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11 avril 2017 2 11 /04 /avril /2017 00:32

La France n’est pas telle que la rêvent les réactionnaires de tous poils. Ils rêvaient d’une victoire de la droite, servie sur un plateau par le calamiteux quinquennat de Hollande-Ayrault-Valls, dont on ne dira jamais assez le mal qu’il a fait à notre pays. Finalement les choses ne sont pas si simples pour eux.

L’américanisation de la vie politique, voulue tant par la droite que par le parti socialiste (n’est pas Kennedy qui veut) a lamentablement échoué. Les « primaires » qui devaient être des gages de démocratie sont devenues des carcans dont les chefs de la droite et les chefs socialistes ne savent comment s’en défaire.

Voici Fillon prit la main dans le sac. La droite ne peut rien faire : il a été désigné par les « primaires », renvoyant dans les cordes Nicolas Sarkozy et Alain Juppé… Il reste bien sûr plusieurs candidats de la droite : Macron d’abord, Dupont-Aignan ensuite, mais Fillon sera là jusqu’au bout.

Voici Hamon, bien élu après avoir mis à terre Manuel Valls et qui est trahi, une fois désigné, par tous les grands couteaux du Parti socialiste. Lui-même d’ailleurs est bien terne dans la critique de ses amis, surtout depuis que Cazeneuve, dont on dit qu’il serait le futur premier secrétaire du PS (même Guy Mollet doit se retourner dans sa tombe !) lui a fait la leçon par deux fois. Et ce n’est sans doute pas un hasard si après le départ pitoyable de Bruno Le Roux du gouvernement, son successeur place Beauvau soit l’un des proches ralliés de Hamon. La « primaire » socialiste n’a donc servi qu’aux règlements de comptes internes.

On n’oubliera pas non plus la volte-face sidérante (enfin pas tant que ça) des Verts. Les voilà partis pour porter en triomphe Cécile Duflot. La voilà battue sèchement par Yannick Jadot, soutenu par un Daniel Cohn-Bendit qui par ailleurs soutient Macron... À chaque présidentielle il y a eu un candidat écolo qui, à part Noël Mamère, a pratiquement toujours tourné autour des 2%…. Pour dire que ce petit électorat écolo-présidentiel n’a jamais pris de voix aux socialistes puisqu’ils ont toujours été présents. Aussitôt désigné, Jadot se jette dans les bras de Hamon en échange d’une soixantaine de députés en cas de victoire. Les beaux discours sur l’autonomie politique d’EELV peuvent être jetés aux oubliettes. Mais l’évolution des sondages concernant Benoît Hamon confirme ce que certains, dont je le confesse moi-même, disaient : à savoir que les électorats ne s’additionnent pas comme des savonnettes. Depuis qu’Hamon a avalé Jadot, il ne cesse de chuter.

Cela pour dire à certains de mes amis (dont d’aucuns d’ailleurs se sont révélés à cette occasion, maniant l’insulte et l’anathème contre tous ceux qui osaient émettre la moindre observation -je ne dis même pas critique- sur cette soudaine volonté de se ranger derrière Hamon pour éviter le pire, oubliant que le pire c’est de créer le trouble, la confusion, en nous faisant croire qu’après cinq ans de hollandisme, tout allait redevenir tout beau, tout miel), qu’additionner comme cela a été fait il y a quelques semaines les intentions de vote Hamon + Mélenchon était se bercer d’illusions.

Je me suis fait étriller pour avoir osé écrire sur ce que l’on appelle fort improprement les réseaux sociaux qu’il n’était pas dit qu’il n’y aurait pas de candidat de gauche au second tour (en excluant naturellement Macron de la gauche), même avec pluralité de candidatures au premier tour.

Je rappelle que François Mitterrand a été élu et réélu président de la République alors qu’il y avait d’autres candidats de gauche au premier tour, Georges Marchais réalisant même 15% en 1981 –ce qu’on avait pris pour une défaite à cette époque. Et que François Hollande a été élu, lui aussi, avec un Jean-Luc Mélenchon à 12% en 2012. Nous sommes maintenant dans une situation inversée : le candidat qui peut être présent au second tour, c’est le candidat de la gauche non-socialiste, le candidat socialiste servant de réservoir de voix. Le « vote utile » s’est inversé, au détriment du socialiste. Et si cela est confirmé par les urnes, ce serait un changement politique de première importance depuis 1978 (année où le PS est passé devant le PCF).

La France n’est pas si à droite que ça et le peuple a encore son mot à dire.

 

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Published by jacques dimet
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