeurs nous font confiance malgré les jeux de politique politicienne de quelques officines, notamment celles de la place du colonel Fabien, qui ce soir est en passe de faire peut perdre peut-être 20 départements à la gauche. Si la gauche était rassemblée au premier tour, nous serions premiers en France (…). Nous ferons l’unité, mais pas à n’importe quel prix. La discussion qui se tiendra avec le PCF lundi ne sera pas un chèque en blanc. Il n’est pas question de les soutenir pour voir  fleurir demain des calicots contre le gouvernement devant tous les collèges. » Au lieu de s’en prendre à la droite, l’élu socialiste s’en prend à la gauche et d’abord au PCF avec des phrases que ne renieraient pas l’extrême-droite, en parlant de la place du colonel Fabien, siège du PCF, comme étant le siège d’officines.

A la télé, hier soir, le plurimandaté sénateur reprochait à ce qu’il n’y ait pas eu d’union au premier tour. Rappelons-lui que lors des cantonales il y a toujours eu pluralité de candidatures à gauche au premier tour et que cela n’a pas empêché le parti socialiste d’être à la tête de 61 départements après les élections de 2011.

Ce n’est, bien sûr, pas la faute des électeurs si le PS se ramasse gamelles sur gamelles mais il s’agit bien de la sanction d’une politique donnée. Et l’argument de dire que c’est la pluralité des candidatures à gauche qui ferait perdre une vingtaine de départements au PS est ridicule. Si les électeurs ne votent pas PS, c’est d’abord au PS qu’il faut s’en prendre. Et Carvounas fait semblant de croire que les électeurs marchent au sifflet et qu’ils voteraient tous comme un seul homme et une seul femme pour des listes de « gauche ». Carvounas rêve en fait du parti unique, aux ordres du Premier ministre en chef (avec interdiction de contester la ligne de celui-ci).

En ce qui concerne le Val-de-Marne, le premier secrétaire fédéral du PS fait comme si il voulait faire gagner la droite. Il oublie que les candidats socialistes présents au second tour auront aussi besoin des voix Front de gauche contre celle-ci, et pas seulement dans le Val-de-Marne.

 

(1) Le Front de gauche-PCF sera présent au secod tour (en tête de la gauche et qualifié, comme on dit) dans 11 cantons (soit 22 candidat-e-s titulaires), le PS dans 8 (soit 16 candidat-e-s titulaires).

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26 décembre 2014 5 26 /12 /décembre /2014 12:27

Pendant un quart de siècle, Georges Marchais a été député de Villejuif (Val-de-Marne). Mais il ne fut pas seulement un élu de la région parisienne, il a marqué profondément la vie politique et nationale française, et mondiale, pendant quasiment toute la durée du demi-siècle passé.

Aussi la décision de la municipalité de coalition de Villejuif (1) de débaptiser le Parvis Georges-Marchais est elle un non-sens. D’abord, mais beaucoup de monde l’a déjà dit, parce qu’il est naturel que soit rendu hommage à un homme qui pendant vingt-quatre années a été l’élu des Villejuifois, que cela plaise ou non à l’équipe qui a été désignée suite aux dernières municipales.

Ensuite, parce que les arguments ne tiennent pas. Il serait bien de débaptiser, disent certains, parce que Georges Marchais aura été l’homme du « bilan globalement positif » (2).  C’est ne pas comprendre que les êtres humains ne sont pas taillés d’un bloc, qu’ils peuvent commettre des erreurs d’appréciation politique et que cela n’est pas un crime, d’autant plus que cette définition avait été approuvée collectivement par le PCF. D’autant plus que Georges Marchais, il faut aussi le rappeler, à été aussi l’homme de l’eurocommunisme, cette recherche d’une voie au socialisme différente de celle suivie par les partis communistes d’Europe centrale et orientale, une recherche menée conjointement avec les partis communistes d’Espagne et Italien auxquels s’étaient joints d’autres partis comme le PC japonais, par exemple (3). Donc si Georges Marchais a été l’homme du « globalement positif », il a été aussi été celui de l’eurocommunisme et d’une voie de passage démocratique vers le socialisme. Un autre argument avancé est que Georges Marchais, né en 1920, n’aurait pas été résistant et, pis même, aurait travaillé volontairement en Allemagne. Il se trouve que ma mère était membre d’un groupe de combat de l’UJJ-MOI à Lyon. Qu’elle était donc dans la résistance armée, qu’elle a rejointe à dix-sept ans. Elle nous avait toujours dit qu’au début, ils étaient peu dans la Résistance et qu’une partie de leur travail militant était de gagner de nouvelles consciences à la Résistance. Autrement dit, les Résistants puisaient leurs nouvelles forces dans les non résistants. Sinon la résistance n’aurait été qu’une avant-garde éclairée et désespérée dont nous aurions célébré le solo funèbre. Qu’un jeune ouvrier ait rejoint à 27 ans les rangs du PCF, à une époque de répression anticommuniste (1947), montre que les gens peuvent évoluer. Au lieu de s’en féliciter, on s’en sert comme d’un repoussoir.

Georges Marchais, c’est aussi celui qui créa un comité des droits de l’homme qui, outre Mandela, demandait, par exemple, la libération de Plioutch et d’autres prisonniers du système pénitentiaire soviétique, ou de Vaclav Havel. Comme quoi, les choses ne sont pas aussi simples que veulent le faire croire les thuriféraires du nouveau maire de Villejuif.

On peut même se dire que la municipalité communiste villejuifoise a mis le temps avant d’honorer son ancien député. Seize ans après sa mort, on ne peut pas dire que la décision fut hâtive. Mais elle était juste.

Georges Marchais avait coutume de dire qu’entre le FN et nous (sous entendu les communistes), il y avait du sang. Au jour où les néofascistes relèvent la tête, débaptiser un Parvis Georges-Marchais, c’est aller les caresser dans le sens du poil.

 

(1)  Des élus UDI ont voté contre cette décision.

(2)  La formule évoquait le bilan globalement positif des pays socialistes, c’est-à-dire des pays qui se définissaient eux mêmes comme étant ceux du « socialisme réel ». Dans ce bilan entraient à la fois le système politique, mais aussi les avancées sociales qu’avaient connu ces pays.

(3)  Un PC japonais, qui vient d’obtenir plus de 12% des suffrages lors des dernières législatives.

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4 décembre 2014 4 04 /12 /décembre /2014 22:49
 

Je viens de regarder une partie de l’émission de David Pujadas Des paroles et des actes (1). De ce que j’en ai vu j’en tire 4 choses.

1-    Encore une fois le parti communiste est écarté des débats. Le plateau n’aurait pas été déséquilibré s’il y avait eu Pierre Laurent, ou un autre dirigeant communiste en plus. (En fait le choix de France 2 place d’emblée Benoît Hamon comme le seul porte-parole de la gauche socialiste). Le PCF a deux groupes parlementaires et a un ancrage réel dans la société (même si on est loin des années 70 ou 80, mais personne ne peut nier le renouveau de l’influence communiste). En ce moment les médias –mais pas seulement eux- minorent cette influence.

2-    Hélène Jouan, journaliste politique à France-Inter et productrice de l’émission Des paroles et des actes, s’est faite quasiment dans ses dernières escarmouches avec les trois invités la porte parole de la direction du PS, leur intimant de participer à des primaires ouvertes et ensuite de se mettre au garde-à-vous derrière le candidat désigné (2) pour éviter un nouveau 2002 –la panique saisit le clan Hollande-, le tout avec un ton méprisant et condescendant vis-à-vis de ses interlocuteurs.

3-    Pujadas.pngDavid Pujadas répète sans arrêt « on vous a compris », dès qu’un intervenant commence à exposer ses idées. De Gaulle lui au moins, lorsqu’il disait « je vous ai compris » signifiait qu’il se mettait à l’unisson du peuple. Chez Pujadas cela veut dire, « cause toujours, tu m’intéresses ».

4-    Le bouquet final, c’est le choix de cette députée européenne de la CDU allemande venu donner des leçons de rigueur à la France et qui était en elle-même une caricature du dogmatisme libéral –pour être clair du dogmatisme capitaliste. Pujadas a joué la provoc, parce que ce choix là n’était pas un choix pouvant entraîner un débat. Il était organisé tout simplement pour rechercher un clash entre les invités français et une caricature de la politique allemande. Un bon clash aurait fait rigoler tout le monde. Le journalisme politique officiel est tombé bien bas…

 

 

(1)  Invités : Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon, Cécile Duflot.

(2)  Cécile Duflot lui a très bien répondu en disant en substance que si Jospin avait perdu en 2002 ce n’est pas parce qu’il y avait beaucoup de candidats de gauche mais simplement parce qu’il n’arrivait pas à entraîner ses électeurs. (A ce propos j’ajoute qu’en 1981 lorsque Georges Marchais avait réalisé 15% des suffrages, cela n’avait pas empêché François Mitterrand d’être présent au second tour…)

(3)  Cerise sur le gâteau, le tweet de Gérard Filoche appelant à l’unité de la gauche. Quelle unité et pour faire quoi ? Finir en échec, comme aujourd’hui ? Tant que des opposants resteront au bureau national du PS, ils cautionneront la politique de Hollande, Valls et consorts. Il faut se rassembler et rasembler sur autre chose que des alliances d’appareils.

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7 novembre 2014 5 07 /11 /novembre /2014 00:00

Il y a quelque chose de détestable dans l’article que Sacha Reingewirtz, président de l’UEJF, a commis sur le site de The Times of Israël, en français (link).

Déjà la réaffirmation de l’identité sioniste de l’UEJF. Il faut, alors, que les dirigeants de cette organisation aille jusqu’au bout de leur démarche et s’appellent désormais Union des étudiants sionistes juifs de France. Ce serait plus clair pour tout le monde. En sous entendant que l’ensemble des étudiants juifs serait sioniste, Sacha Reingewirtz alimente la confusion entre sionisme et judaïsme. On peut même dire qu’il écarte, pour des raisons idéologiques, du judaïsme ceux qui n’adhèrent pas au sionisme politique.

C’est la caricature d’une pensée totalitaire : les sionistes sont juifs (1), les juifs sont donc sionistes ; et ceux qui ne le seraient pas ne seraient donc plus juifs. Dans un texte rempli d’anathèmes le président de l’UEJF commence par attaquer le NPA qui avait organisé un rassemblement « contre la barbarie israélienne et la complicité du gouvernement français » à Paris I. Rassemblement dont lui même et son organisation avaient demandé l’interdiction. Pour le partisan de la guerre déclenchée à Gaza contre le peuple palestinien, ce rassemblement était « indigne ». Sacha Reingewirtz a le droit de soutenir la politique coloniale de l’Etat d’Israël, il a le droit de ne pas aimer la résistance palestinienne et le peuple dont elle est issue, mais il doit aussi reconnaître le droit à ceux qui condamnent la politique de l’Etat d’Israël et qui soutiennent le peuple palestinien de le faire librement.

Cela est visiblement au dessus des forces du tenant du totalitarisme. Parce que le pire est dans l’amalgame. Le président de l’UEJF part du NPA et d’Olivier Besancenot (qu’il cite nommément) pour arriver à Soral. Les militants anti-impérialistes mis dans le même sac que les antisémites d'extrême-droite. On appréciera la délicatesse du procédé. Mais, en fait, on le découvre à la fin de son texte : Sacha Reingewirtz qui a été mis en cause par un site israélien francophone d’extrême-droite pour ne pas soutenir assez Israël en ayant soi-disant refusé de rencontrer un ministre fasciste israélien, veut désormais donner des gages. Plus sioniste que lui, tu meurs! Et il dément d’ailleurs avoir refusé de rencontrer ce ministre de sinistre réputation.

Alors répétons-le sans cesse : tous les juifs ne sont pas sionistes. Et il y a même des sionistes qui s’opposent à la politique de guerre du gouvernement d’Israël (2).

Ramener le judaïsme au seul sionisme, c’est parler comme les antisémites.

Rappelons aussi à Sacha Reingewirtz que la première UEJF a été créée à la libération, à Toulouse, par un groupe d’étudiants communistes, à la demande des dirigeants politiques communistes de la MOI. Ce qu’est devenue ensuite l’UEJF est une autre histoire.

(1) Et on sait bien qu'il y a notamment chez certains évangélistes américains des chrétiens sionistes, et une idéologie sioniste, indépendante du judaïsme.

(2) Le sionisme est une idéologie traversée par des courants politiques divers. Aujourd'hui que l'Etat d'Israël existe, pour les Israéliens la question sioniste est dépassée. C'est un gouvernement colonialiste et d'extrême-droite qui dirige Israël. Le sionisme, dans la diaspora, devient le soutien unilatéral à la politique des dirgeants israéliens.

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22 octobre 2014 3 22 /10 /octobre /2014 01:35

Décidemment il leur fait peur. Il, c’est le ministre de l’Economie pas si jeune que ça, -à 33 ans le Christ avait déjà fini en croix. Il leur fait peur. La question est pourquoi ? Bruno Le Roux, qu’on pensait plus fin, s’en prend à Jean-Luc Mélenchon allant jusqu’à dire que c’est du racisme que de qualifier Macron de banquier.

Arrêtons-nous là quelques instants. Bruno Le Roux sait ce qu’il dit. S’il parle de racisme pour cette qualification, c’est tout simplement pour insinuer l’idée que si l’on critique quelqu’un qui a travaillé à la direction de la banque Rothschild, c’est de l’antisémitisme déguisé. Ne tournons pas autour du pot. Et c’est là que Le Roux lui-même sombre dans le racisme le plus plat. A un autre titre aussi d’ailleurs : si dire que Macron est banquier (ce qui est son métier) c’est être raciste, alors cela ramène le racisme des colonialistes, des nazis à bien peu de chose. Le Roux attise le négationnisme (« ah ! le racisme ce n’est que ça, c’est pas si grave ! ») penseront les bonnes âmes .

Mais Le Roux n’est pas le seul à être monté au créneau. Hollande, Valls, Léa Salamé (qui reproche aussi à Jean-Luc Mélenchon de parler de banquier) et, dernier en date, Thierry Mandon le très médiatique (c’est de l’humour, il est raide comme un piquet) « secrétaire d'État à la Réforme de l'État et à la Simplification » (n’en jetez plus). Lors de l’émission Mots Croisés de lundi soir, à laquelle participaient outre lui-même Olivier Besancenot, Eric Woerth, et Florian Philippot, le dit Mandon n’a pu se contenir. Fallait le voir, chevalier blanc du politiquement correct, pourfendre ceux qui osaient dire que Macron était banquier ! Evidemment, pour Mandon c’est difficile. Il est diplômé de Sciences-Po en 1987 (il a trente ans) et est élu député dès 1988. Autant dire que le travail, il connaît pas… Une petite période de deux ans comme « consultant en stratégie d'entreprise et gestion des ressources humaines » (hum…hum) de 1993 à 1995 pour combler la solitude d’un échec électoral. Il commence donc à travailler (laissons-lui le bénéfice du doute) à 36 ans, l’âge auquel Macron devient ministre ! On comprend qu’il soit jaloux. Mais, bref. Pourquoi ont-ils tous peur que l’on dise qu’un banquier d’affaires qui avoue avoir gagné deux millions d’euros en un peu moins de deux ans, est un banquier ?

Quand ils ont présenté Edouard Martin, ancien délégué CFDT d’ArcelorMittal à l'élection européenne, ils ont bien tous (les leaders du PS) insisté sur le fait que Martin était « un ouvrier ». On a donc le droit de savoir qu’un candidat est ouvrier, mais pas qu’un ministre est banquier.

Ils ont peur, parce qu’ils ont honte. Ils savent que « banquier d’affaires » ça fait mauvais genre. En fait, c’est l’hommage que le vice rend à la vertu. En creux, ils sentent bien qu’être ouvrier c’est plus sûr que d’être banquier. Alors ils veulent cacher l’état d’Emmanuel Macron, devenu socialiste en tombant du ciel, jamais élu déjà ministre. « Jugez-le en tant que ministre », s’étrangle Mandon, simple secrétaire d’Etat. Rappelons au politicien qu’être ministre –comme être un élu d’ailleurs- n’est pas un métier et qu’il est quelque peu pitoyable que les ministres ne soient quasiment que des personnes n’ayant jamais travaillé ou que ceux qui l’ont fait (un peu) soient… banquiers.

Le monde est ce qu’il est et le PS en est la transcendance, comme dirait François (lequel, au fait ?)

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Published by jacques dimet - dans Politique
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